10 questions à Sonia Mamin Pousset, Directrice des événements One to One

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photo sonia mamin pousset interview

Bonjour Sonia, c’est toujours un plaisir d’échanger avec vous sur E-Commerce Nation. Nous nous retrouvons aujourd’hui pour préparer un événement très spécial : la 15ème édition du One to One Retail E-Commerce Monaco, qui se tiendra du 10 au 12 mars 2026.

SOMMAIRE

1. Cette édition 2026 est symbolique puisqu’elle marque les 15 ans de l’événement. Quel regard portez-vous sur le chemin parcouru ?

« Quinze ans, dans le retail et le e-commerce, ce n’est pas anodin. Quand nous avons lancé One to One Retail E-Commerce, le digital était encore un chantier à part, souvent périphérique dans les organisations. Aujourd’hui, il structure l’ensemble de la chaîne de valeur. Ce que je retiens surtout, c’est la capacité de l’événement à rester aligné avec la réalité du terrain. Année après année, nous avons observé, documenté et accompagné les mutations du commerce, sans jamais céder à l’effet de mode.

L’événement est devenu un observatoire privilégié des transformations du secteur, mais aussi un outil de décision pour les dirigeants. Cet anniversaire n’est pas une célébration nostalgique, c’est la preuve que le modèle fonctionne parce qu’il évolue au même rythme que le marché. »

2. Le fil rouge de cette année est particulièrement intrigant : « Mutations – les nouveaux codes d’un commerce à trois voix ». Pouvez-vous nous expliquer ce concept ? Qui est cette fameuse « troisième voix » qui s’invite entre la marque et le client ?

« Le concept de « commerce à trois voix » repose sur une réalité désormais installée : le commerce n’est plus binaire. La relation directe marque ↔ client a évolué vers un modèle à trois acteurs, où une troisième voix s’impose durablement, celle des agents intelligents et de l’intelligence artificielle. Ces agents recommandent, comparent, filtrent l’information et influencent de plus en plus directement les décisions d’achat.

Cette intermédiation algorithmique bouleverse les règles établies. Les marques ne parlent plus uniquement à leurs clients, elles doivent aussi être comprises et valorisées par des systèmes d’IA qui structurent les parcours et la découverte des produits. Dans le même temps, les usages clients évoluent plus vite que les organisations, portés par l’IA générative. Sans adaptation des interfaces, des contenus et des parcours, le risque de désintermédiation devient concret.

Le commerce à trois voix dépasse donc la seule question technologique. Il impose de nouveaux codes, fondés sur trois exigences clés : la lisibilité pour les agents intelligents, la désirabilité pour les clients humains et la responsabilité dans les choix et recommandations. En 2026, c’est une réalité opérationnelle que les décideurs doivent maîtriser, et le cœur du fil rouge de cette édition. »

3. Le communiqué de l’événement souligne un décalage : les usages évoluent plus vite que les organisations. Comment le One to One compte-t-il aider les décideurs à combler ce fossé, notamment face à la montée en puissance de l’IA générative ?

« Le décalage entre la vitesse des usages et celle des organisations est aujourd’hui l’un des risques majeurs pour les acteurs du commerce. One to One Retail E-Commerce agit comme un accélérateur. En trois jours, les décideurs confrontent leurs projets à des solutions concrètes, à des retours d’expérience éprouvés et à des visions stratégiques claires. L’IA générative, par exemple, n’est pas abordée comme une promesse abstraite, mais comme un levier très concret de transformation des parcours clients, des organisations internes et des chaînes de valeur. Le format one to one permet de passer rapidement de l’inspiration à la décision, puis à l’action. »

4. Côté speakers, on sent une volonté de confronter des mondes très différents. Quel message souhaitez-vous faire passer ? 

« Nous avons volontairement construit le line-up comme une confrontation assumée entre automatisation et humanisation, parce que c’est exactement cette tension que vivent les décideurs aujourd’hui. D’un côté, des dirigeants qui pilotent des transformations à très grande échelle et partagent des retours d’expérience concrets, comme Thomas Métivier, PDG de Cdiscount, Laura Toledano pour Zalando ou Mehdi Hemici chez Accor, qui incarnent l’industrialisation de la data et de l’IA au service de la performance.

En miroir, nous donnons la parole à des profils qui interrogent le sens, les usages et les limites de cette automatisation. Camille Morvan apporte une lecture très fine de l’impact cognitif de l’IA sur les décideurs et la prise de recul stratégique. TikTok, avec Laurent Delahodde et Mehdi Meghzifene, décrypte les nouveaux codes de la découverte et de l’attention, tandis que Charlotte Souleau, directrice générale France de Back Market, questionne les arbitrages entre désirabilité, responsabilité et performance dans un contexte de contraintes fortes.

Le message est clair : le commerce de demain ne se construira ni contre la technologie, ni sans l’humain. Il se construit dans l’équilibre entre puissance des outils, compréhension des usages et décisions business éclairées. C’est cette complémentarité que nous avons voulu rendre visible à travers le programme. »

5. Avec la présence d’experts comme Élodie Gentina, on voit aussi un focus sur les générations Z et Alpha. Est-ce que le « commerce à trois voix » est une réponse directe aux attentes de ces nouvelles générations de consommateurs ?

« Les générations Z et Alpha accélèrent des transformations déjà à l’œuvre. Elles attendent des expériences fluides, personnalisées, responsables et sans friction. Elles sont aussi très à l’aise avec les intermédiaires technologiques. Le commerce à trois voix est donc une réponse directe à leurs attentes, mais il ne s’adresse pas qu’à elles. Il pose une question plus large : comment rester désirable pour des clients humains tout en étant pertinent pour des agents intelligents. C’est un enjeu transversal qui concerne l’ensemble des générations et des modèles économiques. »

6. Le format « One to One » (rendez-vous d’affaires) reste l’ADN de l’événement. Dans un contexte économique où chaque investissement est scruté, en quoi ce format est-il plus pertinent que jamais pour 2026 ? 

« Le format one to one est plus pertinent que jamais, précisément parce que chaque investissement est aujourd’hui mesuré et challengé. Ici, rien n’est laissé au hasard : chaque rendez-vous est préparé en amont, qualifié sur la base de projets réels et aligné avec des enjeux business identifiés. 

Concrètement, en trois jours, un décideur réalise ce qui lui prendrait habituellement six mois : sourcer, benchmarker, confronter les solutions, arbitrer et avancer vers la décision. Le format crée une véritable bulle business, qui permet de se concentrer pleinement sur ses projets, tout en multipliant les opportunités de networking à forte valeur ajoutée.

L’efficacité du modèle est mesurable. 85% des rendez-vous one to one se concrétisent par un contrat signé dans les six mois suivant l’événement. Ce chiffre résume parfaitement l’ADN de One to One Retail E-Commerce : faire gagner du temps, sécuriser les décisions et transformer des rencontres qualifiées en résultats concrets. »

7. On parle beaucoup de technologie, mais l’humain reste au centre. Quelles seront les initiatives ou les moments forts prévus pour favoriser le networking humain au milieu de toute cette IA ? 

« L’IA est très présente, mais toujours au service de l’humain et des rencontres. Nous l’utilisons pour fluidifier l’accès à l’information et accélérer la mise en relation, pas pour la remplacer. Un bon exemple est l’intégration de la solution Ekoo, qui permet à chaque partenaire de proposer un pitch audio généré automatiquement à partir de ses informations. Pour les décideurs, c’est un gain de temps immédiat : en quelques minutes, ils identifient les solutions pertinentes et peuvent déclencher plus facilement des rendez-vous one to one ou des prises de contact sur place.

Mais l’essentiel du networking se joue aussi en dehors des écrans. Les déjeuners, les soirées, les temps off et les activités proposées, comme le running ou le yoga, sont pensés pour créer des rencontres dans d’autres contextes, plus informels et plus humains. Monaco contribue pleinement à cette dynamique en installant une véritable bulle de trois jours, propice à la concentration, au lâcher-prise et aux échanges de qualité. C’est dans cet équilibre entre technologie et moments partagés que naissent les relations les plus durables. »

8. Le Village Startups est souvent le lieu où l’on découvre les pépites de demain. Avez-vous repéré des tendances ou des types de solutions qui dominent parmi les jeunes pousses cette année ? 

« Le Village Startups offre une lecture très nette des mutations en cours dans le retail et le e-commerce. La sélection 2026 réunit des solutions déjà opérationnelles, conçues pour s’intégrer rapidement dans des organisations complexes.

Sur la performance créative, Abyssale et AutoRetouch automatisent la production de visuels produits et marketing à grande échelle. Le pilotage business et data est adressé par Achille.AI, Keyban, Smalk AI, Metreecs et Humind, avec un objectif commun : transformer la donnée en décisions actionnables.

La relation client et le conversationnel occupent une place centrale avec Charlie, Dialog et Yuma AI, tandis que la conversion et la personnalisation sont portées par Just, Upsellr, Kahoona et Loyoly.

Deux autres signaux structurants émergent clairement : la visibilité des marques dans les environnements d’IA avec Getmint.ai, et la crédibilité de l’expérience avec Review Collect et Power.xyz. Enfin, les enjeux de responsabilité et de circularité sont incarnés par Prolong, Speeral et la traçabilité logistique avec Tratrack.

Cette sélection confirme une bascule nette : le Village Startups n’est plus un laboratoire d’idées, mais un concentré de briques clés du commerce à trois voix, prêtes à être déployées. »

9. Si on devait résumer cette 15ème édition en quelques chiffres clés (participants, rendez-vous, partenaires), à quoi devons-nous nous attendre ? 

« Nous attendons plus de 2 200 décideurs du retail et du e-commerce, avec plus de 9 000 rendez-vous one to one préparés en amont. La qualité du public est un point clé : 57 % des invités sont des CEO, dirigeants ou C-level, et 42 % occupent des fonctions senior directement impliquées dans les décisions stratégiques. Autrement dit, ce sont des profils qui décident, pas qui observent.

Côté secteurs, le cœur du retail est largement représenté, avec en tête la mode, les bijoux et accessoires, suivis par la maison, le bricolage et le jardin, puis la grande distribution et les grands magasins. Les entreprises présentes couvrent un large spectre de tailles, mais avec un point commun : des projets identifiés, des budgets engagés et une temporalité courte. Les attentes exprimées sont très claires : les décideurs viennent d’abord chercher des solutions d’expérience client et de fidélisation, puis des leviers d’acquisition, de marketing et de plateformes e-commerce. Les sujets de contenus, d’UX, de personnalisation et de data analytics arrivent au même niveau de priorité, signe d’une recherche d’impact rapide sur la conversion et la performance.

Ces chiffres traduisent l’ampleur de l’événement, mais surtout son efficacité. Chaque invité est sélectionné pour son rôle, son niveau d’implication et la maturité de ses projets. Chaque rendez-vous est ciblé, chaque contenu pensé pour être directement actionnable. One to One Retail E-Commerce n’est pas un événement de visibilité, c’est un outil de décision et d’accélération business. »

10. Pour le mot de la fin : si vous aviez un seul argument pour convaincre un décideur qui hésite encore à bloquer ses dates du 10 au 12 mars, quel serait-il ? 

« Si je devais donner un seul argument, ce serait celui-ci : en ne venant pas, un décideur prend le risque de subir les mutations du commerce plutôt que de les anticiper. One to One Retail E-Commerce, c’est l’opportunité de transformer une urgence stratégique en avantage compétitif, en un temps record. Trois jours pour comprendre, décider et agir. Aujourd’hui, c’est un luxe que peu d’organisations peuvent se permettre d’ignorer. »

Merci beaucoup Sonia pour cet éclairage. Rendez-vous est pris pour célébrer ces 15 ans de mutations au Grimaldi Forum en mars prochain !