Le gouvernement dévoile 9 mesures pour sauver les commerces de centre-ville

Le gouvernement dévoile 9 mesures pour sauver les commerces de centre-ville

Le commerce de centre-ville traverse une phase de forte difficulté. Selon le rapport remis au gouvernement, le taux de vacance commerciale atteint 14% en 2024, après avoir été à environ 6% en 2010, un doublement en quinze ans. Face à ce constat, l’État présente un plan d’action structuré autour de trois axes (financer, accompagner, développer) et comprenant neuf mesures prioritaires visant à redynamiser les territoires.

Un contexte qui pèse sur tous les acteurs du commerce

L’essoufflement des commerces de proximité s’explique par plusieurs facteurs : mutation des modes de consommation, montée des plateformes numériques, coûts d’exploitation élevés, complexité administrative. Le rapport du gouvernement le résume ainsi : « mutation des modes de consommation, montée du e-commerce et de la fast-fashion, hausse des coûts et complexité administrative » sont autant de défis à relever.
Dans ce contexte, les acteurs physiques cherchent à se repositionner : expérience client, proximité, multicanal, mais aussi réduction des coûts et adaptation aux parcours digitaux deviennent indispensables.

Axe 1 – Financer : les trois premières mesures

La première série de mesures vise à injecter des moyens financiers pour redonner vie aux zones fragiles.

Mesure 1 : Soutenir les foncières de redynamisation commerciale
L’État prévoit de renouveler l’enveloppe de la Banque des Territoires en 2026 pour mobiliser les foncières comme levier de réhabilitation : remise en état de locaux vacants, adaptation des étages, choix des activités économiques.

Mesure 2 : Financer des “managers de commerce”
Ces professionnels interviennent auprès des élus et commerçants pour définir et mettre en œuvre des politiques commerciales locales. Le plan prévoit de créer ou de financer des postes de managers de commerce dans les territoires fragiles.

Mesure 3 : Renforcer l’axe « commerce » des programmes territoriaux
Les programmes « Action Cœur de Ville », « Petites Villes de Demain » et « Villages d’Avenir » intègrent désormais un volet commerce renforcé pour relier urbanisme, mix-usages et dynamisation commerciale.

Axe 2 – Accompagner : de l’IA à la vacance commerciale

La seconde série de mesures se concentre sur l’accompagnement des acteurs et des territoires.

Mesure 4 : Faire de l’intelligence artificielle l’alliée des commerçants
Le plan « Osez l’IA » prévoit la création d’une « Académie de l’IA » et un réseau d’ambassadeurs pour sensibiliser et former les commerçants.
Pour un commerçant, cela peut se traduire par des outils personnalisés, des solutions d’analytics ou de gestion client intégrées.

Mesure 5 : Rendre la taxe sur les friches commerciales (TFC) plus efficace
Actuellement, seulement 480 communes et 68 EPCI (soit 5% du territoire national) appliquent cette taxe. L’objectif est de permettre aux élus de cibler mieux l’application afin d’inciter les bailleurs à transformer ou louer leurs locaux.

Mesure 6 : Donner accès à toutes les solutions pour lutter contre la vacance commerciale
Un guide « Diagnostiquer ma vacance commerciale » sera publié début 2026 pour rassembler tous les outils disponibles et accompagner les acteurs locaux.
Pour les marques e-commerce ou les opérateurs retail, ces mesures signifient que les collectivités seront mieux outillées pour recourir à des acteurs privés ou mutualiser des opérations de revitalisation.

Axe 3 – Développer : soutien à l’entrepreneuriat et au “made in local”

La dernière série met l’accent sur la création d’activités et l’animation de territoires.

Mesure 8 : Soutenir la création d’entreprises dans les territoires fragiles
Les données montrent que dans les QPV (Quartiers Prioritaires de la Ville), il y a seulement 1,7 création d’entreprise pour 100 habitants, contre 2,2 hors QPV. Le programme « Entrepreneuriat Quartier 2030 » est renforcé pour corriger cette inégalité.

Mesure 9 : Lancer l’expérimentation « Made in Local »
Cette mesure vise à valoriser les locaux vacants en les mettant à disposition temporaire d’artisans, commerçants ou marques locales pour tester leur implantation. L’idée est de recréer de l’animation et de la visibilité dans les rues commerçantes.
Pour un e-commerçant souhaitant tester une présence physique ou pop-up, ce type d’expérimentation peut constituer une opportunité intéressante.