À l’occasion de la Paris Retail Week, nous avons eu le plaisir de nous entretenir avec Marc Schillaci, PDG d’Oxatis, sur le sujet des CMS e-commerce. Nous lui avons demander comment, lorsque l’on porte un projet e-commerce, bien choisir son CMS pour débuter dans la vente en ligne. Voici la liste des questions abordées lors de cette discussion  :

ECN : Bonjour Marc, avant de rentrer dans le vif du sujet, peux-tu d’abord te présenter ?

M.S. : Je suis Marc Schillaci, je suis passionné par le e-commerce depuis longtemps puisque je suis tombé dedans en 1996, alors que je vivais encore à New-York. J’y ai fondé l’ancêtre d’Oxatis, EBZ, puis je suis revenu en 2001 où j’ai lancé Oxatis avec Marc Heurtaut, qui est depuis devenu le leader européen du SaaS pour le e-commerce.

ECN : Par où commencer lorsque l’on souhaite lancer son business en ligne, quelle est la première étape ?

M.S. : Il y a trois situations différentes :

1. Il y a la personne qui souhaite monter un business exclusivement en ligne, un pureplayer. Dans ce cas, il va falloir commencer par penser sa stratégie produit et réfléchir à ses atouts différenciateurs.

2. Il y a le commerçant qui connaît déjà ses produits, ses fournisseurs et qui a déjà du stock. Il va donc falloir réfléchir à rendre le site e-commerce complémentaire au point de vente physique en définissant une stratégie globale.

3. Il y a enfin les entreprises B2B, où le site va permettre d’améliorer le service fourni aux clients. Le site leur permettra également de processer plus facilement les commandes plutôt que de fonctionner par mail ou par téléphone. Il faut donc penser le site comme un canal permettant de vendre non pas plus, mais mieux aux clients actuels.

ECN : Dans les trois cas, il va falloir que le futur e-commerçant choisisse un CMS pour la gestion de son site. Pourquoi cette étape est elle aussi cruciale, et déterminante dans la réussite d’un projet e-commerce ?

M.S. Il y a mon sens 3 enjeux majeurs lors de cette étape effectivement cruciale :

1. Il faut d’abord choisir la bonne technologie, une technologie pérenne. Le SaaS est une bonne solution, car quand tu passes par une solution SaaS, tu as la garantie d’avoir toujours le meilleur du marché à ta disposition : quand de nouvelles fonctionnalités apparaissent, elles sont tout de suite accessibles. Et dans un souci de compétitivité, il faut sans cesse proposer les dernières nouveautés fonctionnelles.

2. Il y a ensuite la connexion au système d’information. Beaucoup d’entreprises disposent de logiciel de stocks, de prix… il faut prendre et numériser toutes ces informations pour les présenter là où se trouve la clientèle en 2018 : sur le web, sur les réseaux sociaux et sur les places de marché.

3. Le dernier enjeu est celui de l’accompagnement, il est crucial de trouver le bon partenaire qui va mettre en réussite le projet qui est porté.

Il faut bien avoir en tête que tous les CMS sont bons, il faut simplement choisir la meilleure technologie pour assurer la pérennité de son projet. Ce CMS on va apprendre à le manipuler, on va former ses collaborateurs dessus, et on va même finir par s’y attacher. Il ne faut donc pas se tromper.

ECN : En quoi Oxatis constitue-t-il une bonne solution, et en quoi se différencie-t-il des autres solutions du marché ?

M.S. : Aujourd’hui, il n’existe plus beaucoup de CMS e-commerce en mode SaaS dans le monde. Il y a deux grands américains que sont Shopify et BigCommerce, et grand européen qui s’appelle Oxatis.

Beaucoup d’e-commerçants français souhaitent faire du crossborder pour exporter leurs produits. Nos systèmes de paiement sont adaptés à chaque pays européen, on est locaux donc on connaît parfaitement les pratiques en matière de vente en ligne en Europe.

Deuxièmement, on est suffisamment grands pour faire face aux gros acteurs américains, nous sommes entrés en Bourse l’année dernière et avons donc une forte capacité à investir au profite de nos marchands.

Le troisième point, c’est que nous sommes très performants en B2B suite au rachat de la division du groupe Sage il y a 4 ans, lui-même très bon dans le B2B. Et on a importé toutes leurs technologies sur notre plateforme ce qui nous permet aujourd’hui de solutionner des problèmes B2B qui sont extrêmement sophistiqués.

ECN : As-tu quelques exemples de clients dont le site est géré via Oxatis ?

Nous avons principalement des sites de PME, qui font entre 100k et 30 millions de chiffre d’affaires. Pour te donner un exemple de réussite emblématique je peux citer Commençal, une merveilleuse marque de vélos de compétitions. Ils sont arrivés chez nous en faisant 100k de chiffres d’affaires il y a quelques années, ils font 17 millions aujourd’hui et ont donc vu leur chiffre d’affaires multiplié par 170 et vendent dans une dizaine de pays.

Il y en a bien d’autres : le glacier Amorino, la marque de chaussures Pataugas, l’École du Ski Français… il y en a 8500 !

ECN : Toi qui es en contact quotidien avec les e-commerçants, tu as pu identifier des bonnes pratiques mais aussi des mauvaises… Quelles sont les erreurs récurrentes que l’on retrouve le plus, et comment les éviter ?

La première est de vouloir se transformer en un spécialiste de la technologie. Il ne faut pas perdre de vue son cœur de métier. C’est un autre avantage du SaaS, qui permet de mettre de côté les tracas technos pour se concentrer sur le plus l’important : le développement de son business.

La deuxième, c’est d’avoir trop d’ambitions à la fois. Il faut savoir avancer par étape : par exemple, on sort d’abord son site en français, puis on peut le décliner en différentes langues. Attention à ne pas vouloir en faire trop d’un coup.

La troisième c’est de vouloir tout baser sur le référencement naturel. Il faut aussi savoir investir avec une vision ROIste afin de bâtir un trafic de qualité qui ne soit pas à la merci du premier concurrent venu.

Merci Marc Schillaci pour ces précieux conseils, bon salon à toi et à Oxatis !