E-commerce mondial 2026 : Tendances et chiffres clés

E-commerce mondial 2026 : Tendances et chiffres clés

Le e-commerce mondial franchira en 2026 un seuil inédit : 5,31 trillions de dollars de revenus, selon le rapport Global E-Commerce Compass 2026 publié par ECDB. Après la séquence expansion pré-Covid, pic pandémique, puis normalisation, le marché entre dans une phase plus stable : +8,6% en 2026, après +7,8% en 2025.

Pour les e-commerçants, la dynamique reste positive, mais plus exigeante. La croissance est là. Elle est simplement plus concentrée, plus compétitive et plus réglementée.

Les 4 enseignements clés du rapport ECDB 2026

  • 5 310 milliards de dollars de chiffre d’affaires mondial en 2026 (+8,6%).
  • Chine et États-Unis pèsent 64% du marché mondial.
  • Les marketplaces capteront près de 70% des ventes en ligne.
  • Ralentissement de la fast fashion et émergence de l’“Agentic Commerce”.

1. Une croissance supérieure au retail et au PIB

En 2026, l’e-commerce mondial progressera de +8,6%. À titre de comparaison :

  • Croissance du retail : ~2%
  • Croissance du PIB mondial : ~3,1%

L’écart reste significatif. Le transfert des dépenses offline vers online continue.

Les principaux moteurs structurels identifiés par ECDB :

  • Arrivée de nouveaux acheteurs, notamment dans les marchés émergents
  • Hausse de la fréquence d’achat des clients existants
  • Poursuite du basculement offline → online

Régionalement :

  • Europe : +8,5% en 2026
  • Amériques : +7,7%
  • Asie : +9%
  • Afrique : +15,4%

L’Europe bénéficie d’un effet de rattrapage après plusieurs années sous tension inflationniste; Aux États-Unis, en revanche, les arbitrages budgétaires et les incertitudes tarifaires pèsent davantage sur les biens discrétionnaires.

Revenus du e-commerce des 5 principaux pays par continent en 2026

2. Hyper-concentration : Chine et États-Unis dominent

La géographie du e-commerce mondial reste dominée par deux pays.

En 2026 :

  • Chine : 2 220 Mds$ (42% du marché mondial)
  • États-Unis : 1 174 Mds$ (22%)

À eux deux, ils représentent 64% du marché mondial.

Derrière :

  • Royaume-Uni : 189 Mds$
  • Inde : 157 Mds$
  • Allemagne : 134 Mds$
  • France : 84 Mds$
Top 10 pays en termes de revenus e-commerce

L’Asie concentre 55% du chiffre d’affaires mondial, contre 27% pour les Amériques et 17% pour l’Europe.

Pour les acteurs européens, le défi est clair : soit devenir un spécialiste fort sur une niche, soit s’intégrer aux grandes infrastructures internationales.

3. Marketplaces : la domination continue (avec nuances par catégorie)

La part des marketplaces dans le chiffre d’affaires mondial passe de 62,7% en 2021 à 69,9% en 2026.

Mais la progression varie fortement selon les catégories :

  • Produits alimentaires (ou PGC) : 61,9% → 77,8%
  • Meubles et équipement de la maison : 57,8% → 72%
  • Produits d’hygiène et de soin : 67% → 74,7%
  • Bricolage : 43,8% → 49,6%
Part de marché dans les revenus du e-commerce par catégorie

Le bricolage reste la catégorie la moins pénétrée par les marketplaces. La logistique lourde, la technicité des produits et le conseil jouent encore en faveur des acteurs spécialisés.

À l’inverse, les segments à forte largeur d’assortiment et à comparabilité élevée (alimentaire, maison, soin) basculent massivement vers les plateformes.

Pour les marchands D2C, cela renforce une réalité : le contrôle de la marque, de la data et de la marge devient stratégique.

4. Mode et Électronique : toujours les piliers du marché

En 2026, les deux premières catégories mondiales restent :

  • Mode : 1 412 Mds$
  • Électronique : 1 210 Mds$

Elles représentent à elles seules près de la moitié des ventes mondiales.

Derrière :

  • Hobby & Loisirs : 721 Mds$
  • Alimentaire : 580 Mds$
  • Produits d’hygiène et de soin : 555 Mds$
  • Meubles et équipement de la maison : 483 Mds$
  • Bricolage (DIY) : 353 Mds$

Ces volumes expliquent pourquoi la pression réglementaire et douanière sur la fast fashion et l’électronique importée a un impact macro sur le marché.

5. Shein et Temu : la fin de l’hypercroissance

ECDB montre un net ralentissement des deux acteurs chinois.

  • Shein : 70,0 Mds$ de GMV en 2026, croissance +6,5%
  • Temu : 88,1 Mds$ de GMV en 2026, croissance +17,5%
Shein et Temu Chiffre d'affaires évolution

Temu a connu une phase d’expansion exceptionnelle entre 2022 et 2025 (CAGR +536,9%). Le ralentissement prévu en 2026 marque un changement d’environnement.

La cause est multiple :

Ces éléments font écho aux évolutions fiscales attendues en 2026 (suppression de la franchise douanière européenne). Les modèles basés sur le fractionnement de colis à très bas prix deviennent plus fragiles.

ECDB note d’ailleurs que :

  • Shein défend son modèle vertical intégré (77% de son GMV issu de la mode en 2025)
  • Temu évolue vers un modèle hybride marketplace (41% de GMV mode)

Le pivot de Temu vise à diversifier l’offre et réduire sa dépendance à la fast fashion pure.

6. Agentic Commerce : l’IA entre dans la boucle transactionnelle

Le rapport consacre sa dernière partie à une évolution stratégique : l’“Agentic Commerce”.

L’idée : l’IA générative ne se limite plus à la recherche d’information. Elle devient un intermédiaire transactionnel.

Les implications sont majeures :

Agentic Commerce - trafic et Taux de conversion

Pour les marchands, cela soulève une nouvelle question : comment optimiser son catalogue pour être recommandé par un agent IA et non plus uniquement par Google ou une marketplace ?

Le SEO évolue : il ne s’agit plus seulement de plaire à un moteur de recherche, mais à un système d’aide à la décision automatisé.

Mon Analyse : un marché plus mature, plus exigeant

Le rapport ECDB 2026 ne signale pas un retournement, mais une mutation.

Trois signaux forts émergent :

  1. La croissance reste solide mais normalisée (8-9%).
  2. La concentration s’accentue autour de quelques pays et plateformes.
  3. La régulation et l’IA redessinent la chaîne de valeur.

La période où la croissance compensait les inefficacités est derrière nous. En 2026, la performance reposera davantage sur :

  • La maîtrise des coûts
  • La conformité réglementaire
  • La qualité de l’infrastructure technologique
  • La capacité à exister dans un environnement dominé par marketplaces… et désormais par agents IA.

Le e-commerce mondial dépasse les 5 000 milliards de dollars. Mais l’enjeu n’est plus seulement de croître. Il est de rester visible, rentable et crédible dans un écosystème de plus en plus filtré par les plateformes et les algorithmes.