Étude Shopfully 2025 : les priorités d’achat des consommateurs français décryptées

Étude Shopfully 2025 : les priorités d’achat des consommateurs français décryptées

Dans un climat économique encore incertain, le consommateur français de 2025 apparaît plus sélectif, plus informé et surtout plus rationnel dans ses décisions d’achat. C’est ce que révèle l’édition 2025 de l’étude européenne The State of Shopping, menée par Shopfully auprès de plus de 9 400 consommateurs dans huit pays, dont la France. Réalisée entre mars et avril, cette enquête dresse un portrait riche des attentes actuelles et futures des consommateurs vis-à-vis du commerce, des marques et de la technologie.

L’information en ligne, passage obligé du parcours d’achat

Le digital ne remplace pas le magasin : il le précède et le complète. En 2025, 76 % des Français déclarent rechercher des informations en ligne avant de se rendre en magasin ou de valider un achat. Cette donnée confirme que le réflexe numérique est désormais intégré dans les comportements d’achat, tous circuits confondus.

La montée du web-to-store et des comportements hybrides impose aux enseignes une présence digitale soignée, y compris pour des achats finalisés en boutique. Le contenu produit, les fiches détaillées, les avis clients ou les comparateurs de prix deviennent des points de contact clés.

Comme le souligne Henri-Noël Bouvet, Directeur France & Ibéria chez Shopfully, « le consommateur veut le meilleur des deux mondes : l’efficacité du digital et l’expérience sensorielle du physique. »

Des arbitrages de consommation plus stricts

Le pouvoir d’achat reste au cœur des préoccupations. Selon l’étude, 71 % des Français n’envisagent aucune amélioration de leur situation financière en 2025. Cette prudence se traduit dans les comportements de consommation : 25 % des répondants comptent économiser même en cas d’amélioration, preuve que la méfiance est structurelle.

Les postes les plus affectés par les arbitrages budgétaires sont :

  • L’ameublement : 48 % des Français réduisent leurs dépenses sur ce segment.
  • L’électronique : 46 % envisagent une baisse des achats.
  • L’habillement : 43 % prévoient de dépenser moins.
dépenses les plus sacrifiées en france 2025

Dans ce contexte, la chasse aux promotions devient centrale : 65 % des consommateurs y accordent davantage d’attention qu’en 2024. Ce signal renforce l’importance des campagnes ciblées, des comparateurs de prix et des applications de bons plans.

Acheter moins, mais mieux

La tendance du « less but better » se confirme. Un quart des sondés affirme acheter moins mais de manière plus réfléchie, misant sur la durabilité, l’usage réel du produit et sa pertinence.

Dans le même esprit, 23 % des consommateurs déclarent privilégier les marques et enseignes locales. Ce retour au proximité-based shopping traduit une attente croissante de transparence, de soutien à l’économie locale et d’authenticité.

Pour les retailers français et les DNVB, c’est une opportunité à saisir : la valeur perçue ne repose plus uniquement sur le prix, mais aussi sur la valeur sociétale et territoriale de l’offre.

Marques : qualité, prix, et juste communication

Les critères fondamentaux qui influencent l’acte d’achat restent les mêmes :

  • 74 % des répondants citent la qualité comme critère n°1,
  • 74 % également mentionnent le prix,
  • suivis de la disponibilité produit (28 %) et la réputation de la marque (25 %).

Ce double critère « prix + qualité » oblige les marques à proposer des produits compétitifs sans compromettre l’image. Les ruptures de stock ou les délais trop longs sont aussi de véritables freins à l’achat, surtout dans un contexte où l’attente est perçue comme un coût.

Côté publicité, la perception est plus nuancée que ce que l’on imagine : 50 % des consommateurs estiment que la publicité peut être utile, notamment pour découvrir de nouvelles offres ou comparer les prix. Ce résultat souligne une demande de contenus utiles, informatifs, voire pédagogiques, à condition qu’ils soient bien ciblés.

La donnée personnelle contre des avantages tangibles

En matière de personnalisation, le consentement est conditionnel. Près d’un Français sur deux se dit prêt à partager plus de données personnelles à condition de recevoir :

  • des réductions ciblées,
  • ou des alertes personnalisées sur leurs marques préférées.

La personnalisation est donc souhaitée si elle apporte une vraie valeur. Cette évolution oblige les e-commerçants à améliorer la qualité du ciblage et à garantir la transparence sur l’usage des données.

Les technologies émergentes : curiosité, mais usage encore limité

La technologie progresse, mais son adoption reste faible :

  • Seuls 11 % des Français utilisent aujourd’hui des outils comme les chatbots, caisses automatiques ou essayages virtuels.
  • 15 % souhaitent les essayer, mais freinent sur leur utilité perçue.
  • Les principaux obstacles à l’adoption sont :
    • le manque de compréhension (34 %),
    • et la méfiance envers les résultats (26 %).

Autrement dit, la technologie doit encore convaincre sur sa valeur ajoutée avant de s’imposer.

Quels outils séduisent le plus ?

Parmi les innovations les plus attendues :

  • 70 % des Français souhaitent des outils de détection d’offres en temps réel,
  • 27 % sont intéressés par des solutions de paiement rapide, type scan & go,
  • et 9 % veulent expérimenter l’essayage virtuel.

On note ici une volonté de fluidifier l’expérience client, d’économiser du temps, et d’optimiser les décisions d’achat, plus que de chercher une interaction technologique « pour elle-même ».

Conclusion

En 2025, le consommateur français s’affirme comme plus connecté, plus avisé, mais aussi plus exigeant. Il ne cherche pas à consommer davantage, mais à consommer mieux. Le digital est pour lui un outil de choix rationnel, d’économie et d’optimisation.