Grande distribution mai 2025 : le e-commerce atteint 10,4% de PDM, E.Leclerc recule
Dans un contexte de consommation toujours contraint, les circuits digitaux et les enseignes de proximité continuent de tirer leur épingle du jeu. C’est ce que révèle la dernière étude de Kantar sur la période P5 2025 (du 21 avril au 18 mai), marquée par une stabilité globale des dépenses alimentaires et une recomposition progressive du paysage concurrentiel dans la grande distribution. Pour découvrir les chiffres de la période avril 2025.
Avec des volumes quasi stables (-0,2% en valeur sur les Produits de Grande Consommation et Frais Libre-Service), ce sont les « petits circuits », en particulier le online et les magasins de proximité, qui gagnent en puissance au détriment des hypermarchés.
Le e-commerce continue de s’imposer dans les habitudes
Les achats en ligne poursuivent leur dynamique positive, avec un gain de +0,7 point de part de marché valeur (PDM) pour atteindre 10,4%. Ce développement s’explique par l’arrivée de 139 500 nouveaux foyers acheteurs et une hausse de la fréquence d’achat. Preuve de cette transformation structurelle du comportement d’achat, la livraison à domicile progresse plus vite que le drive, atteignant une PDM de 1,3%.
Les enseignes historiques savent tirer parti de cette évolution. E.Leclerc et Carrefour contribuent chacun à hauteur de +0,3 pt de PDM sur le online. Le numérique devient ainsi un véritable terrain de compétition pour les grandes marques généralistes, avec des usages de plus en plus ancrés, notamment dans les zones urbaines et périurbaines.
Le commerce de proximité gagne du terrain
Autre tendance forte du moment : la croissance du format proximité. Sur la période observée, ce circuit gagne +0,4 point de part de marché pour atteindre 8,1%, porté par l’arrivée de 405 000 nouveaux foyers acheteurs et une hausse notable du panier moyen.
Les groupes U et Les Mousquetaires (Intermarché) s’imposent comme les locomotives de cette croissance. Leurs enseignes locales profitent d’un effet parc (ouvertures ciblées, maillage territorial renforcé) et d’un positionnement mieux adapté aux attentes des consommateurs en quête de simplicité, de rapidité et de proximité géographique.
Hypermarchés et supermarchés : recul net de la fréquentation
À l’inverse, les hypermarchés et supermarchés enregistrent une baisse significative de leur part de marché : -1,4 pt sur la période. Les hypermarchés sont particulièrement impactés, avec une perte de près de 500 000 clients. Ce repli traduit un essoufflement du modèle historique du « tout sous le même toit », au profit d’achats plus fragmentés, plus pratiques ou digitaux.
Ce décrochage des formats historiques confirme une tendance de fond : les foyers français repensent leurs parcours d’achat, arbitrant entre praticité, gain de temps, digital et maillage local.
Le top des enseignes qui progressent
Plusieurs groupes se distinguent par leur dynamique positive sur la période.
- Carrefour affiche la plus forte progression avec +2,1 pts de PDM valeur, attirant plus de 1,1 million de nouveaux clients. Le groupe bénéficie d’un bon positionnement prix et d’une stratégie omnicanale plus visible.
- Les Mousquetaires (Intermarché) poursuivent leur ascension avec +1 pt de PDM et 625 000 nouveaux clients, une croissance également portée par des effets de rachat et d’unification du parc.
- Auchan Retail gagne +0,4 pt, principalement grâce à un regain de fidélité. Le groupe récolte les fruits d’une stratégie plus centrée sur l’expérience client et les formats hybrides.
- Coopérative U, en intégrant les magasins Schiever, gagne +0,7 pt de PDM pour atteindre 12,8%. Ce ralliement stratégique lui permet de se renforcer sur tous les formats, hypermarchés, proximité et digital, avec un gain de 413 000 clients sur la période.

Coup de frein pour E.Leclerc
L’étude Kantar révèle également un net ralentissement pour E.Leclerc. Si le canal internet du groupe reste très performant (+10% de progression sur les commandes), les magasins physiques enregistrent une perte de 377 300 acheteurs. Le groupe voit sa part de marché reculer de -0,2 pt, malgré un taux de fidélité record (55,3%, en progression de +0,2 pt, ce qui en fait le plus élevé du marché).
Ce tassement s’explique en partie par une base de comparaison historiquement haute et une concurrence plus agressive sur les segments prix et service.
Lidl et Aldi : progression modérée mais constante
Les enseignes discount continuent leur progression, certes à un rythme plus modéré : +0,1 pt chacune. Elles bénéficient d’un regain de fidélité de leurs clients actuels, mais souffrent encore d’un déficit d’attractivité pour recruter de nouveaux foyers.
Ces résultats montrent que si le modèle prix reste pertinent, il doit désormais s’accompagner d’une expérience client enrichie pour espérer capter de nouveaux publics.
Ce qu’il faut retenir
- Le e-commerce et les enseignes de proximité continuent de s’imposer comme les formats gagnants de la grande distribution en 2025.
- Les enseignes qui progressent sont celles qui savent adapter leur modèle à ces nouveaux usages, notamment via des stratégies omnicanales, des effets de parc ou des rapprochements structurants.
- Les formats traditionnels (HM/SM) accusent un net recul, révélant un glissement durable des préférences consommateurs.
- Les enjeux à venir se situent à la fois dans la consolidation des modèles omnicanaux et dans la capacité des enseignes à se différencier localement.
