IA, LLM, agentique : les nouveaux défis des e-commerçants

|
IA, LLM, agentique les nouveaux défis des e-commerçants

Au Meet Magento 2026, les échanges ont une nouvelle fois mis en lumière les mutations profondes du e-commerce. IA, commerce agentique, visibilité sur les LLM, optimisation de la conversion ou encore omnicanalité : les marchands doivent désormais composer avec des enjeux plus nombreux, plus techniques et plus stratégiques.

Dans ce contexte, E-Commerce Nation a rencontré Julien Didier, président et cofondateur de Dn’D. L’agence accompagne les marques, les retailers et les industriels dans la création de sites e-commerce, leur connexion au système d’information et le développement d’expériences digitales plus performantes.

Agence et marchand : une relation plus stratégique

Pour Julien, la relation entre les marchands et leurs agences devient plus exigeante. Dans un contexte économique tendu, marqué par une concurrence accrue et une pression sur les prix, les marques attendent davantage de leurs partenaires. Elles ne cherchent plus seulement une expertise technique, mais aussi de nouveaux leviers pour maintenir leur activité, développer leur business et garder un temps d’avance.

Cette évolution pousse les agences à élargir leur rôle. Il ne s’agit plus uniquement de maîtriser une technologie, mais d’accompagner le marchand de bout en bout : expérience utilisateur, architecture technique, PIM, DAM, MDM, système d’information, design, cadrage du besoin et optimisation continue.

Dn’D insiste aussi sur un point souvent rappelé pendant l’événement : la technologie ne suffit pas. Même avec l’automatisation et l’IA, les projets e-commerce nécessitent toujours des arbitrages, des décisions et une collaboration humaine forte entre les équipes du client, l’agence et les partenaires technologiques.

GEO, fiche produit et CRO : les priorités du moment

Parmi les sujets les plus actuels, le GEO occupe une place importante. Les marchands veulent désormais comprendre comment être visibles dans les LLM et comment préparer leurs plateformes à de nouveaux usages de recherche. Demain, une partie des clients pourrait rechercher des informations, comparer des produits ou passer commande via des interfaces conversationnelles et agentiques.

Dans cette logique, la fiche produit redevient un actif stratégique. Une page produit trop pauvre peut pousser l’internaute à chercher l’information ailleurs, notamment sur Amazon ou d’autres plateformes. Pour éviter cette fuite, les marques doivent enrichir leurs contenus : informations détaillées, réassurance, vidéos, réponses aux questions, données produit structurées et, dans certains cas, IA capable de répondre dynamiquement aux interrogations des visiteurs.

Le CRO reste également un levier central. Plutôt que de refondre entièrement un site, de nombreux marchands cherchent désormais à optimiser l’existant. L’objectif : identifier les points de friction, améliorer le parcours d’achat, lever les freins à la conversion et générer davantage de chiffre d’affaires à trafic constant. Dans un contexte où l’acquisition coûte cher, cette approche permet de travailler la performance sans nécessairement augmenter les budgets marketing.

L’omnicanalité complète ces priorités. Pour Dn’D, le sujet ne consiste plus seulement à connecter un site e-commerce à un réseau de boutiques. Le magasin devient progressivement un hub digital : lieu de retrait, d’enrichissement du panier, de service, de conseil et d’optimisation logistique. C’est dans cette articulation entre commerce en ligne et point de vente que l’expérience omnicanale prend tout son sens.

Des cas clients pour illustrer ces nouveaux usages

Plusieurs projets accompagnés par Dn’D illustrent ces transformations. Avec Louis Pion et Royal Quartz, les branches horlogerie-bijouterie des Galeries Lafayette, l’agence a travaillé sur l’optimisation de l’omnicanalité en parallèle du CRO. Le projet visait à améliorer l’expérience digitale, mais aussi le parcours en boutique, avec notamment la possibilité de récupérer une commande en magasin puis d’enrichir son panier. Julien Didier évoque une progression de plus de 15% de chiffre d’affaires complémentaire en boutique grâce à ce travail d’optimisation.

Autre exemple : Palais des Thés, accompagné par Dn’D depuis près de 11 ans. La marque, qui a pris très tôt le virage du digital, travaille fortement la richesse de ses contenus, l’expérience produit et la cohérence entre boutique et e-commerce. Fiches produits détaillées, recettes, blog du fondateur, conseils d’usage ou encore IA capable de répondre aux questions des internautes : autant d’éléments qui renforcent l’expérience d’achat et contribuent à sa visibilité dans les LLM.

Enfin, Lexon Design illustre une autre tendance : les mécaniques de drops et de raffles, inspirées notamment de la mode et des sneakers. Ces opérations créent de forts pics d’activité sur une période courte et demandent une architecture technique solide, notamment sur le paiement, la base de données, la synchronisation et la sécurité. Avec Stripe, Dn’D a notamment travaillé sur un système permettant de préinscrire les internautes, de sécuriser les coordonnées bancaires, puis de déclencher le paiement uniquement pour les acheteurs sélectionnés.

Pour accompagner ces mutations, Dn’D accélère également sur le conseil. L’agence a renforcé cette activité avec l’arrivée d’Amandine Multin, afin d’intervenir plus en amont des projets digitaux : business model, omnicanalité, développement international ou encore stratégie e-commerce. Une évolution cohérente avec les attentes actuelles des marchands, qui recherchent des partenaires capables de combiner vision stratégique, expertise technique et compréhension fine des usages.