Retail Media : la pépite getinside lève 3,2 M€ pour monétiser les colis des e-commerçants

Retail Media : la pépite getinside lève 3,2 M€ pour monétiser les colis des e-commerçants

Dans un e-commerce sous pression, coûts logistiques plus lourds, acquisition toujours plus chère, arbitrages budgétaires plus agressifs, getinside avance une conviction très “finance” : l’audience d’un marchand n’est plus seulement un levier de conversion, c’est un actif monétisable.

La start-up toulousaine, fondée en 2022 par Maxime Garrigues, annonce une levée de 3,2 M€ pour accélérer sur cette thèse : permettre aux e-commerçants qui n’ont pas la taille des mastodontes de la distribution de capter, eux aussi, une part du gâteau du Retail Media.

Le tour de table réunit La Poste Ventures (géré par XAnge), Swiss Post Ventures, 50 Partners, Clover, ainsi que le réinvestissement de Founders Future. La levée comprend également 1,2 M€ de dette bancaire, un signal intéressant : getinside revendique un modèle déjà suffisamment lisible pour être financé aussi côté crédit.

En bref : ce qu’il faut retenir

  • Financement : getinside annonce une levée de 3,2 M€ (2 M€ en capital et 1,2 M€ de dette).
  • Promesse business : +1 à +2% de chiffre d’affaires additionnel avec une marge nette de 70%, sans intégration technique annoncée.
  • Traction : 250 e-commerçants clients (dont Fnac, Kiabi), 300 à 350 annonceurs (ex. Starlink, Samsung, Clarins) et près de 1 000 campagnes réalisées.
  • Enjeu marché : le Retail Media digital en France atteint 1,38 Md€, en croissance de +13% sur un an.
  • Angle stratégique : getinside veut “ouvrir” ce modèle à la longue traîne des marchands, via l’agrégation d’audiences.

Monétiser le post-achat sans “casser” la conversion

getinside se positionne sur un terrain encore sous-exploité par beaucoup de marchands : les points de contact post-achat, quand le client est déjà en situation de réception, de confirmation et d’attention.

C’est un moment particulier dans la relation client : la commande est payée, la confiance est acquise, et l’attention remonte quand le colis arrive. getinside promet de transformer ce moment en inventaire publicitaire, sans dégrader la performance commerciale : +1 à +2% de chiffre d’affaires avec 70% de marge nette annoncée, sans intégration technique et sans impact sur la conversion.

Concrètement, les formats évoqués dans les articles se répartissent en deux familles.

1) La publicité dans le colis : inserts et échantillons

Le cœur historique du dispositif repose sur des contenus “physiques” : flyers, inserts, et de plus en plus échantillons. L’exemple cité autour du “Dry January” illustre bien la logique : profiter du moment d’ouverture du colis pour déclencher une découverte produit.

Pour un e-commerçant, le raisonnement est simple : un colis expédié est déjà un coût assumé. Si ce colis devient aussi un support média, le marchand ajoute une ligne de revenus sans modifier son tunnel d’achat.

2) Les canaux transactionnels : e-mails post-achat

L’autre gisement est digital mais tout aussi stratégique : e-mails de confirmation de commande, messages de bienvenue, communications transactionnelles. Là encore, l’argument B2B est direct : ces e-mails sont envoyés “de toute façon”. L’enjeu est de greffer une monétisation additionnelle sans sur-solliciter ni dégrader l’expérience.

Une place de marché qui agrège des audiences

Le pari de getinside repose ensuite sur un mécanisme que le Retail Media a déjà prouvé chez les géants : la puissance vient de l’échelle. Un site e-commerce “moyen” n’a pas toujours l’audience suffisante pour intéresser de grands annonceurs. En revanche, un réseau agrégé de marchands peut redevenir attractif.

La plateforme se présente comme une place de marché qui permet de :

  • structurer une offre publicitaire,
  • assembler des audiences,
  • et suivre la performance des campagnes.

Point clé martelé par la start-up : le marchand garde la main. C’est l’e-commerçant qui accepte ou refuse une campagne, pour éviter l’effet “régie hors-sol” où la publicité impose sa logique au détriment de la marque du retailer. Dit autrement : le Retail Media n’est crédible que si le distributeur reste l’éditeur.

Une traction encore “early stage”, mais une trajectoire lisible

Les chiffres communiqués positionnent getinside sur une phase d’accélération :

  • 250 e-commerçants clients,
  • 300 à 350 annonceurs,
  • près de 1 000 campagnes réalisées.

Côté revenus, la progression est rapide : 600 000 € en 2023, 1,1 M€ en 2024, 1,6 M€ en 2025. Objectif annoncé : 3 M€ en 2026, soit un quasi-doublement.

L’équipe doit suivre : getinside prévoit de passer de 8 salariés à 15-16 personnes et de muscler la dimension commerciale, notamment à Paris. Le nerf de la guerre sera la capacité à industrialiser l’exécution sans exploser les coûts.

L’IA comme levier de scalabilité (et de ROI)

Pour tenir cette promesse d’échelle, getinside met en avant l’IA. L’objectif est d’automatiser le “match” entre la bonne campagne, le bon e-commerçant et la bonne audience, puis d’aller vers une logique d’allocation budgétaire guidée : “vous nous donnez un budget, on optimise le mix”.

Ce point n’est pas anecdotique : la difficulté du Retail Media, ce n’est pas seulement de vendre des emplacements, c’est de tenir une promesse de performance (ciblage, répétition, mesure, cohérence de marque) sans transformer la régie en usine à gaz.