Amazon lance Alexa.com : L’interface qui veut remplacer la recherche Google et le SEO classique

Amazon lance Alexa.com L’interface qui veut remplacer la recherche Google et le SEO classique

Amazon ne se contente plus de faire parler Alexa dans le salon. Neuf mois après le lancement d’Alexa+, le groupe américain ouvre Alexa.com, une version web complète de son assistant, accessible depuis un simple navigateur. Une annonce en apparence fonctionnelle. En réalité, une bascule stratégique majeure.

Car avec Alexa.com, Amazon ne cherche plus seulement à répondre aux questions. Il veut agir à la place de l’utilisateur. Rechercher, comparer, réserver, acheter, planifier. Derrière cette évolution se dessine une ambition plus large : faire d’Alexa le système d’exploitation du quotidien, et à terme, un intermédiaire incontournable entre les consommateurs et les marques.

Alexa.com : l’IA sort de l’enceinte pour conquérir le desktop

Jusqu’ici, Alexa était cantonnée à la voix, aux enceintes connectées et aux usages domestiques. Avec Alexa.com, Amazon la propulse sur le terrain du desktop, là où se jouent aujourd’hui les usages professionnels, la planification, la recherche et la prise de décision.

L’interface se veut épurée, proche de ChatGPT, avec une grande zone de conversation centrale, une barre latérale de navigation et des accès directs aux fonctions clés : listes de courses, calendrier, maison connectée, fichiers partagés, historique des échanges. Sauf qu’ici, tout est nativement connecté au compte Amazon, aux services partenaires et aux appareils du foyer.

Alexa.com interface

Amazon revendique déjà des chiffres révélateurs depuis le lancement d’Alexa+ :

  • 2 fois plus de conversations
  • 3 fois plus d’achats
  • 5 fois plus de requêtes liées aux recettes et à la planification de repas

Autrement dit : quand l’IA devient actionnable, la conversion suit.

Pour Amazon, l’enjeu est aussi défensif. ChatGPT, Gemini et Copilot ont pris place sur le bureau des utilisateurs. Alexa.com est une riposte directe : pourquoi aller demander à une IA externe ce que l’écosystème Amazon peut exécuter de bout en bout ?

De l’IA générative à l’IA agentique : le vrai tournant

C’est ici que se joue la rupture. Amazon ne parle plus simplement d’IA générative, mais d’IA agentique. Autrement dit, une IA capable non seulement de produire du texte, mais de naviguer dans des systèmes, déclencher des actions, enchaîner des tâches.

On entre dans la logique des Large Action Models (LAM) : des modèles conçus pour exécuter des scénarios complexes dans le monde réel.

Exemple concret :
L’utilisateur demande : “Organise un dîner italien pour 4 ce samedi.”
Alexa :

  • propose un menu,
  • sélectionne des recettes,
  • ajoute les ingrédients au panier Amazon Fresh ou Whole Foods,
  • planifie la livraison,
  • peut même réserver un taxi via un partenaire.

Ce n’est plus une IA qui conseille. C’est une IA qui opère.

Des partenariats stratégiques orientés services et transaction

Amazon ne cache pas ses intentions. Alexa+ s’intègre désormais avec Expedia, Yelp, Angi et Square pour permettre :

  • la réservation de voyages,
  • la découverte et réservation de restaurants,
  • la planification de services à domicile,
  • la gestion de paiements et d’interactions avec des commerçants.

On voit se dessiner un modèle où Alexa devient une porte d’entrée universelle vers les services, bien au-delà du simple e-commerce.

Quand le contenu devient directement transactionnel

Amazon détaille plusieurs cas d’usage qui illustrent parfaitement cette logique.

La planification de repas, de la recommandation à l’achat

Alexa+ génère un menu hebdomadaire selon les préférences (protéines, sans sucre, enfants), transforme les recettes en liste d’ingrédients, puis ajoute automatiquement les produits au panier.

Le parcours est fluide, sans friction, sans comparaison manuelle.
La découverte, la décision et l’achat sont fusionnés.

La gestion administrative intégrée

L’utilisateur peut importer documents, emails et images dans Alexa.com. L’IA extrait les informations clés, met à jour le calendrier, et rappelle les éléments importants à la demande.

Pour le commerce, on entrevoit déjà les usages : factures, garanties, SAV, abonnements pourraient demain être gérés via l’assistant.

La maison connectée dans la même interface

Depuis la même fenêtre que la conversation, l’utilisateur peut :

  • voir qui est à la porte,
  • allumer les lumières,
  • régler le thermostat,
  • consulter ses caméras.

Alexa devient un tableau de bord unifié, mêlant information, contrôle et action.

Le divertissement comme levier de consommation

Alexa+ recommande des films, propose des marathons thématiques et peut lancer directement le contenu sur Fire TV.

Encore une fois, la logique est claire : contrôler la découverte pour contrôler l’usage et la consommation.

La continuité comme arme stratégique

Amazon insiste sur un point clé : le contexte est persistant. Les conversations, préférences et historiques suivent l’utilisateur d’un appareil à l’autre.

On commence une recherche sur Alexa.com au bureau, on la poursuit sur mobile, on finalise vocalement dans la cuisine. Tout est synchronisé.

Pour le marketing, c’est un graal :

  • personnalisation avancée
  • parcours d’achat continus
  • ciblage comportemental plus fin

Amazon construit une infrastructure où donnée, IA et commerce sont indissociables.

Une nouvelle interface du commerce est en train de s’imposer

Avec Alexa.com, Amazon ne lance pas un simple site. Il pose les bases d’un nouveau modèle d’interaction avec le commerce.

On ne cherche plus un produit.
On exprime un besoin.
Et l’IA s’occupe du reste.

Pour les e-commerçants, 2026 se prépare maintenant.
Ce sera l’année où l’IA ne sera plus un outil en back-office, mais une interface client à part entière.

Et Amazon, avec ses 600 millions d’appareils Alexa déjà vendus dans le monde, compte bien être au centre de cette interface.