Le 23 juin 2016, un référendum a eu lieu, demandant l’opinion des Britanniques sur une sortie éventuelle de l’Europe de la Grande-Bretagne. A 51,9%, les interrogés ont voté pour cette sortie, lançant un processus de départ du pays, appelé le Brexit, en recherchant l’accord parfait avec l’Union Européenne.

Le marché E-Commerce de la Grande Bretagne est le plus développé d’Europe. Effectivement, les consommateurs Britanniques sont très friands des achats en ligne, offrant donc aux E-commerçants de par l’Europe de grandes opportunités de développement international.

Cet accord prend en compte énormément d’éléments, y compris certains impactant le E-Commerce et les échanges ayant lieu entre les différents marché européens, et le marché britannique. Ces négociations, ayant débuté en mars 2017, prévoient notamment une rupture douce (deal), et une rupture brutale (no deal). Dans les deux cas, de nouveaux accords de commerce transfrontalier seront ratifiés, impactant donc les douanes (et le relèvement des barrières douanières), ou encore la supply chain des commerçants.

Pour tout savoir sur ce sujet vaste et en mouvement perpétuel depuis deux ans qu’est le Brexit et ainsi pouvoir anticiper les conséquences sur votre e-commerce, voici un webinar Spring GDS, en compagnie d’experts de la logistique !

J’accède au replay du Webinar

Le Brexit : en résumé

  • Juin 2016 : les citoyens du Royaume-Uni ont décidé d’abandonner l’Union Européenne
  • Mars 2017 : période de négociation de deux ans a commencé, cependant cette sortie a été repoussée à deux occasions, la première fois jusqu’au 31 octobre 2019 et maintenant jusqu’au 31 janvier 2020. 

Actuellement (Novembre 2019), le résultat du Brexit dépend des élections générales au Royaume-Uni, le 12 Décembre 2019. Après celle-ci, les options seront les suivantes :

  • La 1ère : Brexit avec les accords actuels et par conséquent la mise en place d’une période de transition jusqu’au 31 décembre 2020.
  • La 2ème : renégocier l’accord
  • La 3ème : organiser un nouveau référendum 
  • La 4ème : annuler le Brexit
  • La 5ème : un autre deal Brexit avec toutes les conséquences pour l’économie en général et pour le e-commerce en particulier 

Le E-Commerce au Royaume-Uni

Le Royaume-Uni c’est environ 66 millions d’habitants et 90% de la population est connectée. Voici quelques chiffres sur le e-commerce :

  • 85% d’acheteurs en ligne
  • 15% des acheteurs en ligne effectuent des achats à l’international chaque semaine
  • 5 500€ de dépenses par an
  • En 2017, le chiffre d’affaires généré par le e-commerce était de 130 milliards d’euros, soit le double du chiffre d’affaires de la France
  • Le marché du e-commerce au Royaume-Uni est le premier en Europe et le troisième dans le monde

Le Royaume-Uni joue donc un rôle très important dans le e-commerce au niveau mondial. Pour ce qui est des habitudes de consommation, il faut savoir que les britanniques sont très friands des marketplaces comme Amazon, eBay, Argos, mais aussi des marketplaces spécialisées comme Asos ou encore Tesco. Au niveau des produits, les britanniques commandent le plus en ligne ce qui concerne l’habillement (64%), l’ameublement (56%) ou encore les films et musiques (43%).

Brexit et E-Commerce

Ce qu’il faut savoir au niveau du Brexit, c’est qu’il y ait un accord ou qu’il n’y en ai pas, il y aura tout de même des coûts pour les entreprises européennes et pour les entreprises britanniques. Selon les estimations qui ont été faites, pour le Royaume-Uni en cas d’absence d’accord, les frais seront de 30 milliards d’euros, contrairement aux entreprises de l’Union Européenne qui auront des frais de 35 milliards d’euros, soit un total de 65 milliards d’euros si aucun accord n’est trouvé. En revanche, si un accord est trouvé pour une union douanière, les coûts sont quasiment divisés par deux, avec 35 millions d’euros de frais au total, dont plus de coûts pour les entreprises du Royaume-Uni avec 19 milliards d’euros, et 16 milliards d’euros pour celles de l’Union Européenne.

Finalement ce qu’il faut retenir de ces chiffres, c’est que s’il n’y a aucun accord de trouvé, le Brexit coûtera plus cher aux entreprises européennes et aux entreprises du Royaume-Uni.

Quels changements pour votre site e-commerce ?

Il y a plusieurs changements auxquels il faut penser pour un site e-commerce :

  • Au niveau de la RGPD

Actuellement, le règlement général sur la protection des données est uniformisé au niveau européen, en cas de Brexit, il y aura 2 zones économiques, dont 2 règlements différents. Il faudra donc être en conformité avec le nouveau règlement du Royaume-Uni pour pouvoir utiliser son site e-commerce. Au niveau des données, cela passe par l’identité de vos visiteurs (prénom, nom), mais surtout par leurs coordonnées (adresse, adresse mail, téléphone), il faut également penser aux données de navigation (cookies).

  • Au niveau des produits

Il faudra penser à vos produits indépendamment de votre secteur d’activité. En cas de Brexit, il va falloir s’assurer que vos produits sont toujours conformes aux normes britanniques, auquel cas il faudra les adapter ou voir s’ils peuvent toujours être expédiés vers la zone.

  • Au niveau des prix

En terme de prix, il est important de penser à la stratégie que vous allez adopter, c’est la question principale qui faut se poser. Est-ce que vous allez supporter les coûts du Brexit et maintenir vos prix tels quels, ou bien, est-ce que vous allez répercuter les coûts du Brexit vers les prix en augmentant ces derniers. La décision vous revient. Néanmoins, il faut savoir que les deux stratégies représentent des avantages et des inconvénients.

La première stratégie qui consiste à supporter les coûts du Brexit comporte comme inconvénient de diminuer sa marge commerciale. L’avantage par contre est de rester compétitif face à un autre e-commerçant qui lui, aura décidé d’augmenter ses prix.

A l’inverse, si vous optez pour la deuxième stratégie, donc répercuter vos coûts sur les prix en les augmentant. L’inconvénient est que vous allez être moins compétitif et l’avantage est que vous conservez votre marge commerciale. Il reste cependant des alternatives par rapport à votre compétitivité. Ces alternatives là passent par la communication et par des offres commerciales (comme des promotions par exemple). En effet, au niveau mondial, 76% des acheteurs en ligne sont sensibles aux frais de port et moins les frais de port sont chers (voire gratuits), plus ils sont susceptibles d’acheter. C’est pourquoi, en optant cette stratégie, rien ne vous empêche d’offrir vos frais de port, c’est une technique que des e-commerçants utilisent actuellement.

Par rapport à tous ces changements (prix, produit, RGPD), vous pouvez décider de choisir un site qui est directement adapté, ce qu’on appelle un site pays, et non pas un site traduit. Un e-commerçant français a le choix de traduire son site en anglais pour un acheteur britannique, un site pays quant à lui permet d’adapter son site à une région. Donc en cas de Brexit, le site pays UK que vous aurez, sera directement adapté en terme de RGPD, de produit et de prix pour tous visiteurs et acheteurs sur votre site.

Quels changements pour vos envois e-commerce ?

Dans le cas d’un Brexit avec accord, il y aura une période de transition jusqu’à la fin de l’année 2020, extensible jusqu’au 31 Décembre 2022. Pendant cette période le Royaume-Uni restera dans l’union douanière, donc il n’y aura aucun changement pour l’envoi de vos colis. Cette transition sera utilisée pour signer un accord commercial avec le Royaume-Uni de manière communautaire ou bien pays par pays. Alors que dans le cas d’un “Hard Brexit”, on peut s’attendre à trois changements :

Premièrement, une procédure douanière sera obligatoire, c’est à dire que tous les colis vers cette destination devront être soumis à une procédure d’exportation depuis l’Union Européenne puis d’importation vers le Royaume-Uni. Si vous utilisez une solution pour cette procédure, il faudra remplir le formulaire de déclaration de douane (7.22 ou 7.23) et joindre en plus une facture commerciale du contenu de l’envoi. Si vous utilisez un fournisseur non postal, il faudra joindre une facture commerciale avec le colis, puis aussi transmettre cette information à votre fournisseur pour qu’il puisse faire toutes les procédures nécessaires pour le dédouanement. Dans les deux cas, il faudra renseigner le numéro de classification international (HS Code) de chaque produit et votre entreprise devra avoir un numéro EORI (Economic Operator Registration and Identification).

Deuxièmement, on peut s’attendre à une augmentation des coûts, d’un côté dans les frais de livraison, vu qu’ils devront inclure les coûts de la procédure douanière. Et d’un autre côté, il faudra payer les droits de douane et les taxes applicables au Royaume-Uni. Si vous utilisez une solution DDP (Delivery Duty Paid), vous pouvez payer tous ces coûts en avance pour que le destinataire ait seulement à recevoir le colis. Si vous utilisez une solution DDU (Delivered Duty Unpaid), le destinataire devra payer les droits de douane, si applicables, et les taxes lors l’arrivée de l’envoi au Royaume-Uni, ou de la réception du colis. Cependant, dès que le colis sortira de l’Union Européenne, il ne faudra pas payer votre TVA en France, pour cela, il est très important d’avoir un justificatif d’exportation.

Troisièmement, le dernier changement que l’on peut attendre, serait une augmentation dans les délais de livraison et de retour. Notamment pendant les premières semaines après le Brexit car les douanes à l’export et à l’import, devront faire face à une grande augmentation des volumes d’un jour sur l’autre. Ces délais devront néanmoins se normaliser après un certain temps.

Quelles recommandations pour les e-commerçants ?

  • Tout d’abord, il peut être intéressant de faire une analyse sur comment le Brexit impactera votre e-commerce, sur vos clients, sur vos partenaires etc. Pour ensuite construire une stratégie, par exemple : est-ce qu’on veut faire des envois DDP ? ou DDU ? Sachant qu’avec des envois DDU, il y a plus de chance qu’il y ait des retours car le client peut refuser l’envoi parce qu’il ne veut pas payer de taxes et de droits de douane.
  • De plus, la transparence avec les clients sera clé, pour une expérience d’achat positive et agréable. Par exemple, il est important que vos clients sachent à tout moment les coûts qui sont ou pas inclus dans le prix et les délais de livraison auxquels ils devront s’attendre. De même avoir une bonne communication avec ses partenaires et être à jour sur toutes les procédures faciliteront la transition.
  • Et pour finir, c’est primordial d’avoir un transporteur qui a déjà des solutions fiables mises en place en cas de Brexit.

Quelles solutions Spring GDS peut apporter à un e-commerçant français qui veut expédier au Royaume-Uni ?

Comme expliqué auparavant, c’est important d’avoir de disponible une option DDU et DDP (…important de proposer plusieurs options notamment DDU et DDP). Par exemple dans le cadre du Brexit, Spring GDS va offrir deux types de service, d’une part une option 100% postale, car Spring en tant que filiale de La Poste néerlandaise aura à tout moment accès à ce type de service vers le Royaume-Uni. Pour être plus précis, cette option sera destinée aux envois de 0 à 20 kg, avec ou sans signature, cette option sera DDU (le destinataire devra payer les taxes et droits de douane applicables à la réception du colis).

Et d’autre part, il y a une option avec une meilleure qualité de service grâce à l’accès historique de Spring au réseau domestique de la poste du Royaume-Uni (Royal Mail). En tenons compte du fait que Spring GDS veut que le processus soit le plus simple et la qualité de service n’en soit pas affectée, ils ont décidé d’offrir la solution DDP. Ce qui veut dire que les clients de Spring pourront payer en avance toutes les taxes et droits de douane applicables pour que le destinataire n’ait qu’à recevoir le colis.

En résumé, pour expédier ses produits vers le Royaume-Uni sans trop de complication après le Brexit, il est important d’avoir un transporteur qui est en contact avec un acteur local du Royaume-Uni. C’est pourquoi les nouvelles solutions de Spring GDS permettront, indépendamment de la stratégie du e-commerçant, d’accéder à 2 réseaux de distribution différents.

Questions

  • Quelle va être la prochaine date clé du Brexit ?

La prochaine date clé sera le 12 Décembre, car depuis le 2 Novembre le parlement du Royaume-Uni a été dissout, ce qui veut dire qu’il n’y aura aucun développement sur cette matière. Mais le 12 Décembre, des élections générales auront lieu, un nouveau gouvernement sera formé, donc à partir de cette date les négociations pourront reprendre”.

  • Quel est le meilleur canal pour communiquer sur le Brexit et prévenir de certains changement ? 

Tout dépend à qui s’adresse le message, à vos clients, à vos partenaires ou encore à votre personnel. Pour une communication à un partenaire ou à votre personnel, un communiqué ou une lettre appropriée semblent être de bons canaux pour communiquer sur le Brexit. Maintenant, si vous souhaitez plutôt communiquer avec vos clients BtoC, vous pouvez opter pour le mail, une rubrique spécifique sur votre site e-commerce, ou encore afficher un message de rappel au passage de la commande, pour être clairement transparent. Mais dans tous les cas, c’est vrai qu’il est important de communiquer afin d’éviter les surprises et pour renforcer son image professionnelle”.

  • Selon vous, le Brexit aura-t-il des conséquences uniquement négatives pour un e-commerçant français ? 

Le Brexit peut aussi présenter d’autres opportunités, par exemple, un acheteur français ou un acheteur européen qui a l’habitude de commander chez un e-commerçant anglais, face au nouveau coût qu’il y aura, l’acheteur pourra décider de commander chez un e-commerçant français, car moins cher. Cela peut être l’occasion pour les e-commerçants français, d’acquérir de nouveaux clients. Et à défaut de pouvoir continuer de la même manière à vendre au Royaume-Uni, vous pouvez aussi cibler d’autres pays auxquels vous ne ne seriez pas intéressé au préalable, avec une nouvelle clientèle potentielle pour vous. Le Brexit n’est pas une fatalité, il suffit s’informer pour pouvoir mieux s’y préparer et s’adapter”.

  • Avez-vous un indicateur en pourcentage sur la hausse de prix nécessaire pour absorber ces coûts en fonction du scénario, deal ou non deal ?

En cas de deal, il risque d’y avoir une année de période de transition, voir plusieurs années, à ce moment là, l’impact sur les coûts sera de 0. Une fois que l’accord obtenu, l’impact sur le coût risque de dépendre de l’accord commercial qui va être signé. En cas de deal, il n’y a pas de moyen de savoir exactement l’impact sur les prix. Par contre dans le cas inverse, il est possible de calculer, avec une somme entre la TVA anglaise, plus ce que pourrait être les taux de douane. Pour être dans le côté “safe”, il faudrait être autour de 1,25% sur le coût du produit”.

  • Si je veux être transparent avec mes clients, je devrai donc afficher les taxes et droits de douane applicables au moment de la validation de la commande, comment je peux faire ce calcul ?

Pour cela, vous aurez besoin d’un outil qui puisse en temps réel faire le calcul automatique basé sur les HS code des produits présents dans le panier. Pour être bien préparé en cas de Brexit, Spring a développé un outil qui permettra à leurs clients d’obtenir ce calcul de manière simple et rapide”.  

  • Comment peuvent se préparer les e-commerçants basés en Angleterre et exportant en France ?

Pour les entreprises basées en Angleterre, Spring GDS a également une filiale basée au Royaume-Uni, notre principal conseil c’est de vraiment rester dans une stratégie DDP, car il ne faut pas oublier que dans l’Union Européenne, les consommateurs ne sont pas du tout habitués à payer à la réception du colis. Et pour s’habituer à ce nouveau coût, cela risque de mettre du temps”.

Je télécharge gratuitement mon guide du Brexit

J’accède au Replay