Seconde main : une occasion à ne pas rater ?

E-Commerce Nation

27.05.2021


Seconde main : L'occasion à ne pas rater !

ARTICLE | EXPÉRIENCE UTILISATEUR | RELATION CLIENT

La seconde main est utilisée pour parler d’un bien qui a déjà appartenu à d’autres utilisateurs auparavant et qui est remis en vente, on parle plus couramment de biens d’occasions. La seconde main concerne donc les utilisateurs secondaires qui ont obtenu ou utilisent une chose alors que celle-ci a déjà été possédée par une autre personne. Autrement dit, avoir quelque chose “de seconde main” signifie avoir une chose d’occasion.

On parle du « marché secondaire » en marketing, à savoir celui qui concerne l’achat et la vente de biens déjà existants. Il est en opposition au marché primaire et est parfois aussi appelé « marché de l’occasion » ou « slow fasion » en opposition à la fast fashion.

Pourquoi les consommateurs se tournent-ils vers le marché de la Seconde main ?

S’il était autrefois mal perçu, le marché de la seconde main a su séduire les Millenials et la Génération Z. Autrefois tabou, aujourd’hui la seconde main est devenue une fierté voir un effet de mode ; cette tendance est de plus en plus répandue chez les jeunes avec l’expansion de l’économie circulaire et des pensées tournées vers le développement durable ; ainsi, les consommateurs en retirent une satisfaction éthique, écologique, économique et sociale.

“Les acheteurs aspirent à posséder moins de pièces, mais de meilleure qualité, à réduire la surconsommation et à prendre davantage soin de leur garde-robe. Le marché florissant d’articles d’occasion favorise la réalisation de ces trois objectifs”, indique une étude du Boston Consulting Group. Ainsi, 70% des consommateurs interrogés affirment que ce mode d’achat les pousse à prendre encore plus soin de leurs pièces, et 60% des vendeurs de seconde main n’auraient pas songé à donner une deuxième vie à leurs vêtements sans l’existence et le développement du marché de l’occasion.

Les nombreux mouvements sociaux pour la préservation de l’environnement ainsi que les actions des différentes ONG en sont aussi la cause car ils ont réussi à répandre la connaissance sur le fait que la mode est l’un des secteurs les plus polluants au monde.

Effectivement, si l’on regarde les émissions des gaz à effet de serre, le textile est classé cinquième plus gros émetteur avec 1.2 milliards de tonnes de gaz à effet de serre émis, soit 2% des émissions totale, et la fast fashion en est directement responsable (Au début des années 2000, la fast fashion fait son arrivée. Des enseignes passent des traditionnelles collections printemps-été et automne-hiver à 52 collections…soit 1 par semaine ; sachant qu’il faut l’équivalent de plusieurs dizaines de douches pour fabriquer un jean… le secteur utilise alors près de 4% de l’eau potable du Monde pour sa production).

De nouveaux comportements et attitudes d’achat ont donc vu le jour. Aujourd’hui, il est presque devenu impensable dans l’esprit de certains consommateurs de consommer de la même manière qu’il y a 10 ou 20 ans de cela. La prise de conscience écologique et sociale a mis le consommateur face à ses habitudes destructrices pour la planète mais aussi face aux conditions de travail désastreuses de certains employés des pays tiers.

Face à l’urgence de la situation, les consommateurs ont trouvé différents moyens de réduire leur consommation polluante de produits. Entre baisse d’achats, habillement chez les marques éco-responsables, locations, mais aussi achat et reventes de produit d’occasion : le marché de la seconde main connaît une sulfureuse hausse de ses utilisateurs.

C’est aussi les prix attractifs qui attirent les consommateurs ; des produits rabaissés à 30, 40 voire 70% pour certains biens (le marché de l’occasion du Luxe s’est d’ailleurs fortement développé pendant la crise du covid 19) attire les consommateurs aux plus petits budgets. A titre d’exemple, l’application de vêtements d’occasion Vinted contient principalement des annonces à moins de 5 euros, de quoi remplir vos armoires sans jeter votre argent par les fenêtres.

Quels sont les chiffres du marché de la seconde main ?

Le marché de la Seconde Main connaît un très beau développement depuis plusieurs années, celui-ci devrait connaître une croissance de 15 à 20% sur les 5 prochaines années selon une étude du Boston Consulting Group voire même dépasser celui de la fast fashion d’ici 2028 selon une étude du site américain Thred Up (selon eux, la seconde main devrait peser 13% des achats contre 9% en fast fashion) et le CA du marché devrait grimper jusqu’à 56.5 milliards d’euros.

D’ici 10 ans, les experts estiment que la part des articles de seconde main aura doublé dans nos armoires ; une tendance motivée par la digitalisation du marché. Ces chiffres sont aussi expliqués par les évolutions qu’on a noté sur le marché sur les 10 dernières années (à savoir que 30 % des Français ont acheté un vêtement d’occasion en 2018, contre moitié moins en 2010).

Les ventes d’objets d’occasion, traditionnellement réalisées dans les magasins de déstockage de seconde-main et par les brocanteurs, se sont davantage développées à l’aire de la digitalisation. A titre d’exemple, Le Bon Coin s’est démarqué des autres acteurs et, en 2018, la compagnie comptait 28 millions d’annonces « mode », soit 16% du nombre total d’articles en ligne sur ses serveurs. 

Ainsi, chaque jour, ce sont près de 400 000 nouveaux articles qui sont mis en ligne.

Si l’achat est de mise, la vente l’est aussi et le développement d’applications comme Vinted ou LeBonCoin rend encore plus simple l’acte de vente et d’achat en ligne de produits d’occasion. En France, 31% des consommateurs ont déjà vendu des produits d’occasion et 42% d’entre eux pensent le faire à l’avenir. Cela permet un complément de revenu parfois significatif, marqué par une démarche environnementale au profit de leurs pouvoirs d’achats.

En revanche, si la vente entre particuliers connaît un bond important, ce n’est pas le cas pour tous les secteurs d’activité. En effet, pour les produits à forte valeur d’achat et plus techniques, les consommateurs sont encore méfiants. Seulement 20 % des français sont prêts à acheter un téléphone d’occasion à un particulier contre 60% qui sont disposés à passer le cap chez un professionnel. On imagine que les promesses de garanties et la notoriété de certains professionnels face au manque de sûreté des vendeurs particuliers de produits d’occasion sont les raisons principales à ces chiffres quelque peu déconcertants.

Les experts estiment que le marché mondial de la Seconde main devrait atteindre les 50 milliards d’euros d’ici 2023 et la crise du covid 19 a donné à ce marché de quoi se développer davantage.

La crise s’est alors transformée en aubaine pour les acteurs du marché (à titre d’exemple, LeBonCoin a été l’un des 20 sites les plus visités durant le premier confinement). En effet, la crise a donné aux français du temps suffisant pour faire le tri dans leurs affaires pour les mettre en vente mais aussi découvrir les biens mis en ventes des autres utilisateurs créant alors une boucle d’achat / revente dans tout le pays. De plus, avec l’absence des magasins et chaînes de prêt-à-porter classiques qui ont malheureusement dû être fermés, les consommateurs se sont reportés sur les plateformes de seconde main, qui leur proposent un excellent rapport qualité-prix.

Par ailleurs, selon l’IFM, « Internet a décomplexé les Français. Et il n’y a pas un profil type de consommateur. Le cadre comme l’ouvrier, l’urbain comme le rural recyclent » mais les femmes restent majoritaire sur le marché (1 femme sur 2 déclare avoir déjà acheté un article de seconde main contre 1 homme sur 3) et les jeunes dominent largement puisque 48% des 25-34 ans ont acheté des vêtements de seconde main, soit 7 points de plus que les 55-64 ans selon l’étude de l’éco-organisme TLC. Par ailleurs, les français sont les principaux utilisateurs de l’application Vinted, sur 21 millions, les français représentent 12 millions de vendeurs et acheteurs sur l’application.

Comment se décompose le marché de la seconde main ?

Le marché peut se décomposer de 3 manières :

– On retrouve dans un premier temps les professionnels du marché de l’occasion (le commerce de détail des biens d’occasion), ce sont des professionnels qui font l’acquisition de biens appartenant à des particuliers, dans le but de les revendre. Sur le marché du dépôt-vente, les dépositaires professionnels s’organisent en stockant les produits des particuliers afin de les revendre. L’objectif final reste le même : la revente des produits d’occasion.

– On a ensuite les brocanteurs et les antiquaires qui proposent le même processus mais à la différence que les antiquaires s’intéressent à des objets anciens ou de collection (à condition de posséder une authentification et une restauration complète des objets avant la mise en vente). Le brocanteur, lui, n’aura pas besoin de cette identification mais l’objectif de revente de produit d’occasion restera le même. Son lieu de travail sera simplement situé sur les différentes brocantes qui ont lieu dans l’année ou dans des friperies (très en vogue chez les jeunes)

– Enfin, sur Internet, ou lors des vides greniers, les consommateurs s’organisent entre eux afin de vendre et d’acheter des produits, on parle d’économie collaborative.

Mais les acteurs les plus importants du secteur restent les pure players tels que LeBonCoin et Vinted qui ont motivé le mouvement de la revente entre particuliers facilitant le contact entre les vendeurs et acheteurs avec la garantie de protection des utilisateurs. C’est d’ailleurs pourquoi de nombreux nouveaux acteurs essayent de se frayer une place sur le marché de la seconde main ; comme Facebook et sa marketplace dédiée à la vente et l’achat entre particuliers et qui se place en sérieux concurrent de LeBonCoin.

Voyant l’opportunité de ce marché, les magasins physiques spécialisés ont fait leur entrée également pour tirer leurs épingles du jeu à leurs tours. C’est alors qu’on a vu apparaître des acteurs comme cash converter, easy cash ou encore kiloshop et qui en ont alors fait leur cœurs d’activité avec des promesses de prix attractifs.

Et pourquoi pas les enseignes tant qu’on y est ? C’est comme ça que différentes enseignes généralistes ont, elles aussi, décidées de rejoindre le mouvement de l’occasion afin de diversifier leur offre et fidéliser leurs clients. Location, outlets, bornes de collecte contre des remises, vêtements recyclés et reconditionnement sont alors devenus des nouveaux services innovants pour ne pas laisser le marché de l’occasion empiéter sur celui du marché primaire.

Certaines enseignes vont plus loin encore comme Les Galeries Lafayettes qui ont développé une plateforme en ligne de mise en relation entre particuliers pour la vente de produits d’occasions. La remise du produit se fait systématiquement en main propre et en magasin, contre un paiement en carte cadeau pour le vendeur, utilisable sur le site et les magasins Galeries Lafayette.

La course entre fripes et fast fashion ne fait donc que commencer.

Crédit photo : Rowan Blokdijk 

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