Fini le mot de passe : b.connect, la nouvelle arme des banques françaises contre l’abandon de panier
La simplification des parcours utilisateurs est devenue le nerf de la guerre du e-commerce. Entre l’oubli des mots de passe, la multiplication des comptes et les exigences croissantes en matière de sécurité, l’étape de connexion reste l’un des premiers points de friction d’un tunnel d’achat.
C’est précisément sur ce maillon critique que se positionne b.connect, une solution d’authentification sans mot de passe lancée à l’été 2025 et désormais en phase d’accélération. Le 17 mars 2026, le service annonce avoir déjà convaincu 15 grandes enseignes partenaires, parmi lesquelles Boulanger, Leroy Merlin ou encore Courir.
Derrière cette montée en puissance, une ambition claire : imposer un nouveau standard de connexion souverain, capable de concurrencer directement les boutons “Se connecter avec Google” ou “Se connecter avec Apple”.
Comment ça marche ? L’identité bancaire comme clé d’accès universelle
Le principe de b.connect repose sur une idée simple, mais stratégique : remplacer le mot de passe par l’identité bancaire de l’utilisateur.
Concrètement, sur un site marchand partenaire, l’internaute peut se connecter en cliquant sur le bouton b.connect. Il n’a plus besoin de créer un compte ni de retenir un identifiant. L’authentification s’appuie directement sur les systèmes sécurisés déjà utilisés dans les applications bancaires.
Dans la majorité des cas, l’expérience est instantanée. Selon b.connect, 80% des connexions se font en un clic. Les situations nécessitant un contrôle supplémentaire (environ 2%) déclenchent une validation via l’application bancaire du client.
Ce fonctionnement permet de combiner deux éléments rarement réunis dans le e-commerce : fluidité maximale et sécurité élevée, sans ajouter d’étape supplémentaire dans le parcours.
Une base potentielle de 42 millions d’utilisateurs
La force de b.connect ne réside pas uniquement dans son expérience utilisateur, mais aussi dans son écosystème. La solution est portée par cinq grandes banques françaises : BNP Paribas, Groupe BPCE, Crédit Agricole/LCL, Crédit Mutuel/CIC et Société Générale.
En s’appuyant sur ces acteurs, b.connect bénéficie immédiatement d’un réservoir de 42 millions de clients potentiels.
Ce point est déterminant. Là où d’autres solutions doivent construire leur base d’utilisateurs, b.connect part avec un avantage : une identité déjà existante, déjà vérifiée, et déjà utilisée au quotidien.
Les utilisateurs peuvent créer leur compte gratuitement, soit via le site b.connect, soit directement depuis les sites partenaires. Cette logique permet d’accélérer fortement l’adoption, sans dépendre d’une stratégie marketing lourde.
Une adoption rapide côté enseignes portée par un levier simple : la conversion
Quelques mois après son lancement, la solution est déjà déployée chez 15 enseignes issues de secteurs variés, du retail à la mode en passant par les médias et les services.

Ce début d’adoption s’explique par un argument clé : la réduction des frictions en entrée de tunnel d’achat.
Avant même le paiement, l’obligation de créer un compte reste l’un des principaux facteurs d’abandon. En supprimant cette étape, b.connect s’attaque directement à un problème majeur du e-commerce.
La stratégie commerciale est, elle aussi, calibrée pour accélérer l’adoption. Les enseignes intégrant la solution d’ici l’été bénéficient d’un accès gratuit, sans contrepartie, jusqu’à fin 2026.
Une alternative française face aux standards des GAFAM
Au-delà de la conversion, b.connect s’inscrit dans un rapport de force plus large : celui de l’identité numérique.
Aujourd’hui, les boutons “Se connecter avec Google”, “Apple” ou “Facebook” dominent largement les parcours d’authentification. Ils offrent simplicité et rapidité… mais au prix d’une dépendance forte aux grandes plateformes.
Avec b.connect, les banques françaises tentent de proposer une alternative crédible, reposant sur trois piliers :
- Une infrastructure locale, opérée par des acteurs français
- Une interopérabilité entre enseignes, sans dépendance à une plateforme unique
- Un haut niveau de confiance, lié à l’authentification bancaire
Cette logique s’inscrit dans une dynamique plus large de reconquête de la souveraineté numérique, déjà visible dans les initiatives autour du paiement en Europe.
Sécurité et fraude : un levier aussi important que l’UX
L’autre promesse de b.connect concerne la sécurité. En supprimant le mot de passe, la solution réduit mécaniquement les risques liés :
- aux fuites de bases de données
- aux mots de passe faibles ou réutilisés
- aux tentatives d’usurpation d’identité
En s’appuyant sur les standards bancaires, le niveau de sécurité est aligné sur celui des opérations financières sensibles.
Pour les enseignes, cela représente un double avantage : améliorer l’expérience utilisateur tout en renforçant la protection des comptes clients.
Une brique encore discrète mais à fort potentiel
b.connect n’en est qu’à ses débuts, mais son positionnement est clair. En s’attaquant à la fois à la friction utilisateur, à la sécurité et à la souveraineté, la solution coche plusieurs cases stratégiques pour les e-commerçants.
Dans un environnement ultra-concurrentiel où chaque seconde d’hésitation compte, une solution capable de « logguer » un acheteur en un clic, tout en garantissant un niveau de sécurité bancaire, a tout pour s’imposer comme le nouveau standard du e-commerce français.
Lilian Grandrie-Kalinowski
COO chez E-Commerce Nation depuis plus de 7 ans. Passionné par l’écosystème e-commerce et retail, Lilian pilote l’acquisition chez E-Commerce Nation depuis 2019. Fort d’une vision 360° du secteur, il transforme les données complexes en insights actionnables pour les décideurs. Auteur de plus de 350 articles de référence sur le média, il est une voix reconnue du e-commerce en France.
