Shippingbo rachète Baback et étend sa logistique e-commerce jusqu’aux retours

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Shippingbo rachète Baback et étend sa logistique e-commerce jusqu’aux retours

Shippingbo élargit son terrain de jeu au post-achat. Le groupe toulousain annonce ce 17 septembre 2026 l’acquisition de Baback, plateforme strasbourgeoise spécialisée dans la gestion des retours e-commerce. Il s’agit de la première acquisition de Shippingbo depuis l’entrée de Main Capital Partners à son capital en octobre 2025.

L’opération complète une suite déjà centrée sur la gestion des commandes, de l’entrepôt et du transport. Avec Baback, Shippingbo veut désormais couvrir davantage la boucle logistique, de la commande initiale jusqu’au remboursement, à l’échange, au réassort ou à la remise en vente d’un produit retourné.

Le rapprochement intervient alors que Baback affiche une forte progression : la société est passée de 72 000 retours traités en 2023 à plus de 1,3 million attendus en 2026, soit une multiplication par 18 en trois ans. Fondée en 2022, elle accompagne aujourd’hui plus de 260 marques, parmi lesquelles Polène, Soeur, Balzac Paris et Eden-Park.

Shippingbo complète son OMS, WMS et TMS avec le post-achat

Jusqu’ici, Shippingbo concentrait son offre autour de trois briques : l’OMS pour orchestrer les commandes, le WMS pour gérer les opérations d’entrepôt et le TMS pour organiser le transport. La plateforme revendique également plus de 200 intégrations avec des CMS, marketplaces, transporteurs et autres outils du e-commerce.

Baback vient compléter cette architecture sur un point souvent traité séparément : le retour produit.

Sa plateforme en marque blanche automatise le parcours depuis la demande formulée par le consommateur jusqu’au remboursement, tout en orchestrant le transport. Elle permet aussi aux marques de proposer un échange ou un avoir plutôt qu’un remboursement, avec l’objectif de préserver une partie du chiffre d’affaires généré par la commande initiale.

Le rapprochement vise notamment à limiter les transferts manuels entre service client et équipes logistiques. En connectant davantage les données de retour aux informations provenant de l’entrepôt, Shippingbo et Baback veulent donner aux marchands une vision plus continue du cycle de vie de la commande.

Le retour devient une donnée logistique, pas seulement un sujet de SAV

C’est probablement le point le plus intéressant pour les e-commerçants.

Dans de nombreuses organisations, le flux aller et le flux retour restent gérés dans deux systèmes différents. Le service client autorise un retour, le transporteur récupère le produit, puis l’entrepôt doit identifier son état et déterminer s’il peut être remis en stock, reconditionné ou orienté vers un autre circuit.

En rapprochant les deux plateformes, Shippingbo veut notamment fluidifier le réassort et la remise en vente, en neuf comme en seconde main.

Raphaël Touati et Benoît Tallandier, cofondateurs de Baback, expliquent vouloir ainsi « récupérer directement l’information depuis l’entrepôt » afin d’obtenir une vision complète du parcours, « de la commande au retour ».

Pour un retailer, l’enjeu ne se limite donc pas à accélérer le remboursement. Il s’agit aussi de réduire le temps pendant lequel un article retourné reste immobilisé sans pouvoir être remis à la vente.

Baback veut sortir de la mode et accélérer en Europe

Baback s’est jusqu’ici principalement développée auprès des acteurs de la mode et du prêt-à-porter, secteur particulièrement exposé aux retours. La société indique avoir financé sa croissance sans levée de fonds depuis sa création.

Son intégration à Shippingbo doit lui permettre d’élargir progressivement son activité à d’autres catégories de produits et à de nouveaux marchés européens.

Les deux entreprises ne partent pas de zéro : elles indiquent déjà partager plusieurs clients utilisant quotidiennement l’intégration entre leurs plateformes.

Pour Shippingbo, l’opération s’inscrit dans une ambition plus large de construction d’un groupe logiciel européen couvrant davantage la chaîne d’exécution e-commerce. Main Capital Partners évoque notamment la possibilité d’exploiter la nouvelle boucle de données allant de la commande au retour, y compris à travers de futurs usages liés à l’intelligence artificielle.

Une première acquisition qui ouvre la stratégie de croissance externe de Shippingbo

L’acquisition de Baback constitue surtout le premier mouvement de croissance externe depuis l’arrivée de Main Capital Partners.

Romain Parent, cofondateur de Shippingbo, explique vouloir construire une plateforme capable de maximiser « la rentabilité des marchands et la satisfaction des consommateurs » sur des canaux allant des sites de marque aux marketplaces, ventes flash, réseaux sociaux et magasins physiques.

La logique industrielle apparaît assez lisible : Shippingbo gère déjà l’exécution de la commande sortante, tandis que Baback récupère le flux lorsqu’un client décide de retourner son produit.

Shippingbo veut faire du retour une brique intégrée de la logistique e-commerce

Avec l’acquisition de Baback, Shippingbo étend donc son périmètre au-delà de l’expédition pour couvrir davantage le post-achat et la logistique retour. Le rapprochement doit permettre de mieux connecter service client, transport, entrepôt, réassort et remboursement au sein d’un même parcours.

Pour les marchands, l’intérêt sera surtout opérationnel : réduire les manipulations manuelles, accélérer la remise en stock des produits retournés et proposer plus facilement des alternatives au remboursement, comme l’échange ou l’avoir.

Cette première acquisition depuis l’entrée de Main Capital Partners au capital ouvre aussi une nouvelle phase pour Shippingbo, qui affiche désormais l’ambition de construire une plateforme logistique plus complète à l’échelle européenne.