Paiement fractionné : comment Alma est devenu rentable en 2025 (sans aucune pénalité de retard)

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Paiement fractionné : comment Alma est devenu rentable en 2025 (sans aucune pénalité de retard)

Le marché du paiement fractionné (Buy Now Pay Later, ou BNPL) continue de se structurer en Europe. Dans ce contexte, la fintech française Alma annonce avoir franchi un cap important : l’atteinte de la profitabilité en 2025, tout en maintenant une croissance soutenue.

Fondée en 2018, l’entreprise publie des résultats qui marquent un changement d’échelle : 2,5 milliards d’euros de volume d’affaires (+30%), 114 millions d’euros de revenus récurrents annuels (ARR) en hausse de 32% et un résultat net désormais positif.

Paiement fractionné : 23 000 marchands partenaires

L’année 2025 confirme la montée en puissance d’Alma auprès des commerçants européens. La fintech revendique désormais 23 000 partenaires marchands, après avoir signé plus de 5 000 nouveaux commerçants en douze mois.

Parmi les nouvelles enseignes figurent notamment :

  • La Redoute
  • LDLC
  • KLM
  • ManoMano
  • King Jouet
  • Vente-unique

Cette diversité illustre l’élargissement du paiement en plusieurs fois à de nombreux secteurs du commerce, bien au-delà des catégories historiquement associées au financement à crédit.

Avec 2,5 milliards d’euros de volume d’affaires générés en 2025, Alma confirme que le paiement fractionné devient progressivement un outil structurant pour les stratégies de conversion des e-commerçants.

La fintech insiste également sur un point central : la profitabilité atteinte en 2025 s’inscrit dans la continuité d’une marge opérationnelle positive depuis plusieurs années, ce qui permet à l’entreprise de financer sa croissance sans avoir recours à de nouveaux capitaux ou actionnaires.

Dans un marché fintech où les levées de fonds ont longtemps été nécessaires pour soutenir l’expansion, cette indépendance financière marque une évolution notable.

BNPL : un levier direct pour la conversion e-commerce

Le succès du paiement fractionné repose en grande partie sur sa capacité à augmenter les taux de conversion et le panier moyen.

Selon Alma, sa solution affiche aujourd’hui le taux de conversion le plus élevé du marché, ce qui se traduit pour les commerçants par une hausse du volume d’affaires généré via la solution.

Dans la pratique, le paiement fractionné agit comme un outil d’optimisation de l’expérience d’achat, en permettant aux consommateurs d’étaler un paiement tout en finalisant immédiatement leur commande.

Pour les retailers, l’intérêt est double :

  • réduire l’abandon de panier
  • augmenter la valeur moyenne des commandes

Le modèle économique d’Alma repose sur une rémunération transactionnelle. Concrètement, la fintech ne facture ni frais d’installation ni frais fixes aux commerçants.

Elle se rémunère uniquement via une commission sur les transactions réalisées via sa solution, ce qui aligne directement ses revenus avec les performances commerciales des marchands.

Cette logique explique en partie les succès remportés par Alma lors d’appels d’offres face à des acteurs historiques du financement, notamment auprès de grandes plateformes e-commerce.

Un modèle de paiement fractionné sans frais de retard

Le paiement fractionné fait l’objet d’une attention croissante de la part des régulateurs européens, notamment en raison des risques de surendettement ou de dépendance aux pénalités de retard.

Plusieurs acteurs internationaux ont en effet construit une part importante de leur modèle économique sur ces frais facturés aux consommateurs.

Alma revendique une approche différente.

La fintech indique ne jamais avoir appliqué de frais de retard depuis sa création. Son modèle repose uniquement sur les commissions versées par les commerçants.

Malgré l’expansion géographique et l’augmentation du volume d’activité, les taux d’impayés sont restés à un niveau très faible en 2025, selon l’entreprise.

Cette stabilité est attribuée à plusieurs facteurs :

  • des algorithmes d’évaluation du risque
  • une gestion rigoureuse de l’octroi de crédit
  • l’expertise des équipes dédiées au risk management

Dans un contexte où le cadre réglementaire autour du BNPL se renforce progressivement en Europe, cette approche pourrait constituer un avantage concurrentiel durable.

La solution bénéficie également d’une note de 4,8 sur 5 sur Trustpilot, basée sur plus de 72 000 avis consommateurs.

BNPL : l’adoption consommateurs continue d’accélérer

L’usage du paiement fractionné poursuit sa progression auprès des consommateurs européens.

Au cours des douze derniers mois, 2,3 millions de nouveaux utilisateurs ont choisi Alma pour financer leurs achats.

Certains secteurs enregistrent une croissance particulièrement marquée des transactions :

  • le bien-être : +57%
  • le voyage : +53%
  • l’électronique et les télécoms : +40%

Ces catégories ont en commun des paniers moyens relativement élevés, pour lesquels le paiement en plusieurs fois peut faciliter la décision d’achat.

Cette dynamique confirme que le BNPL ne se limite plus à certains segments du commerce en ligne. Il s’étend progressivement à de nouveaux univers de consommation, notamment dans les services et les produits à forte valeur.

Expansion européenne : 10 pays couverts

L’année 2025 confirme également l’accélération du développement international d’Alma.

La fintech est désormais présente dans 10 pays européens, avec une croissance particulièrement marquée :

  • en Italie
  • en Espagne
  • au Benelux
  • et en Allemagne

La stratégie d’expansion repose sur une approche localisée, qui consiste à adapter la solution aux habitudes de paiement et aux attentes des commerçants dans chaque marché.

Cette stratégie permet à Alma d’accompagner des enseignes opérant dans plusieurs pays européens avec une solution unifiée, tout en tenant compte des spécificités locales.

Pour les retailers internationaux, cette capacité à gérer le paiement fractionné dans plusieurs marchés avec une seule intégration devient un critère important dans le choix d’une solution de paiement.

2026 : maintenir une croissance supérieure à 30%

Alma aborde l’année 2026 avec un objectif clair : poursuivre une croissance supérieure à 30%.

La fintech prévoit notamment de renforcer sa présence dans plusieurs marchés prioritaires :

  • Allemagne
  • Italie
  • Espagne
  • Benelux
  • Portugal

L’entreprise souhaite également approfondir sa relation avec les consommateurs, au-delà du simple moment du paiement.

Selon Louis Chatriot, cofondateur et CEO d’Alma :
« Depuis la création d’Alma, nous avons fait le choix d’un modèle centré sur la performance pour les commerçants, sans frais de retard pour les consommateurs, avec une gestion rigoureuse du risque. Les résultats publiés aujourd’hui confirment la solidité de cette approche et guideront notre développement en Europe. »

Mon analyse : la rentabilité devient un enjeu clé dans le BNPL

Le passage à la profitabilité d’Alma intervient dans un contexte particulier pour le secteur du BNPL.

Après plusieurs années d’expansion rapide, les investisseurs et les régulateurs s’intéressent de plus en plus à la viabilité économique des modèles de paiement fractionné.

De nombreux acteurs internationaux ont privilégié la conquête rapide de parts de marché, parfois au prix de pertes importantes.

La trajectoire d’Alma illustre une approche différente : une croissance soutenue mais accompagnée d’une discipline financière et d’une gestion du risque prudente.

Mais le marché entre désormais dans une phase de consolidation, où la rentabilité, la gestion du risque et la conformité réglementaire pourraient devenir des facteurs déterminants.

Dans ce contexte, la capacité d’Alma à combiner croissance européenne et profitabilité pourrait constituer un avantage stratégique dans les prochaines années.