IA, performance, architecture commerce, souveraineté : Adobe nous dévoile ses enjeux

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interview regis quintin meet magento

Le Meet Magento France 2026 a réuni à Paris l’écosystème Magento et Adobe Commerce autour des grandes mutations du e-commerce : IA, performance, architecture commerce, souveraineté et nouvelles expériences d’achat. Parmi les temps forts de cette édition, Adobe est revenu sur l’évolution de sa solution commerce et sur les enjeux qui se dessinent pour les marchands.

À cette occasion, E-Commerce Nation a échangé avec Régis Quintin, en charge d’Adobe Commerce sur la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique. L’interview a permis de faire le point sur la version SaaS d’Adobe Commerce, les nouveaux cas d’usage autour d’Adobe Commerce Optimizer et l’impact croissant du commerce agentique.

Adobe Commerce accélère sur le SaaS et le composable

Un an après l’annonce d’Adobe Commerce as a Cloud Service au Meet Magento 2025, la solution est désormais entrée dans une phase plus concrète. Adobe Commerce revendique près de 60 clients en cours d’implémentation et une quinzaine de projets déjà livrés. Parmi les exemples évoqués, un client français aurait déployé son projet en quatre mois et demi afin de répondre à un calendrier lié à la Coupe du Monde. Nestlé est également cité pour la refonte d’un portail B2B avec Adobe Commerce as a Cloud Service.

Cette version SaaS marque un changement important dans la manière de faire évoluer une plateforme e-commerce. L’enjeu n’est plus seulement de disposer d’une solution transactionnelle complète, mais de pouvoir bénéficier plus rapidement de nouvelles fonctionnalités, sans remettre en cause toute l’infrastructure technique.

Adobe met ici en avant une logique full stack, couvrant les besoins B2C et B2B, tout en restant composable. Pour les équipes e-commerce, cette approche permet de moderniser progressivement leur dispositif, d’accélérer les déploiements et de rester à jour plus facilement.

Adobe Commerce Optimizer : moderniser l’expérience sans tout refondre

L’un des points clés abordés lors de l’interview concerne Adobe Commerce Optimizer. Cette solution s’adresse notamment aux entreprises qui souhaitent améliorer leur expérience client sans engager immédiatement un replatforming complet.

L’idée consiste à moderniser ce qu’Adobe appelle la “top funnel experience” : landing pages, pages produits, recherche, recommandations produits et, plus largement, tout ce qui précède le tunnel d’achat. Pour les marchands déjà équipés d’un back-office e-commerce, mais confrontés à des limites sur l’expérience front, cette approche peut permettre d’avancer plus vite.

Deux grands cas d’usage ressortent. Le premier concerne les marques qui veulent moderniser leur expérience sans toucher immédiatement à leur socle transactionnel. Le second s’adresse aux entreprises qui souhaitent exposer leur catalogue sans forcément vendre directement en ligne. C’est notamment pertinent en B2B, lorsque certaines marques veulent rendre leurs produits plus visibles sans bouleverser leur chaîne de distribution.

Le catalogue devient alors un actif central. Adobe Commerce Optimizer permet de créer différentes vues selon un pays, une marque, un segment ou même un client B2B. Cette logique offre davantage d’agilité pour tester de nouveaux marchés, de nouveaux modèles ou de nouvelles audiences.

Commerce agentique : un bouleversement à prendre au sérieux

La dernière partie de l’échange s’est concentrée sur l’IA et le commerce agentique. Pour Adobe, il ne s’agit pas d’une tendance passagère, mais d’un véritable changement dans la manière dont les consommateurs et les acheteurs B2B chercheront, compareront et achèteront des produits.

Régis Quintin cite notamment une projection de Gartner selon laquelle, d’ici 2028, 50 % du trafic ne viendrait plus du SEO traditionnel, mais de surfaces LLM comme ChatGPT ou Gemini. Cette évolution oblige les marchands à réfléchir à leur visibilité au-delà des moteurs de recherche classiques.

L’enjeu devient double. D’un côté, il faut répondre aux attentes des humains, qui s’habituent à des parcours plus conversationnels. De l’autre, il faut rendre les catalogues lisibles et exploitables par les agents IA, capables de naviguer sur les sites, d’interroger des API et de comparer des produits.

Adobe travaille également sur l’intégration de l’IA dans les outils du quotidien des équipes e-commerce. L’exemple donné est celui d’un espace de prompting capable d’aider les marchands à créer des pages, traduire des contenus ou ajuster des interfaces sans passer uniquement par du drag and drop. Côté développeurs, l’IA pourrait également accélérer la création d’extensions ou de storefronts, avec une part importante de code générée automatiquement.

Ce basculement pose aussi de nouvelles questions. Si demain un agent IA recommande, compare puis déclenche un achat, le marchand reste-t-il en contact direct avec son client ? Quelle place garderont les marques dans des parcours de plus en plus intermédiés ? Quels protocoles devront être pris en charge ? Adobe indique vouloir rester aligné avec les standards émergents, comme UCP ou ACP, afin de permettre aux marchands de saisir ces nouveaux usages.

À travers cette interview au Meet Magento 2026, Adobe Commerce confirme une orientation claire : accompagner les marchands dans une phase où la performance e-commerce ne dépend plus seulement du site, mais aussi de la capacité à composer, automatiser et rendre ses données produits exploitables par de nouveaux intermédiaires. Un sujet qui devrait continuer à prendre de l’ampleur lors des prochains rendez-vous de l’écosystème Adobe, notamment l’Adobe Summit Paris annoncé pour le 6 octobre.