Top des facteurs de visibilité des marques sur ChatGPT, AI Mode et AI Overviews

Top des facteurs de visibilité des marques sur ChatGPT, AI Mode et AI Overviews

La visibilité des marques ne se joue plus uniquement dans les résultats de Google. À mesure que les assistants conversationnels et les réponses générées par l’IA deviennent un point d’entrée central vers l’information, une nouvelle discipline émerge : le GEO (Generative Engine Optimization), aussi appelé AIO (AI Optimization).

La question n’est plus seulement comment être bien positionné, mais comment être cité par une IA.

Pour comprendre ce basculement, Ahrefs a publié une étude très complète à ce jour sur le sujet. L’analyse porte sur 75 000 marques, croisées avec des millions de réponses issues de ChatGPT, Google AI Mode et AI Overviews. L’objectif : identifier les signaux les plus corrélés à la visibilité des marques dans les réponses générées par l’IA.

Les résultats sont clairs, parfois contre-intuitifs, et remettent en question plusieurs réflexes hérités du SEO classique.

Méthodologie : un panel de marques établies, à grande échelle

Avant d’entrer dans les enseignements, un rappel méthodologique s’impose. Ahrefs a volontairement filtré son échantillon afin de se concentrer sur des marques identifiables et actives :

  • domaines avec un Domain Rating supérieur à 40 ;
  • un mot-clé principal associé à la marque avec au moins 800 recherches mensuelles ;
  • sélection du mot-clé au plus fort volume pour représenter chaque entité.

Ce cadre permet d’éviter les faux positifs (mots génériques, entités non commerciales) et d’analyser des entreprises réelles, à l’échelle industrielle. Les corrélations ont été calculées via le coefficient de Spearman, avec une précaution rappelée par Ahrefs : corrélation ne signifie pas causalité.

Mais à ce niveau de volume, certaines tendances sont suffisamment robustes pour éclairer les stratégies marketing.

Le constat central : YouTube est le signal GEO n°1

C’est la donnée la plus marquante de l’étude. Le facteur le plus fortement corrélé à la visibilité d’une marque dans les réponses IA est le nombre de mentions sur YouTube.

La corrélation moyenne atteint 0,737, un score supérieur à tous les autres signaux analysés, y compris :

  • les mentions de marque sur le web,
  • le Domain Rating,
  • le volume de backlinks,
  • le trafic organique.

Ahrefs distingue deux métriques :

  • les YouTube mentions (présence du nom de marque dans les titres, descriptions ou transcriptions de vidéos) ;
  • les YouTube mention impressions, pondérées par le nombre de vues.

Point clé pour les e-commerçants : le volume de mentions compte légèrement plus que leur audience. Être cité dans de nombreuses vidéos à faible ou moyenne audience est presque aussi corrélé à la visibilité IA que d’apparaître dans quelques vidéos très vues.

chatgpt, ai mode, ai overviews - facteurs de mention

Ce que YouTube mesure réellement (et que beaucoup ratent)

Cette corrélation ne signifie pas que “faire de la vidéo” suffit. Ce que les IA exploitent, ce sont les éléments textuels et linguistiques :

  • titres de vidéos,
  • descriptions,
  • et surtout transcriptions automatiques.

Autrement dit, montrer un logo ne sert à rien pour le GEO. Ce qui compte, c’est que le nom de la marque soit prononcé, écrit, contextualisé. Faire parler de sa marque, par ses équipes, par des créateurs, dans des tests ou des comparatifs, devient un levier de visibilité aussi stratégique qu’un mot-clé transactionnel en SEO.

Cette importance de YouTube s’explique aussi structurellement :

  • YouTube est l’un des domaines les plus cités dans les réponses IA, notamment chez Google ;
  • les transcriptions YouTube font partie des données d’entraînement des modèles. Selon le New York Times, GPT-4 aurait été entraîné sur plus d’un million d’heures de transcriptions YouTube.

YouTube alimente donc l’IA en amont (training data) et en aval (citations).

Les mentions de marque restent un pilier du GEO

Deuxième enseignement fort : les mentions de marque sur le web restent un signal déterminant. Les corrélations observées se situent entre 0,66 et 0,71, selon les plateformes.

Sont comptabilisées :

  • les articles,
  • les guides,
  • les forums,
  • les ancres de liens,
  • les descriptions et transcriptions de contenus.

Plus une marque est citée dans des contextes variés, plus elle est susceptible d’apparaître dans les réponses IA. Ce signal dépasse nettement l’influence des liens ou de l’autorité de domaine.

Pour le GEO, l’IA semble fonctionner comme un réseau de co-occurrences : ce qui est souvent nommé, comparé ou recommandé devient plus “mentionnable”.

Le mythe du volume de contenu déconstruit

C’est l’un des enseignements les plus importants en ce qui concerne les stratégies traditionnelles. Ahrefs observe une corrélation très faible (0,194) entre le nombre de pages d’un site et la visibilité IA.

Même constat pour :

  • le nombre de backlinks,
  • l’URL Rating.

Autrement dit, le “content dumping” ne fonctionne pas pour l’IA. Produire des centaines de pages, même optimisées, ne renforce pas mécaniquement la probabilité d’être cité par ChatGPT ou Google AI.

L’IA ne valorise pas la densité de contenu, mais la force de l’entité.

Google AI Mode : un moteur de consensus

Tous les assistants ne fonctionnent pas de la même manière. L’étude met en évidence une différence nette entre Google AI Mode et ChatGPT.

AI Mode est celui qui favorise le plus les marques déjà installées. Il affiche les corrélations les plus élevées avec les signaux de notoriété classique :

  • mentions web de marque : 0,709 ;
  • ancres de marque : 0,628 ;
  • volume de recherche de marque : 0,466 ;
  • trafic de marque : 0,357.

AI Mode agit comme un moteur de consensus : il cite ce que les internautes connaissent déjà et recherchent activement. Les ancres de marque, qui combinent intention éditoriale et reconnaissance, y jouent un rôle clé.

Pour une marque émergente, c’est le terrain le plus difficile à pénétrer.

ChatGPT : un point d’entrée plus accessible pour les challengers

À l’inverse, ChatGPT est le moins corrélé aux métriques d’autorité traditionnelles. Le Domain Rating n’y affiche qu’une corrélation de 0,266, et les signaux de trafic ou de backlinks y pèsent peu.

Cela en fait un canal plus accessible pour les DNVB, marques B2C émergentes et e-commerçants spécialisés. Une marque peu recherchée mais bien mentionnée dans des contextes sociaux, éditoriaux ou vidéo peut y trouver une visibilité qu’elle n’aurait pas encore sur Google.

Publicité et IA : un lien indirect mais révélateur

Autre enseignement notable : les mentions de marques dans ChatGPT sont plus corrélées aux indicateurs publicitaires que dans les produits Google.

Ce n’est pas un effet direct, ChatGPT ne vend pas de publicité, mais un effet de structure : les marques qui investissent fortement en Ads dominent aussi les contenus, comparatifs et discussions analysés par l’IA.

La publicité nourrit la notoriété, qui nourrit les mentions, qui nourrissent l’IA.

Une hiérarchie stable entre les IA

Malgré leurs différences, les assistants citent globalement les mêmes grandes marques. Les corrélations de sorties sont élevées :

  • AI Mode & AI Overviews : 0,821 ;
  • AI Mode & ChatGPT : 0,769 ;
  • ChatGPT & AI Overviews : 0,749.

Les chemins diffèrent, mais la hiérarchie reste proche.

Checklist GEO : ce qu’il faut retenir

À partir des 75 000 marques analysées, une feuille de route se dessine clairement pour 2026 :

  • Investir YouTube, en visant la citation verbale et textuelle (titres, descriptions, transcriptions), pas seulement la visibilité visuelle.
  • Multiplier les mentions éditoriales, même sans lien : guides, comparatifs, forums, articles spécialisés.
  • Prioriser ChatGPT si vous êtes une marque émergente : la barrière à l’entrée y est plus faible.
  • Arrêter le content dumping : le volume de pages n’améliore pas la visibilité IA.
  • Travailler la marque avant le SEO : l’IA valorise l’entité, pas l’optimisation mécanique.

En filigrane, l’étude Ahrefs montre que le GEO est un miroir de la notoriété réelle. Les IA ne créent pas la réputation des marques, elles la reflètent. Pour être cité par les machines, il faut d’abord exister dans les conversations humaines.