Carrefour : le e-commerce progresse de 18%, mais la fin d’année s’annonce plus difficile

Carrefour : le e-commerce progresse de 18%, mais la fin d’année s’annonce plus difficile

Le e-commerce progresse de 18% au troisième trimestre 2026 chez Carrefour. Le distributeur affiche parallèlement une hausse de 2,3% de ses ventes à magasins comparables et réalise 22,78 milliards d’euros de chiffre d’affaires. En France, l’activité progresse de 1,2%, avec un rebond marqué des anciens magasins Cora et Match.

Ces chiffres commerciaux plutôt favorables n’empêchent toutefois pas Carrefour d’aborder le dernier trimestre avec davantage de prudence. Le groupe revoit plusieurs de ses objectifs financiers pour 2026, invoquant une détérioration des conditions de consommation et d’exploitation en France au moment où débute une période particulièrement importante pour le commerce.

En bref : les chiffres clés de Carrefour au T3 2026

  • 22,78 milliards d’euros de chiffre d’affaires au troisième trimestre ;
  • +2,3% à magasins comparables pour le groupe ;
  • +1,2% en France, +2,1% en Espagne et +1,4% au Brésil ;
  • +18% pour le e-commerce au niveau du groupe ;
  • +15% pour le e-commerce en France ;
  • +6,1% pour les anciens magasins Cora et Match ;
  • plus de 500 produits concernés par une baisse de prix moyenne de 8% en France depuis août ;
  • investissements annuels désormais attendus à 1,6 milliard d’euros, contre 1,7 milliard auparavant.

Le e-commerce progresse de 18%

Le digital fait partie des activités qui se distinguent au troisième trimestre. Carrefour annonce une croissance de 18% du e-commerce au niveau du groupe, accompagnée de gains de parts de marché dans ses pays prioritaires.

En France, la progression atteint 15%, avec de nouveaux gains annoncés sur le Drive et la livraison à domicile. Carrefour poursuit parallèlement la digitalisation de ses magasins : 28 hypermarchés français sont désormais équipés de la solution Vusion, qui combine étiquettes électroniques, rails connectés et caméras afin de détecter avec l’IA les ruptures, écarts de prix ou erreurs d’implantation.

Cette dynamique prolonge la stratégie observée depuis le début de l’année. Nous avions notamment analysé les résultats de Carrefour au T1 2026, ses investissements sur les prix et ses ambitions dans le commerce agentique.

Nous sommes également revenus sur les transformations engagées par le groupe dans notre Journal du E-Commerce :

Cora et Match deviennent moteurs de croissance en France

Carrefour réalise 11,9 milliards d’euros de ventes en France au troisième trimestre, en progression de 1,2% à magasins comparables. Tous les formats progressent, mais les performances diffèrent fortement entre le parc historique et les enseignes récemment intégrées.

Les hypermarchés progressent ainsi de 0,6%. Derrière ce chiffre, les magasins historiques reculent de 0,6%, tandis que les anciens Cora affichent +7,3%. Même contraste dans les supermarchés : Carrefour Market progresse de 1%, contre +3,4% pour Match. Au total, les anciens réseaux Cora et Match enregistrent une croissance de 6,1%.

Le groupe poursuit en parallèle sa politique tarifaire. Une nouvelle vague de baisses a été lancée en août sur plus de 500 produits, avec une réduction moyenne de 8%. Carrefour indique que cette politique contribue à améliorer son image prix et à faire progresser son NPS de deux points.

Pourquoi Carrefour devient plus prudent pour la fin de l’année

Malgré la croissance des ventes, Carrefour revoit ses ambitions financières. Le groupe prévoit désormais une progression de sa marge opérationnelle de 0 à 15 points de base, contre 25 points précédemment.

Le résultat net ajusté par action devrait être stable ou légèrement supérieur à 2025, alors que Carrefour visait auparavant une croissance dans le haut de la fourchette à un chiffre. Le cash-flow libre net est désormais attendu en léger recul et les investissements sont ramenés de 1,7 à 1,6 milliard d’euros.

Carrefour évoque notamment en France une baisse de fréquentation de certains magasins urbains, des réductions d’horaires d’ouverture ainsi qu’une hausse des coûts liés à la sécurité et à la logistique. Alexandre Bompard souligne que la fin d’année constitue une période « critique pour le commerce », tout en maintenant la feuille de route stratégique du groupe.

L’analyse de Lilian : le +18% du e-commerce ne raconte pas toute l’histoire

Le chiffre de +18 % pour le e-commerce est évidemment celui qui retient mon attention. Mais il devient surtout intéressant lorsqu’on le rapproche de la révision des objectifs financiers.

Pour un retailer, faire progresser fortement ses ventes en ligne ne suffit pas. Il faut regarder ce que cette croissance coûte réellement : préparation des commandes, livraison à domicile, promotions, acquisition, disponibilité des produits et marge générée.

Carrefour semble justement travailler les deux côtés de l’équation : développer le Drive et la livraison tout en automatisant davantage les opérations en magasin et en améliorant la disponibilité des produits.

Le rebond de Cora et Match mérite également d’être suivi. Après une intégration compliquée, ces magasins affichent désormais une croissance nettement supérieure au parc historique. Le quatrième trimestre permettra de voir si Carrefour peut transformer cette dynamique commerciale, et notamment celle du e-commerce, en amélioration durable de sa rentabilité.