Alors que le e-commerce continue sa forte progression et ce dans tous les secteurs. En effet, selon les chiffres de la Fevad, les 182 000 sites français d’e-commerce ont réalisé 82 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017. Ce qui représente une hausse de 14,3 % par rapport à l’année précédente !

Cependant, le marché du e-commerce alimentaire comparé à d’autres secteur reste encore en retrait. Cela peut s’expliquer par le fait que les consommateurs privilégient encore le commerce physique. Mais cette tendance est en train d’évoluer, la grande distribution prenant conscience que l’e-commerce alimentaire devient un enjeu de conquête primordial dans leur développement.

L’émergence du drive dans les grandes surfaces est un bon exemple de cette prise de conscience. Toutefois de nombreuses problématiques restent à résoudre pour que l’e-commerce alimentaire se développe encore plus.

Le e-food dispose d’un potentiel très important car sa capacité à capter beaucoup d’acteurs est forte. Ce qui explique que la concurrence est de plus en plus rude entre les géants du web et la grande distribution.

C’est à travers cette infographie de Statista que nous allons nous intéresser de plus près à ce secteur de l’e-commerce alimentaire, en y faisant un état des lieux sur l’état actuel de ce secteur et de ses possibilités d’évolution.

L’e-commerce alimentaire, un secteur en plein essor

Depuis 2017, le secteur de l’e-commerce alimentaire est en pleine mutation. En France, près d’un français sur deux ont déjà commandé des produits alimentaires en ligne, selon une enquête de Médiamétrie-NetRatings.

C’est pourquoi de nombreuses entreprises améliorent leur digitalisation. Comme c’est le cas de Monoprix, qui a décidé de s’associer avec Ocado, le numéro 1 britannique du commerce alimentaire en ligne, pour construire une plateforme logistique en région parisienne d’ici 2019. Ou encore Carrefour, qui a quant à lui a investi 2,8 milliards d’euros pour développer sa stratégie digitale.

Comme on peut le voir sur l’infographie, sur tous les pays sélectionnés, le chiffre d’affaires du e-commerce alimentaire devrait être en progression pour 2022. Notamment aux Etats-Unis et en Allemagne, qui sont en retard dans l’e-commerce alimentaire malgré une économie forte et une technologie avancée.

Cette progression du chiffre d’affaires attendue et l’engagement de plus en plus conséquent des entreprises dans l’e-commerce alimentaire peuvent s’expliquer par des nouvelles attentes de la part des consommateurs. Ces derniers, recherchant toujours plus de praticité et de gain de temps dans leurs achats du quotidien, l’explosion du drive en est le parfait exemple.

L’accroissement du drive

Le drive, est concept hybride entre l’e-commerce et le magasin physique, qui s’est développé à partir de 2011. Ce phénomène tout d’abord français, a été créé par la grande distribution pour conquérir de nouveaux consommateurs.

Aujourd’hui, en France, le drive est la solution la plus utilisée pour la livraison devant la livraison à domicile. Ce système permet aux consommateurs d’aller récupérer en voiture les courses qu’ils ont commandé sur Internet. Le drive a alors permis à la France d’arriver à la seconde place du e-commerce alimentaire européen devant l’Allemagne. Ce modèle est même maintenant repris dans d’autres pays, comme c’est le cas aux Etats-Unis.

Des freins persistants

L’expérience d’achat

L’un des principaux freins du e-commerce alimentaire est l’incapacité à pouvoir contrôler la qualité des produits. Ensuite, vient généralement le manque de confiance sur la fraîcheur du produit alimentaire, notamment pour ce qui est de l’impossibilité de vérifier la date de péremption du produit.

La multiplication des commerces de proximité

Avec la multiplication des magasins de proximité, et la possibilité de toucher tous les consommateurs (notamment ceux n’allant pas dans les grandes surfaces) et ce à n’importe quel endroit, que ce soit en ville ou en campagne. Cette proximité des commerces, fait que l’e-commerce alimentaire n’arrive alors qu’à attirer des clients qui sont le plus souvent occasionnels.

Au niveau international

Pour ce qui est des freins au niveau international, principalement pour ce qui concerne les Etats-Unis et l’Allemagne. Ces freins peuvent être expliqués aux Etats-Unis par sa géographie, avec des lieux fortement peuplés et d’autres beaucoup moins, rendant la livraison à domicile difficile. Et quant à l’Allemagne, les freins se situent au niveau des méthodes de paiement disponibles. En effet, les allemands préférant payer après la réception de la livraison.

Une concurrence de plus en plus forte

De nombreux acteurs

Les mastodontes du e-commerce se lancent eux aussi de plus en plus dans le commerce alimentaire en ligne. Notamment aux États-Unis, Amazon qui se montre toujours plus présent dans l’alimentaire avec Whole Foods et l’ouverture d’Amazon Go.  

Cela a poussé la grande distribution française à se positionner plus fortement sur le e-commerce. Comme c’est le cas de Carrefour ou encore de Casino, E.Leclerc vient de lancer son service « Leclerc chez moi » avec des drives piétons et de la livraison à domicile à Paris.

De surcroît, ces grandes surfaces doivent aussi faire face à de nouveaux acteurs innovants comme par exemple Pour de Bon. Pour de Bon est une place de marché qui met en relation des producteurs et artisans français avec des consommateurs à la recherche des meilleurs produits frais.

Une bataille logistique

Pour inciter les consommateurs à commander leurs produits alimentaires en ligne, la logistique du dernier kilomètre doit être optimisée et devenir moins coûteuse. Pour pallier à ces freins, les distributeurs et les logisticiens doivent constamment proposer des choix de livraison de plus en plus diversifiés et conforme aux attentes des clients.

Que ce soit avec la livraison immédiate de produits pour les petits achats, ou la livraison partir du lendemain, pour les pleins de courses. Voir même le développement des infrastructures logistiques, pour gagner en efficacité et réduire les coûts. Les distributeurs doivent se plier aux exigences croissantes des consommateurs.

Le click and collect

La possibilité d’inspecter certains produits que l’on a commandé qu’offre le click & collect, trouve un grand succès en France. Comme exprimé auparavant, l’impossibilité d’inspecter les produits était un des principaux freins au e-commerce alimentaire. Pour répondre à ce besoin, de nombreux distributeurs ont adopté ce modèle, avec un nombre de points de vente qui a considérablement augmenté en France.

 

Le renforcement de la concurrence et l’évolution des attentes des consommateurs en matière de e-commerce ont poussé les entreprises à s’investir de plus en plus dans la digitalisation et dans le e-commerce alimentaire. C’est pourquoi le marché du e-commerce alimentaire a de beaux jours devant lui et n’est pas prêt d’arrêter sa progression.

 

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[Infographie] État des lieux de l'e-commerce alimentaire