E-commerce 2026 : l’Afrique (+15,2%) et l’Amérique du Sud accélèrent, la Chine tombe à +4,8%

E-commerce 2026 : l’Afrique (+15,2 %) et l’Amérique du Sud accélèrent, la Chine tombe à +4,8 %

Où se jouera réellement la croissance du e-commerce en 2026 ? La dernière infographie publiée par ECDB apporte une réponse claire, mais contre-intuitive. Si la croissance mondiale du e-commerce devrait légèrement accélérer l’an prochain, les moteurs historiques s’essoufflent, tandis que des régions longtemps périphériques prennent le relais.

Selon ECDB, le e-commerce mondial progressera de +7% en 2026, contre +6% en 2025. Une reprise modérée, loin des excès de la période post-Covid, mais suffisante pour confirmer que le digital continue de surperformer le commerce physique. Derrière cette moyenne se cache toutefois une fracture géographique nette : l’Asie ralentit, pendant que l’Afrique et l’Amérique du Sud deviennent les nouveaux pôles de croissance.

Une reprise mondiale réelle, mais trompeuse si on s’arrête à la moyenne

La trajectoire globale dessinée par ECDB :

  • 2025 : +6% de croissance mondiale
  • 2026 (estimation) : +7%
  • 2030 (projection) : +6,1%
prévisions de croissance du e-commerce dans le monde en 2026.

Le message est double. D’un côté, le e-commerce n’entre pas dans une phase de stagnation. De l’autre, il ne reviendra pas à une hypercroissance généralisée. La dynamique devient plus sélective, dépendante du niveau de maturité des marchés, des infrastructures locales et du contexte macroéconomique.

C’est précisément cette sélectivité qui rend la lecture régionale indispensable.

Le paradoxe asiatique : l’usine du monde croît moins vite que l’Europe

C’est le chiffre qui bouscule le plus les idées reçues. En 2026, l’Asie ne devrait croître que de +6,2%, soit en dessous de la moyenne mondiale et moins vite que l’Europe.

Un renversement symbolique pour une région longtemps perçue comme le cœur battant du e-commerce mondial. La raison principale est connue : le ralentissement chinois. ECDB estime la croissance du e-commerce en Chine à +4,8% en 2026, un niveau historiquement bas pour le pays.

Plusieurs facteurs se combinent :

  • une consommation intérieure sous pression (inflation, coût de la vie),
  • un environnement financier plus contraint,
  • et surtout un durcissement des conditions d’accès aux marchés occidentaux.

Ce ralentissement asiatique ne peut être dissocié du contexte réglementaire international. La multiplication des barrières douanières en Europe, comme la future taxe sur les colis low-cost, et les incertitudes commerciales aux États-Unis réduisent la fluidité du modèle d’exportation chinois. Moins d’accès, plus de friction : la croissance s’ajuste mécaniquement.

Pour les plateformes asiatiques, la réponse passe par une agressivité accrue sur le cross-border, mais aussi par une diversification géographique forcée.

Afrique et Amérique du Sud : les nouveaux moteurs du e-commerce mondial

À l’opposé du ralentissement asiatique, l’infographie ECDB met en lumière des régions en pleine phase de décollage.

Afrique : +15,2%, la croissance la plus rapide au monde

Avec +15,2% attendus en 2026, l’Afrique devient la région la plus dynamique du e-commerce mondial. Ce chiffre ne traduit pas encore des volumes comparables aux marchés matures, mais il signale un changement structurel.

Les moteurs sont identifiés :

  • généralisation du smartphone,
  • essor du mobile money,
  • amélioration progressive des réseaux logistiques,
  • et intérêt croissant des consommateurs pour l’achat en ligne.

Pour les acteurs du cross-border, l’Afrique n’est plus seulement une promesse à long terme, mais un territoire à surveiller activement.

Amérique du Sud : +9,1%, le rattrapage numérique s’accélère

Avec +9,1% de croissance, l’Amérique du Sud confirme son rôle de relais majeur pour le e-commerce mondial. La région bénéficie d’un rattrapage numérique rapide, porté par :

  • l’adoption massive du mobile,
  • des solutions de paiement plus inclusives,
  • et une logistique en amélioration constante.

C’est aussi sur ce terrain que la bataille des géants du cross-border est la plus visible. Comme l’ont montré les dernières données sur le commerce transfrontalier, Temu et Amazon s’y affrontent désormais à armes quasi égales, illustrant le déplacement du centre de gravité du e-commerce mondial.

Europe et Amérique du Nord : la croissance par l’innovation, pas par le volume

Les marchés occidentaux affichent des performances solides, mais sans surprise.

  • Europe : +8%
  • Amérique du Nord : +7,6%

En Amérique du Nord, la moyenne est tirée vers le haut par le Mexique, attendu à +11,3%, tandis que les États-Unis évoluent à un rythme plus modéré.

Dans ces régions ultra-connectées, la croissance ne vient plus de l’arrivée de nouveaux acheteurs. Elle repose sur :

  • l’optimisation des parcours,
  • l’augmentation de la valeur client,
  • et l’innovation technologique.

ECDB met notamment en avant le rôle croissant des agents d’achat pilotés par l’IA. Une tendance cohérente avec l’émergence de nouveaux checkouts conversationnels et d’expériences transactionnelles intégrées, où la frontière entre recherche, recommandation et achat s’efface progressivement.

Ce que ces chiffres changent pour les stratégies e-commerce en 2026

Le e-commerce mondial ne ralentit pas, il se déplace. Plusieurs implications concrètes se dégagent :

  • La Chine reste un géant, mais n’est plus un moteur automatique de croissance.
  • Les marchés du Sud (Afrique, Amérique latine) deviennent des terrains d’expansion prioritaires pour le cross-border.
  • L’Europe et l’Amérique du Nord exigent des stratégies centrées sur la valeur, l’UX et la technologie.
  • La diversification géographique devient un levier de résilience face aux tensions commerciales.

En 2026, la croissance ne sera pas là où elle était hier. Elle ira vers les marchés encore en construction et vers les acteurs capables d’innover dans les marchés arrivés à maturité.