Airwallex veut bâtir l’infrastructure financière de l’économie pilotée par l’IA

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Airwallex annonce une nouvelle levée de fonds sur la base d’une valorisation de 11 milliards de dollars, dans un contexte que son cofondateur et CEO, Jack Zhang, présente comme un moment décisif pour la finance mondiale. Selon l’entreprise, ce financement doit permettre d’accélérer la construction d’une nouvelle couche intelligente au-dessus de son infrastructure financière internationale.

Dans sa communication, Airwallex défend une idée simple : à l’ère de l’IA, les entreprises n’auront plus réellement de marché domestique. Les outils d’intelligence artificielle permettent déjà à de petites équipes, voire à des fondateurs seuls, d’opérer plus vite et plus loin. Mais, cette mondialisation accélérée suppose une infrastructure capable de gérer les paiements, les devises, la conformité et les flux transfrontaliers.

L’IA réduit l’écart entre startups et entreprises déjà établies

Selon Jack Zhang, l’intelligence artificielle réduit l’écart opérationnel entre une entreprise disposant de ressources importantes et un fondateur équipé d’un ordinateur et d’une bonne idée. Des fonctions qui nécessitaient auparavant des équipes entières, parfois réparties dans plusieurs pays, deviennent progressivement accessibles grâce aux agents IA.

Airwallex estime que cette transformation va modifier la manière dont les nouvelles entreprises se développent à l’international. Dans cette vision, les fondateurs de demain ne commenceront pas forcément par consolider un marché local avant d’ouvrir progressivement de nouveaux pays. Ils pourront signer un premier client à San Francisco, s’approvisionner à Séoul ou contracter à Lagos avant même de recruter leur premier salarié à temps plein.

Pour les acteurs du e-commerce, ce raisonnement est particulièrement parlant. La capacité à vendre, encaisser, payer des fournisseurs et se conformer à des règles locales dans plusieurs marchés devient une condition de croissance dès les premiers mois d’activité. L’internationalisation n’est plus seulement une étape de maturité : elle peut devenir une réalité opérationnelle dès le lancement.

L’infrastructure financière reste le point dur

Airwallex insiste toutefois sur une limite : les problèmes financiers internationaux ne se règlent pas uniquement avec un prompt. Déplacer de l’argent entre pays, gérer des comptes multidevises ou rester conforme dans plusieurs juridictions nécessite des licences, des relations bancaires et des intégrations directes avec des réseaux de paiement locaux.

L’entreprise rappelle avoir passé dix ans à construire cette infrastructure. Elle revendique aujourd’hui plus de 85 licences, des intégrations directes avec 160 réseaux de paiement locaux et des capacités de paiement vers plus de 200 pays.

Ces éléments constituent le socle sur lequel Airwallex veut désormais bâtir de nouveaux produits liés à l’IA. L’objectif affiché n’est plus seulement d’aider les entreprises à gérer leurs flux internationaux, mais d’ajouter une couche intelligente capable d’automatiser une partie des opérations financières.

T:0, une finance autonome dès le premier jour

La première annonce concerne T:0, une plateforme présentée par Airwallex comme un projet autonome conçu pour gérer la fonction finance d’une entreprise de bout en bout.

Contrairement à des systèmes existants auxquels l’IA aurait été ajoutée après coup, T:0 est présenté comme une plateforme pensée dès le départ pour fonctionner comme une couche de finance agentique. Elle doit permettre d’automatiser plusieurs tâches financières qui structurent la vie d’une entreprise.

Les principaux champs mentionnés par Airwallex sont :

  • La tenue comptable ;
  • Mes prévisions financières ;
  • La fiscalité ;
  • La conformité ;
  • Le reporting.

Selon l’entreprise, l’objectif est de fournir aux fondateurs des comptes de niveau CFO dès le premier jour, avec la conformité intégrée et sans migration nécessaire.

T:0 est porté par Lance Co Ting Keh, arrivé chez Airwallex via l’acquisition d’OpenPay. L’article précise qu’il a passé plus de dix ans à construire des systèmes d’IA appliquée et à diriger des équipes de recherche et d’ingénierie chez Google X, Cresta et Box. La plateforme est actuellement en bêta privée et doit être rendue plus largement disponible dans les prochaines semaines.

Airi, un checkout pensé pour le commerce agentique

La deuxième annonce concerne Airi, lancé cette semaine comme solution de checkout en un clic. Airwallex indique que le produit a permis une hausse de conversion de 14% pour les marchands lors des premiers tests.

Mais l’entreprise présente Airi comme une première étape vers un projet plus large : un wallet consommateur destiné au commerce agentique. Selon Airwallex, les systèmes d’IA commencent déjà à exécuter des achats et à déplacer des fonds au nom d’entreprises. Dans ce contexte, l’économie agentique aurait besoin d’un portefeuille capable de servir de conduit régulé et mondial pour permettre aux agents IA d’accéder à des fonds et d’effectuer des transactions.

À terme, Airi doit intégrer l’émission de cartes agentiques, des limites de dépenses, des contrôles de permission et des soldes multidevises. Couplé à l’Agentic Commerce Suite d’Airwallex, qui vise à rendre les produits plus transactionnels pour les agents, Airi doit permettre aux marchands de rendre le commerce agentique plus concret et de développer des revenus récurrents.

Une levée de fonds pour accélérer cette nouvelle ère

La levée de fonds annoncée par Airwallex est menée par Addition, avec la participation de Baillie Gifford, Hummingbird, QED Investors, T. Rowe Price, Hedosophia, Haun Ventures et Amex Ventures.

Pour Airwallex, ce financement intervient à un moment où l’infrastructure bâtie au cours des dix dernières années devient particulièrement adaptée aux besoins de l’économie agentique. L’entreprise considère que l’IA ouvre la possibilité à davantage d’entrepreneurs de bâtir des entreprises mondiales, mais que cette promesse dépend directement de la capacité à gérer les opérations financières sous-jacentes.

L’enjeu, pour les e-commerçants et entreprises numériques, est donc moins théorique qu’il n’y paraît. Si les agents IA deviennent capables d’acheter, d’opérer et de gérer des flux financiers, les marchands devront disposer d’outils capables de traiter les paiements, les devises, les autorisations et les règles locales dans des environnements plus automatisés.

Airwallex cherche précisément à se positionner sur cette couche d’infrastructure. L’entreprise ne présente pas l’IA comme un simple ajout fonctionnel, mais comme un changement dans la manière dont les entreprises seront créées, financées, opérées et développées à l’international.