Pourquoi profiter de la seconde main ?

E-Commerce Nation

24.10.2022


seconde main ecommerce

ARTICLE | EXPÉRIENCE UTILISATEUR | RELATION CLIENT

La seconde main est une tendance de plus en plus prononcée. Les consommateurs se responsabilisant face aux problématiques écologiques actuelles, les grandes enseignes et commerçants indépendants sont davantage à proposer ce que l’on appelle l’upcycling.

En plus de se soucier des problématiques écologiques, les consommateurs font davantage attention à leurs finances. La seconde main permettant de faire des économies, le marché est estimé à 7 milliards d’euros en France, et 86 milliards d’euros en Europe.

Vous souhaitez ouvrir votre propre plateforme de seconde main ? Découvrez notre guide qui vous donne les bons outils et facteurs clés pour se lancer avec succès sur le marché de la seconde main. 

Dans cet article, nous allons vous définir précisément ce qu’est la seconde main, tout en vous présentant les acteurs principaux de ce marché en essor continu.

Seconde main : définition

La seconde main désigne la consommation de produits ayant déjà appartenu à quelqu’un d’autre. Cette notion est souvent associée à celle d’upcycling, également appelée upcyclage ou surcyclage en France, qui correspond au recyclage vers le haut. Cela consiste donc à utiliser un vieux produit pour en faire un nouveau.

Pourquoi les consommateurs se tournent-ils vers la seconde main ?

S’il était autrefois mal perçu, le marché de la seconde main a su séduire les jeunes générations (notamment les Millenials et la Génération Z). L’occasion est aujourd’hui devenue une fierté, voire un effet de mode. Cette tendance est de plus en plus répandue chez les jeunes, avec l’expansion de l’économie circulaire et des pensées tournées vers le développement durable. Les consommateurs en retirent ainsi une satisfaction éthique, économique et sociale.

“Les acheteurs aspirent à posséder moins de pièces, mais de meilleure qualité, à réduire la surconsommation et à prendre davantage soin de leur garde-robe. Le marché florissant d’articles d’occasion favorise la réalisation de ces trois objectifs”, indique une étude du Boston Consulting Group. Ainsi, 70% des consommateurs interrogés affirment que ce mode d’achat les pousse à prendre davantage soin des produits consommés. 60% des vendeurs de produits de seconde main n’auraient pas songé à donner une deuxième vie à leurs vêtements sans l’existence et le développement du marché de l’occasion.

Les nombreux mouvements sociaux en faveur de la préservation de l’environnement ainsi que les actions des différentes ONG sont également la cause du développement de cette mentalité. Notamment, de plus en plus de consommateurs sont au courant de la pollution dans le monde de la mode.

Effectivement, si l’on se penche sur les émissions des gaz à effet de serre, l’industrie textile est classée 5ème plus gros émetteur avec 1,2 milliard de tonnes de gaz à effet de serre émis, soit 3% des émissions totales dans le monde. L’industrie de la fast-fashion en est directement responsable. Au début des années 2000, la fast-fashion fait son arrivée, des enseignes passent des traditionnelles collections Printemps/Été et Automne/Hiver à 52 collections, soit une collection par semaine. A titre d’exemple, sachant qu’il faut l’équivalent de plusieurs dizaines de douches pour fabriquer un jean, le secteur utilise près de 4% de l’eau potable du monde pour sa production.

De nouveaux comportements et attitudes d’achat ont ainsi vu le jour. Aujourd’hui, il est quasiment devenu impensable, dans l’esprit de certains consommateurs, d’acheter de la même manière qu’il y a 10 ou 20 ans de cela. La prise de conscience écologique et sociale a mis le consommateur face à ses habitudes destructrices pour la planète, ainsi que face aux conditions de travail désastreuses de certains employés des pays du tiers-monde.

Face à l’urgence de la situation, les consommateurs ont trouvé différents moyens d’améliorer leur manière d’acheter. Entre baisse de la fréquence d’achats, la prise d’information sur les marques éco-responsables, la location, ainsi que les achats et reventes de produits de seconde main : le marché de l’occasion connaît une forte croissance actuellement.

Le marché de la seconde main attire notamment les consommateurs avec des prix attractifs, proposant des produits rabaissés à 30, 40 voire 70% pour certains biens (le marché de l’occasion de luxe s’est d’ailleurs fortement développé pendant la crise du COVID-19). A titre d’exemple, l’application de vêtements d’occasion Vinted contient principalement des annonces à moins de 5€.

Quels sont les chiffres-clés de ce marché ?

Comme mentionné précédemment, le marché de la seconde main connaît un fort développement depuis plusieurs années. Celui-ci devrait connaître une croissance de 15 à 20% sur les 5 prochaines années, d’après le Boston Consulting Group. Il serait même amené à dépasser celui de la fast-fashion d’ici 2028, selon une étude du site américain thredUP (selon eux, la seconde main devrait représenter 13% des achats du marché, contre 9% pour la fast-fashion), amenant le chiffre d’affaires de la seconde main à 56,5 milliards d’euros.

D’ici 10 ans, les experts estiment que la part des articles de seconde main aura doublé dans nos armoires, tendance notamment motivée par la digitalisation du marché. Ces chiffres sont également expliqués par les évolutions suivantes : 30% des Français ont acheté un vêtement d’occasion en 2018, contre moitié moins en 8 ans auparavant.

Les ventes d’objets de seconde main, traditionnellement réalisées dans les magasins de déstockage de seconde main et par les brocanteurs, se sont davantage développées à l’ère de la digitalisation. Le succès d’entreprises telles que Leboncoin et Vinted prouvent cette tendance, mise en avant dans notre top 100 E-commerce.

Ces sites et applications rendent encore plus simple la vente C to C, c’est-à-dire la vente d’objets par des particuliers. En France, 31% des consommateurs ont déjà vendu des produits d’occasion, et 42% d’entre eux pensent le faire à l’avenir. Cela permet par exemple de générer un complément de revenu qui peut être significatif dans certains cas, marqué par une démarche environnementale au profit du pouvoir d’achat des vendeurs.

En revanche, si la vente entre particuliers connaît un bond important, ce n’est pas le cas pour l’ensemble des secteurs d’activité. En effet, pour les produits à forte valeur ajoutée, ou plus techniques, les consommateurs sont toujours méfiants. Seulement 20% des consommateurs français sont prêts à acheter un téléphone en seconde main à un particulier, contre 60% qui sont disposés à passer le cap chez un professionnel.

Les experts estiment que le marché mondial de la seconde main devrait atteindre une valeur de 50 milliards d’euros d’ici 2023. La crise du COVID-19 a représenté une opportunité de développement à ce marché.

La crise s’est ainsi transformée en aubaine pour les acteurs de cette industrie particulière. Effectivement, la crise a donné aux consommateurs le temps pour faire le tri dans leurs affaires et les mettre en vente, tout en découvrant les biens mis en vente des autres utilisateurs, créant une boucle vertueuse d’achat / revente sur l’ensemble du territoire. De plus, avec l’absence des magasins et des chaînes de prêt-à-porter classiques, qui ont fermé durant la crise sanitaire, les consommateurs se sont dirigés vers les plateformes de seconde main.

Par ailleurs, selon l’Institut Français de la Mode, “Internet a décomplexé les Français. Et il n’y a pas un profil type de consommateur. Le cadre comme l’ouvrier, l’urbain comme le rural recyclent”. Les femmes restent toutefois majoritaires sur ce marché :

  • 1 femme sur 2 déclare avoir déjà acheté un article de seconde main
  • 1 homme sur 3 déclare avoir déjà acheté un article de seconde main

Les jeunes dominent largement la consommation puisque 48% des 25-34 ans ont acheté des vêtements de seconde main, soit 7 points de plus que les 55-64 ans, selon l’étude de l’éco-organisme TLC. Par ailleurs, les Français sont les principaux utilisateurs de l’application Vinted. En effet, sur 50 millions d’utilisateurs actifs, les consommateurs français représentent 16 millions d’utilisateurs.

Comment se décompose le marché de la seconde main ?

Le marché peut se décomposer de 3 façons différentes :

Les professionnels

On retrouve, dans un premier temps, les professionnels du marché de l’occasion, c’est-à-dire les retailers spécialisés dans ce type de produits de seconde main. Ces professionnels font l’acquisition de biens appartenant à des particuliers, dans le but de les revendre par la suite. Sur l’industrie du dépôt-vente, dans une logique similaire, les dépositaires professionnels s’organisent en stockant les produits des particuliers afin de les revendre.

Les brocanteurs et antiquaires

Ensuite, on retrouve les brocanteurs et antiquaires proposant le même processus. La différence est que les antiquaires s’intéressent à des objets anciens ou de collection, posant une condition d’authentification ainsi qu’une restauration complète des objets avant leur mise en vente.

Le brocanteur, lui, n’aura pas besoin de cette identification, mais l’objectif de revente de produit de seconde main restera le même. Son lieu de travail sera simplement situé sur les différentes brocantes qui ont lieu dans l’année ou dans des friperies, très populaires chez les plus jeunes générations.

Les lieux particuliers

Comme Internet ou des vide-greniers nécessitant l’organisation des consommateurs, entre eux, pour vendre et acheter des produits. On parle alors d’économie collaborative.

Les plateformes de la seconde main en ligne

Ce marché prenant une ampleur de plus en plus importante, de nombreuses plateformes ont gagné en popularité auprès des consommateurs.

Leboncoin

Leboncoin a été créé en 2006 par Olivier Aizac. La plateforme permet aux particuliers de proposer des produits gratuitement. Le modèle économique se base notamment sur la publicité et la proposition de promotion des annonces.

La plateforme est généraliste et la société-mère investit régulièrement dans les rachats d’entreprises spécialisées telles qu’Argus pour proposer des offres automobiles ou encore Videdressing pour la mode.

Vinted

Vinted est une entreprise créée en Lituanie en 2008. La plateforme est spécialisée dans la revente de vêtements et accessoires de seconde main par les particuliers. Vinted a fait son apparition en France en 2013.

En juin 2022, la plateforme pure-player annonce la mise en place de consignes dans des supermarchés en Île-de-France pour faciliter les envois de marchandises.

Etsy

Etsy est souvent considéré comme l’alternative à Amazon pour les artisans. Créée en 2005, l’entreprise américaine propose plus de 120 millions de produits. Spécialement, une grande quantité d’artisans rénovent des produits avant de les revendre. Cela revient donc à faire de l’upcycling et participer à l’effort de responsabilisation du commerce.

Crédit photo : Alaik Azizi

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