Seconde main : ce que révèle l’étude Viavoice sur les habitudes des Français
La seconde main n’est plus un simple effet de mode : elle s’impose désormais comme un pilier des comportements d’achat en France. C’est ce que confirme la dernière étude Viavoice menée pour Le Figaro et Interencheres, publiée en juin 2025. Réalisée auprès d’un échantillon représentatif de 1 004 personnes âgées de 18 ans et plus, interrogées en ligne entre le 3 et le 5 juin 2025, cette enquête met en lumière une évolution profonde du rapport des Français aux biens de consommation, portée par des motivations économiques, écologiques et culturelles. Tour d’horizon des enseignements clés.
Une habitude ancrée dans le quotidien des Français
Selon l’étude Viavoice, 49% des Français déclarent aimer acheter des objets de seconde main, et 37% affirment avoir revendu des objets en ligne au cours des 12 derniers mois, dont 14% à plusieurs reprises. Ce chiffre grimpe à 63% chez les moins de 35 ans, et 55% chez les femmes. Ces pratiques témoignent d’un changement culturel profond : la seconde main ne concerne plus seulement les friperies, mais s’inscrit désormais dans les habitudes courantes d’achat et de revente, notamment sur Internet.
Un profil de consommateur pluriel
Les adeptes de la seconde main se distinguent par des traits spécifiques :
- 58% sont des femmes,
- 49% sont parents,
- 30% ont moins de 35 ans,
- et 79% achètent également des produits durables et responsables, contre 71% en moyenne.
Ils ne s’opposent pas forcément aux autres modèles : la plupart combinent achats de seconde main, produits neufs soldés, et parfois discount.
Mode, culture et déco : les segments phares
Lorsqu’ils cherchent à limiter leurs dépenses, les Français privilégient l’achat d’articles neufs en promotion, notamment pour l’électroménager ou la téléphonie (jusqu’à 78% pour la Hifi). Toutefois, la seconde main rivalise avec les promotions sur les produits culturels (livres, CD, DVD) et la mode enfant, où elle représente 40% des réponses.
Dans les secteurs comme la décoration, les outils de bricolage et la téléphonie, la seconde main est au coude à coude avec les marques discount.

Un acte de consommation et de conviction
45% des Français déclarent avoir le sentiment de faire une bonne affaire en achetant de la seconde main, mais 27% expriment aussi une fierté d’être en accord avec leurs valeurs, et 20% affirment se sentir en phase avec les autres consommateurs responsables. Les moins de 35 ans sont les plus nombreux à associer ces achats à des convictions.
En comparaison :
- L’achat de produits neufs en promotion suscite surtout un sentiment de qualité (43%) et de plaisir (24%), mais moins d’alignement avec ses valeurs (18%).
- Les marques discount évoquent plus souvent la contrainte financière (34%) et la culpabilité (13%).
Une perception largement positive
La seconde main évoque en majorité des valeurs positives :
- 59% la jugent “économique”,
- 38% “écologique”,
- 37% “éthique”,
- 30% la trouvent “facilement disponible”.
Les freins à l’achat restent néanmoins importants :
- 44% craignent l’usure ou les défauts des produits,
- 40% pointent l’absence de garantie ou de service après-vente,
- 35% s’inquiètent de l’impossibilité de retourner ou d’échanger.

Les moteurs de l’achat de seconde main
Parmi les leviers d’incitation, deux grandes logiques émergent :
- Économique : 64% cherchent à faire de bonnes affaires ou accéder à des produits de qualité à bas prix,
- Responsable : 53% veulent réduire la surproduction ou limiter leur impact environnemental.
Des motivations plus spécifiques sont aussi citées : le besoin ponctuel d’un article (24%), le goût pour l’authenticité (23%) ou encore le soutien à l’économie sociale et solidaire (17%).

Un impact environnemental reconnu
L’étude souligne que 75% des Français considèrent que la seconde main a un impact positif sur l’environnement. En comparaison, ils sont :
- 41% à penser la même chose des produits neufs soldés,
- et seulement 31% pour les marques discount.
Les adeptes de la seconde main sont encore plus nombreux à le croire (87%), contre 47% des acheteurs discount.
Une dynamique locale et sociétale
68% des répondants estiment que le marché de la seconde main stimule l’économie locale et l’emploi. Cette perception est renforcée par une attente claire envers les marques et les pouvoirs publics :
- 89% des Français pensent que les marques devraient être plus transparentes sur l’impact environnemental de leurs produits,
- 89% souhaitent qu’elles facilitent la revente ou la réparation,
- 73% soutiennent l’idée de taxes sur la fast fashion pour compenser leur impact écologique.
Des perspectives d’avenir claires
Enfin, l’étude révèle que 70% des Français pensent que la part de leurs achats de seconde main augmentera dans les 5 prochaines années. Ce chiffre monte à 90% chez les amateurs actuels de seconde main, preuve d’un changement structurel durable.
Ce qu’il faut retenir
Les résultats de cette étude montrent que la seconde main n’est plus un marché de niche, mais bien une tendance forte, portée par des motivations économiques, écologiques et sociales. Pour les marchands, plusieurs opportunités émergent :
- Intégrer une offre seconde main ou reconditionnée, notamment dans les secteurs culture, mode ou déco.
- Proposer des garanties ou retours sur les articles de seconde main, pour rassurer les consommateurs encore hésitants.
- Communiquer de façon transparente sur les engagements environnementaux, voire faciliter la réparation ou la revente d’anciens produits.
