Mode : un mois d’octobre 2025 en léger recul selon l’Alliance du Commerce

Mode : un mois d’octobre 2025 en léger recul selon l’Alliance du Commerce

Le marché français de l’habillement reste sous tension à l’approche du dernier virage de 2025. Selon le Panel Retail Int. pour l’Alliance du Commerce, les enseignes de mode ont enregistré en octobre une baisse de -0,4% de leur chiffre d’affaires en magasin par rapport à la même période de 2024. Un repli mesuré, mais révélateur d’une activité toujours fragile, après un mois de septembre déjà en recul.

Un redressement partiel après un début de mois difficile

Le mois d’octobre a débuté sur une note morose, avant de connaître un léger rebond en seconde quinzaine. Le segment féminin s’impose comme principal moteur de la reprise, compensant partiellement la prudence des consommateurs observée dans les autres catégories.
Sur les dix premiers mois de l’année, l’activité reste quasiment stable, à +0,1%, illustrant un marché atone. Les enseignes misent désormais sur novembre et décembre pour éviter une année blanche, dans un contexte d’arbitrage accru des dépenses des ménages.

Les ZAC et retail parks en territoire positif

La géographie du commerce confirme les tendances structurelles observées depuis la crise sanitaire. Les zones d’activités commerciales (ZAC) et retail parks se distinguent avec une hausse de +2,9% de leur activité. Ces formats, plus accessibles et orientés vers le grand public, continuent d’attirer un trafic stable, soutenu par la praticité et la complémentarité avec le e-commerce.

À l’inverse, les centres-villes affichent une baisse de -1,1%, tandis que les centres commerciaux reculent plus nettement : -2,9% en périphérie et -3,5% en centre-ville. Cette évolution illustre la désaffection persistante des consommateurs pour les grands ensembles fermés, confrontés à une offre jugée moins différenciante et à une fréquentation encore inférieure aux niveaux d’avant-crise.

Une fréquentation toujours en baisse malgré un meilleur taux de conversion

Le trafic en magasin reste un point noir pour le secteur. En octobre, la fréquentation a reculé de -3,5% par rapport à 2024. Depuis le début de l’année, la baisse cumulée atteint -1,6%, confirmant une érosion lente mais continue du flux client.
Ce repli est en partie compensé par une hausse du taux de transformation de +3%, signe que les visiteurs qui se déplacent restent enclins à acheter. Le panier moyen, lui, demeure stable, traduisant une consommation maîtrisée mais pas en berne.

Pour les enseignes, la priorité reste donc la fidélisation et la valorisation du trafic existant, via des dispositifs promotionnels ciblés et une expérience client plus qualitative.

Le e-commerce de mode recule aussi

Le digital ne joue pas, cette fois, le rôle d’amortisseur. Les ventes en ligne enregistrent une baisse de -0,7%, légèrement plus marquée que celle des points de vente physiques. Après plusieurs années de croissance rapide, le canal e-commerce semble entrer dans une phase de maturité, où la progression dépend davantage de la qualité de l’offre et de la logistique que du volume de nouveaux acheteurs.

Une fin d’année sous tension pour un secteur fragilisé

Pour Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du Commerce, les résultats d’octobre rappellent la fragilité structurelle du marché :
« Les résultats du mois d’octobre confirment la fragilité du marché, avec un léger recul de l’activité. Dans ce contexte, les deux derniers mois de l’année seront déterminants pour la réussite de l’ensemble de notre secteur. »

Le dirigeant alerte aussi sur les difficultés économiques persistantes, avec de nouveaux redressements judiciaires dans la mode, et interpelle les pouvoirs publics sur la question de la concurrence déloyale des plateformes internationales. Il cite notamment l’ouverture d’un espace Shein au BHV, perçue comme « une véritable provocation » alors que la plateforme est au cœur d’enquêtes pour la vente de produits à caractère pédopornographique.

Un appel à une régulation plus ferme du marché

L’Alliance du Commerce appelle à un sursaut réglementaire pour protéger les enseignes françaises face à des acteurs internationaux jugés non conformes aux standards européens. Yohann Petiot plaide pour un déréférencement immédiat des plateformes concernées, estimant que « le commerce en France ne peut pas devenir le terrain de jeu d’acteurs qui mettent en danger les consommateurs et nos valeurs communes ».

Cet appel fait écho à un climat de vigilance accrue sur la conformité et la responsabilité des marketplaces, dans un moment où la confiance du consommateur devient un levier essentiel de différenciation.

Un secteur en quête d’équilibre

Derrière les chiffres d’octobre, c’est toute la dynamique du commerce de mode qui reste à reconstruire. Les enseignes multiplient les efforts pour stabiliser la fréquentation, renforcer leur rentabilité et réaffirmer leur valeur ajoutée locale.
Les mutations du marché, digitalisation, seconde main, nouvelles attentes sociétales, imposent une adaptation rapide des modèles.

En résumé

  • Chiffre d’affaires magasins : -0,4% en octobre 2025.
  • Activité cumulée : +0,1% depuis janvier.
  • ZAC et retail parks : +2,9%, seuls formats en croissance.
  • Centres commerciaux : -2,9% à -3,5%.
  • Fréquentation : -3,5%, mais taux de transformation : +3%.
  • Ventes en ligne : -0,7%.
  • L’Alliance du Commerce alerte sur la fragilité du marché et appelle à réguler les plateformes internationales.

La fin d’année 2025 s’annonce donc décisive : entre prudence des consommateurs et pression sur les marges, le commerce de mode français aborde la période des fêtes avec la volonté de sauver une année à l’équilibre fragile.