Google Shopping : les produits gratuits disparaissent presque totalement des résultats en Europe

Google Shopping : les produits gratuits disparaissent presque totalement des résultats en Europe

Google vient de modifier en profondeur la manière dont les produits apparaissent dans ses résultats de recherche européens. Depuis la mi-septembre 2026, les listings produits gratuits et les carrousels organiques de Google Shopping ont quasiment disparu dans l’Espace économique européen, dont la France.

Selon Productrise, qui suit chaque jour plusieurs milliers de requêtes commerciales, la présence de ces carrousels a chuté de 90 à 100% en quelques jours en France, Allemagne, Belgique, Pays-Bas et Suède. Leur fréquence est tombée presque à zéro autour des 15 et 16 septembre, alors que les mêmes formats restent stables au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Australie.

Évolution de la présence des carrousels produits organiques dans Google Search. Les pays de l’EEE chutent presque à zéro autour des 15 et 16 septembre, contrairement aux marchés hors EEE. Source : Productrise.
Évolution de la présence des carrousels produits organiques dans Google Search. Source : Productrise.

Ce que Google Shopping vient réellement de supprimer

Il faut d’abord distinguer ces résultats des annonces Shopping payantes.

Les formats concernés sont les free product listings, c’est-à-dire des produits que Google pouvait afficher dans Search sans facturer le marchand au clic. Sur une recherche comme « chaussures running homme », l’internaute pouvait voir un carrousel avec photos, prix, noms de produits et boutiques avant même d’ouvrir Google Shopping.

Historiquement, Productrise estime qu’environ 85% des requêtes commerciales suivies par sa plateforme déclenchaient au moins un carrousel produit organique. Dans les pays européens concernés, cette présence s’est désormais effondrée.

Cela ne signifie pas que Google Shopping disparaît en Europe. Les annonces payantes restent présentes, et Google conserve d’autres formats permettant aux marchands et comparateurs de faire remonter des produits.

Le DMA change la présentation des résultats e-commerce

Cette évolution est liée aux adaptations de Google au Digital Markets Act européen.

Le 8 septembre, Google a ajouté à sa documentation Search Central une section consacrée aux différences régionales dans ses résultats. Le groupe y détaille notamment de nouvelles expériences destinées aux pays concernés, avec des unités d’agrégateurs, de fournisseurs directs et différents formats de carrousel.

Dans la pratique, les anciens blocs « Popular products » sont désormais remplacés sur de nombreuses requêtes par des unités mettant davantage en avant des sites de comparaison de prix.

Productrise observe ainsi l’apparition de blocs « Comparison Sites », dans lesquels plusieurs comparateurs peuvent être proposés à l’utilisateur. Celui-ci doit potentiellement passer par une étape supplémentaire avant d’arriver chez le marchand.

Un problème de visibilité pour les petits e-commerçants

Pour un retailer déjà très connu, perdre ces carrousels peut être partiellement compensé par le trafic direct, le référencement des pages catégories ou les campagnes Shopping.

La situation peut être plus délicate pour un petit marchand. Les listings gratuits permettaient à une fiche produit de gagner de la visibilité directement dans Google grâce à son prix, son image et ses données Merchant Center, sans disposer nécessairement d’un domaine extrêmement puissant en SEO.

Cette porte d’entrée se réduit fortement.

Le risque est donc que davantage de visibilité produit passe désormais par trois chemins : les annonces payantes, les comparateurs et les résultats SEO classiques.

Les pages catégories pourraient retrouver de l’importance

La disparition des anciens carrousels ne signifie pas non plus qu’il faut abandonner Google Merchant Center ou les données structurées.

Google continue de développer d’autres surfaces liées aux produits et documente désormais plusieurs formats spécifiques pour les fournisseurs et agrégateurs dans l’EEE.

Pour les équipes SEO et acquisition, l’évolution pousse surtout à rééquilibrer les priorités : maintenir des flux produits propres, travailler les données structurées, renforcer les pages catégories et surveiller précisément l’évolution des clics organiques.

Le SEO e-commerce pourrait ainsi redevenir davantage dépendant de l’architecture du catalogue et de la puissance des pages catégories, là où les anciens carrousels permettaient à certaines fiches produits d’obtenir directement une exposition importante.

Les Shopping Ads restent, elles, bien visibles

Le contraste est particulièrement important pour les marchands : alors que les listings gratuits reculent fortement, les formats Shopping sponsorisés continuent d’apparaître dans les SERP européennes.

Pour les responsables acquisition, la question devient donc rapidement économique. Une baisse de visibilité organique va-t-elle obliger les marchands à acheter davantage de trafic pour retrouver la même exposition produit ?

La réponse dépendra de la manière dont les clics se redistribueront entre SEO classique, comparateurs, Shopping Ads et autres surfaces de Google.

L’analyse de Lilian : mesurer avant de compenser avec du paid

Ce changement mérite d’être surveillé de près, mais je n’augmenterais pas immédiatement les budgets Google Ads pour compenser.

La première étape consiste à regarder les données : impressions produits, clics organiques et trafic par catégorie avant et après le 15 septembre. Il faut identifier précisément les marchands et familles de produits qui dépendaient le plus de ces carrousels.

Le changement est particulièrement intéressant parce qu’il touche une surface utilisée sur une large part des requêtes commerciales. Si la baisse se confirme dans le temps, elle pourrait modifier directement le coût d’acquisition de certains e-commerçants.

La visibilité produit dans Google n’a donc pas disparu. Mais l’accès gratuit et direct à cette visibilité vient de devenir nettement plus difficile en Europe.