E-commerce au T1 2026 : la FEVAD confirme la résistance des ventes en ligne en France
Le e-commerce français a généré 50,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires au premier trimestre 2026, selon les derniers chiffres publiés par la FEVAD. Basée sur les transactions de plus de 150 000 sites marchands actifs, l’étude fait état d’une croissance de 4,7% sur un an, confirmant la bonne tenue du e-commerce malgré un contexte économique et géopolitique plus incertain. Si le rythme ralentit par rapport au premier trimestre 2025 (+8,3 %), le secteur continue d’afficher une dynamique positive, dans la continuité de l’année 2025, où le e-commerce français avait déjà confirmé sa solidité selon les chiffres clés de la FEVAD.
Dans le détail, les ventes de produits restent le principal moteur de la croissance, tandis que certains services, notamment liés au voyage, au tourisme et aux transports, sont davantage affectés par les tensions internationales. Pour les e-commerçants, ces résultats montrent que les consommateurs continuent d’acheter en ligne, mais avec des arbitrages plus marqués sur les prix et les dépenses, dans un marché où la progression des transactions reste supérieure à celle du chiffre d’affaires.

Les produits restent le moteur du trimestre
Les ventes de produits progressent de 4% au premier trimestre 2026 et atteignent 18,6 milliards d’euros. Dans un contexte de pouvoir d’achat toujours surveillé, ce résultat confirme que les consommateurs continuent d’utiliser le canal digital pour leurs achats du quotidien, leurs besoins d’équipement et leurs arbitrages prix.
Deux tendances soutiennent particulièrement cette dynamique. D’abord, le développement du marché de la seconde main, qui continue de répondre à une double attente : acheter moins cher et consommer différemment. Ensuite, le dynamisme des plateformes internationales à bas prix, qui captent une part croissante de la demande en jouant sur le prix, la largeur d’offre et des mécaniques commerciales très agressives.
La progression du nombre de transactions confirme cette évolution. Les transactions liées aux produits augmentent de 7%, soit un rythme supérieur à celui du chiffre d’affaires. Ce décalage suggère une pression sur le panier moyen ou, au minimum, une consommation plus fractionnée. Les clients achètent plus souvent, mais pas nécessairement pour des montants beaucoup plus élevés.
Les services ralentissent sous l’effet du contexte international
Le ralentissement vient surtout des services, dont les ventes progressent de 5% au premier trimestre 2026. La croissance reste présente, mais elle est affectée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui ont pesé sur les secteurs du voyage, du tourisme et des transports.
Ce ralentissement est à surveiller, car les services ont souvent été un moteur puissant de la croissance e-commerce ces dernières années. Lorsque le voyage, les billets de transport ou les loisirs en ligne ralentissent, l’effet se ressent rapidement sur le chiffre d’affaires global du secteur.
Pourtant, les volumes de transactions restent orientés à la hausse. Les transactions de services progressent de 13%, un niveau nettement supérieur à la croissance en valeur. Là encore, le signal est intéressant : l’usage du digital continue de s’installer, mais la valeur moyenne des transactions peut être davantage sous pression, selon les catégories.
Cette dissociation entre volume et valeur mérite l’attention des marchands. Elle reflète un marché où l’achat en ligne reste très présent dans les habitudes, mais où les arbitrages budgétaires se durcissent. Les consommateurs n’abandonnent pas le digital ; ils l’utilisent plus finement.
Les grands sites français résistent mieux que le commerce physique
Le panel iCE100 de la FEVAD permet d’observer les principaux sites marchands français à périmètre constant. Au premier trimestre 2026, les ventes aux particuliers des sites suivis progressent de 5,4% par rapport à la même période l’an dernier.
Ce chiffre contraste avec la tendance du commerce de détail hors alimentaire et hors automobile, qui continue de reculer. Selon l’Insee, ce segment baisse de 1,6% au T1 2026, après une baisse de 1,5% au T1 2025, y compris ventes internet. Le différentiel montre que les grands acteurs du e-commerce conservent une capacité de résistance dans un marché retail globalement plus tendu.
Tous les secteurs ne progressent toutefois pas au même rythme. Le meuble et la décoration restent ralentis, avec +1,3%. L’habillement progresse légèrement, à +1,5%, mais reste sous pression dans un marché très concurrentiel, confronté à la seconde main, aux plateformes internationales et à une consommation plus prudente.
À l’inverse, plusieurs catégories continuent de soutenir le panel :
- l’équipement maison, porté par des achats utiles et des besoins d’aménagement ;
- les loisirs, qui conservent une bonne dynamique en ligne ;
- l’alimentation, qui confirme sa place dans les usages digitaux récurrents ;
- la beauté, proche de l’équilibre, dans un environnement plus concurrentiel.
Un trimestre solide, mais pas encore rassurant
Le premier trimestre 2026 confirme la capacité de résistance du e-commerce français. Malgré un environnement économique et géopolitique incertain, le marché progresse encore, les transactions augmentent et les ventes de produits restent bien orientées.
Mais la lecture doit rester prudente. La croissance ralentit par rapport au premier trimestre 2025. Les services montrent des signes de fragilité. Les catégories comme l’habillement, le meuble ou la décoration restent peu dynamiques. Enfin, la pression des plateformes internationales à bas prix continue de redessiner les équilibres concurrentiels.
Pour les e-commerçants, l’enjeu n’est donc pas seulement de profiter d’un marché qui progresse. Il s’agit de comprendre où se fait la croissance, à quel prix et avec quelle rentabilité. Une hausse des transactions peut être positive, mais elle peut aussi traduire une fragmentation des achats, une pression sur le panier moyen ou une concurrence plus forte sur les prix.
Lilian Grandrie-Kalinowski
COO chez E-Commerce Nation depuis plus de 7 ans. Passionné par l’écosystème e-commerce et retail, Lilian pilote l’acquisition chez E-Commerce Nation depuis 2019. Fort d’une vision 360° du secteur, il transforme les données complexes en insights actionnables pour les décideurs. Auteur de plus de 350 articles de référence sur le média, il est une voix reconnue du e-commerce en France.
