Grande distribution : tendances et chiffres clés en 2025

Grande distribution : tendances et chiffres clés en 2025

Après une année 2024 marquée par des performances historiques, la grande distribution française entame 2025 sur une dynamique contrastée. C’est ce que révèle l’étude Retail Performance 2025 publiée par NielsenIQ. Entre déflation persistante, concentration des enseignes, montée du drive et essor de la proximité, le paysage du retail alimentaire évolue profondément. Décryptage des chiffres clés et des enseignements dans cet article.

Un chiffre d’affaires global qui marque le pas

Après une année record en 2024, le chiffre d’affaires des grandes surfaces alimentaires (GSA) recule légèrement en 2025, atteignant 138 milliards d’euros, contre 139 milliards l’année précédente. Cette stagnation s’explique principalement par un contexte de déflation (-1%) et une baisse des volumes par unité de consommation (-0,6%). Les Français continuent de surveiller leur ticket de caisse, même si leurs paniers contiennent un peu plus d’articles qu’en 2024.

chiffre d'affaires grande distribution 2025 france

Le drive bat des records

Le drive confirme son statut de moteur de croissance avec un chiffre d’affaires qui atteint 11 milliards d’euros, en hausse de +6% par rapport à 2024. Il pèse désormais 8% du chiffre d’affaires total de la distribution alimentaire, contre seulement 4,2% en 2016. En 10 ans, le circuit a plus que doublé.

Ce dynamisme repose sur plusieurs leviers : +250 000 nouveaux foyers clients en un an ; un panier moyen de 73 euros par passage (le plus élevé de tous les circuits) ; une fréquence d’achat en hausse de +2,5%.

Le drive est particulièrement plébiscité par les familles (65% des acheteurs), mais les moins de 35 ans et les foyers sans enfant commencent à s’y convertir progressivement.

chiffre d'affaires drive france 2025

La proximité s’impose comme alternative stratégique

Autre grand gagnant : le circuit de la proximité, qui enregistre une croissance de +5,2% de son chiffre d’affaires en 2025, après une hausse de +2,8% en 2024. Il atteint un record de 13,6 milliards d’euros (+70% par rapport à 2016).

Le développement de ce circuit repose sur : un recrutement massif de nouveaux clients (+4,5%) ; une expansion du parc en zone urbaine (+60 points de vente) ; un impact positif des JO à Paris sur la proximité francilienne. 82% des gains proviennent des zones urbaines, et 77% sont portés par des monofoyers de moins de 65 ans, sans enfant.

Une exigence accrue côté consommateurs

Le critère prix reste prioritaire pour 29% des consommateurs, mais d’autres dimensions gagnent du terrain : la qualité des produits frais, l’expérience en magasin, ou encore la propreté et la proximité du magasin. Ces éléments pèsent de plus en plus dans les arbitrages entre enseignes et circuits.

critères les plus importants lors d'aller faire ses courses - france 2025

Hypermarchés et supermarchés toujours en déclin

Les formats historiques (HM et SM) poursuivent leur lente érosion. Ensemble, ils représentent encore 68,2% du chiffre d’affaires, mais perdent 0,9 point par rapport à 2024. Ce recul est notamment dû à la concurrence du drive (qui capte 24% des pertes des hypers) et à la montée des SDMP (solderies et magasins à bas prix).

Cela se traduit également au niveau du nombre de points de vente avec des des hypers et supers qui ne progressent plus :

nombre points de vente - hypermarchés supermarchés france 2025

Une distribution toujours plus fragmentée

Le nombre moyen d’enseignes fréquentées par foyer atteint 6,9 en 2025, contre 6,5 en 2021. Cette fragmentation s’explique par la diversification des circuits (drive, proximité, e-commerce, solderies), le développement des achats d’appoint ou spécialisés (bio, frais, DPH), et l’impact des canaux numériques.

Quelles enseignes tirent leur épingle du jeu en 2025 ?

E.Leclerc : solide leader, mais en phase de ralentissement

Avec 23,3% de part de marché sur le PGC FLS, E.Leclerc conserve sa place de numéro un en France. L’enseigne affiche une progression globale de +1,2% de chiffre d’affaires tous formats confondus, portée en grande partie par son réseau de drives, qui représente 78% de ses gains valeur en 2025.

Cependant, les hypermarchés E.Leclerc montrent des signes de ralentissement : la taille des paniers diminue malgré un trafic en hausse, et les pertes en valeur de ses hypers sont estimées à 86% récupérées par d’autres circuits ou enseignes, notamment son propre canal e-commerce.

Intermarché : grand gagnant des rachats Casino

Avec une part de marché de 16,4% (+1,1 point vs 2024), Intermarché bénéficie fortement du rachat de 183 magasins Casino SM et 24 Casino Hyper Frais. Ces opérations expliquent 6 % de sa croissance en valeur.

Sa progression est marquée aussi bien sur les formats supermarché qu’hypermarché, avec un effet volume notable : +5,5% d’évolution des achats valeur.

Carrefour : dopé par l’intégration des magasins Cora

Avec 10,5% de part de marché (Carrefour HM), le groupe Carrefour enregistre une hausse de +1 point de part de marché valeur. Sur les formats HM/SM, les achats valeur progressent de +3,5%, grâce à l’intégration des ex-magasins Cora.

Carrefour Market affiche une performance plus faible, avec une évolution quasi nulle, soulignant une disparité entre formats au sein du groupe.

Coopérative U : croissance discrète mais régulière

Avec 11,6% de part de marché, U progresse de +0,2 pt, portée par la reprise progressive des magasins Schiever (ex-Auchan). Sur les formats HM/SM, U affiche +1,3% d’achats valeur.

Auchan : une reprise partielle mais significative

Auchan, qui a repris des magasins Casino, progresse de +1,5% sur les achats valeur HM/SM. Mais sa part de marché cumulée recule à 6,3%, avec une baisse de -1,5% sur ses supermarchés.

Lidl, Aldi, Netto : les SDMP en plein essor

Lidl atteint 9,3% de part de marché (+0,1 pt) avec une image prix forte. Netto progresse de +19,3% en valeur, à 88% liée à la reprise de magasins Casino SM.

Parts de marché enseignes grande distribution france 2025

Les effets des reprises Casino et Cora

Les 517 magasins concernés par les mouvements de parc ont bouleversé les équilibres du secteur. Mais près de 1,1 milliard d’euros de chiffre d’affaires (soit 0,8% du CA total) n’a pas été récupéré : 55% des pertes Cora, 49% Casino SM, 34% Casino Hyper.

Ce qu’il faut retenir

  • Le chiffre d’affaires global des GSA se stabilise en 2025 malgré la déflation.
  • Le drive et la proximité sont les deux circuits en plus forte croissance.
  • Les enseignes historiques perdent du terrain au profit des SDMP, solderies et pure players.
  • La fragmentation des comportements d’achat s’accentue : plus de circuits fréquentés, des paniers plus petits mais plus fréquents.
  • La restructuration du parc de magasins Casino et Cora a remodelé les parts de marché au profit de Mousquetaires, U et Carrefour.
  • E.Leclerc reste le leader, porté par une stratégie omnicanale et une compétitivité prix forte.