Amazon investit 400 millions d’euros dans quatre nouveaux sites logistiques en France

Amazon investit 400 millions d’euros dans quatre nouveaux sites logistiques en France

Amazon poursuit son offensive dans l’Hexagone. À l’occasion du sommet Choose France 2026, Amazon a annoncé l’ouverture de trois nouveaux sites logistiques en Pays de la Loire, en Île-de-France et en Nouvelle-Aquitaine. Avec le futur centre de distribution prévu à Ensisheim, en Alsace, ces projets représentent plus de 400 millions d’euros d’investissements et devraient générer plus de 3 000 emplois en CDI.

Une annonce qui s’inscrit dans le vaste programme de 15 milliards d’euros d’investissements d’Amazon pour contrer l’offensive de Temu et Shein d’ici 2028. Pour Amazon, l’enjeu dépasse largement l’ouverture de nouveaux entrepôts : il s’agit désormais de densifier son réseau français afin de conserver son avantage logistique dans un marché où la rapidité de livraison devient un facteur de différenciation majeur.

Amazon accélère son maillage territorial

Alors que le groupe avait déjà annoncé début mai la création de plus de 7 000 emplois supplémentaires en France, ce nouveau volet vient renforcer une stratégie engagée depuis plusieurs années : rapprocher les stocks des bassins de consommation pour réduire les délais de livraison et améliorer l’efficacité opérationnelle.

Amazon n’a pas encore dévoilé l’ensemble des localisations des nouveaux sites annoncés lors de Choose France. Toutefois, selon les informations relayées par Ouest-France et la presse locale, le futur site des Pays de la Loire devrait être implanté à Derval, en Loire-Atlantique, au sein du parc d’activités des Estuaires. Une localisation loin d’être anodine, située à proximité de grands axes routiers reliant Nantes, Rennes et l’ouest du territoire.

Les trois nouvelles implantations viendront compléter le futur centre de distribution d’Ensisheim, dans le Haut-Rhin, dont l’ouverture est prévue à l’horizon 2027. Ensemble, ces quatre sites représentent l’un des plus importants investissements logistiques annoncés en France ces dernières années.

Jean-Baptiste Thomas, directeur général d’Amazon France, justifie cette stratégie :
« Ces nouveaux investissements traduisent notre confiance dans le potentiel économique des territoires. En implantant des sites au plus près des bassins de consommation, nous créons des emplois localement, réduisons les délais de livraison, diminuons notre empreinte environnementale et contribuons directement à la vitalité économique des régions françaises. »

Une réponse directe à l’évolution du e-commerce mondial

Depuis plusieurs années, le marché est confronté à une montée en puissance d’acteurs capables de combiner prix agressifs, profondeur d’offre et rapidité de livraison. Temu, Shein ou encore TikTok Shop modifient progressivement les attentes des consommateurs européens.

Face à cette pression concurrentielle, Amazon poursuit une stratégie de proximité logistique. Chaque nouveau centre permet de raccourcir les distances parcourues par les colis, d’améliorer la disponibilité des stocks et de mieux absorber les pics d’activité générés par les événements commerciaux comme le Prime Day ou le Black Friday.

Cette logique rejoint également l’intégration verticale menée autour d’Amazon Surface Transportation Services (ASCS), une offensive logistique B2B qui menace directement les géants comme UPS et FedEx. Depuis plusieurs années, Amazon cherche à contrôler un nombre croissant d’étapes de sa chaîne logistique, du stockage jusqu’au transport longue distance et à la livraison finale.

Pour les e-commerçants, cette stratégie illustre une tendance de fond : la logistique devient progressivement un avantage concurrentiel aussi déterminant que le prix ou l’acquisition client.

Plus de 8 000 emplois créés grâce au plan d’investissement

Avec cette nouvelle annonce, Amazon affirme que son programme d’investissement portera à plus de 8 000 le nombre de CDI créés en France.

L’entreprise met en avant une politique de recrutement accessible à des profils variés. Aucun diplôme n’est requis pour les postes d’agents logistiques, qui bénéficient d’une formation dès leur prise de fonction. Amazon indique que le salaire brut d’entrée dépasse aujourd’hui les 2 000 euros mensuels et peut atteindre plus de 2 500 euros après deux ans, en intégrant le treizième mois et les primes annuelles.

Au-delà des métiers liés à la préparation de commandes, le groupe souligne également ses besoins dans des domaines comme la maintenance industrielle, la robotique, la mécatronique, la sécurité, les ressources humaines ou encore l’analyse de données.

Depuis 2021, plus de 5 500 salariés des sites logistiques auraient bénéficié d’un accompagnement vers des formations diplômantes ou certifiantes. Amazon prévoit également d’investir 50 millions d’euros supplémentaires dans la formation et le développement des compétences en France d’ici 2030.

Amazon défend un modèle logistique de proximité

L’entreprise met également en avant les bénéfices environnementaux associés à cette densification de son réseau.

Selon Amazon, le fait de rapprocher les stocks des consommateurs permet de réduire les distances parcourues lors du dernier kilomètre. Le groupe cite notamment l’exemple du centre de distribution d’Augny, près de Metz. D’après ses données internes, la distance moyenne parcourue par les colis en sortie de site aurait diminué de 25%, permettant d’éviter environ 81 grammes de CO₂ par colis expédié.

Parallèlement, Amazon poursuit le développement de solutions de transport à faibles émissions. Dans plus de vingt villes françaises, l’entreprise affirme que plus de deux colis sur trois sont désormais livrés via des véhicules électriques, des vélos-cargos ou des tournées piétonnes. Le groupe investit également dans le transport ferroviaire et intermodal pour ses flux longue distance.

Une infrastructure qui profite aussi aux PME françaises

Au-delà de ses propres activités, Amazon rappelle que son réseau logistique soutient également les vendeurs tiers présents sur sa marketplace.

Aujourd’hui, plus de 60% des produits vendus sur Amazon.fr proviendraient de vendeurs indépendants, dont une majorité de PME. L’extension du réseau logistique permet à ces entreprises d’accéder plus facilement aux services de stockage, de préparation et de livraison proposés par le groupe.

Amazon revendique désormais plus de 30 milliards d’euros investis dans l’économie française depuis 2010, plus de 25 000 salariés en CDI répartis sur plus de 35 sites et plus de 900 millions d’euros d’impôts directs versés en 2024.