Mode : en septembre, les ventes chutent de 17,6%, le e-commerce dévisse de 15,9%

Mode : en septembre, les ventes chutent de 17,6%, le e-commerce dévisse de 15,9%

Après un été déjà décevant, le marché français de l’habillement décroche nettement à la rentrée. En septembre 2026, les enseignes suivies par le panel Retail Int. pour l’Alliance du Commerce enregistrent une baisse de 17,6% de leur chiffre d’affaires en magasin par rapport à septembre 2025.

Cette fois, le digital n’amortit pas le choc : les ventes en ligne reculent elles aussi de 15,9%. Une rupture nette avec juillet et août, période durant laquelle le e-commerce avait encore progressé de 3,7%. Pour les retailers, septembre cumule recul du trafic, météo défavorable aux collections automne-hiver et pression accrue sur le pouvoir d’achat.

En bref : les chiffres clés de la mode (Septembre 2026)

  • -17,6% de chiffre d’affaires en magasin ;
  • -15,9% de ventes en ligne ;
  • -13,3% de fréquentation des points de vente ;
  • -27,4% sur le segment enfant ;
  • -20,2% pour le segment grand public ;
  • -45% sur les grosses pièces femme, contre +24% pour les shorts ;
  • depuis janvier : -4,7% en magasin, -1,8% en ligne et -3,8% de fréquentation.

Le panel Retail Int. pour l’Alliance du Commerce couvre plus de 70 enseignes d’habillement et plus de 10 000 magasins.

La chaleur décale les achats de rentrée

L’un des premiers facteurs avancés par l’Alliance du Commerce est météorologique. Septembre 2026 a été le deuxième mois de septembre le plus chaud depuis 1900, avec très peu de pluie.

Pour les enseignes de mode, l’effet se retrouve directement dans les catégories achetées. Chez la femme, les ventes de grosses pièces chutent de 45%, tandis que celles des shorts progressent encore de 24% sur un an.

Le contraste avec l’été est particulièrement marqué. Dans notre précédent bilan consacré au marché de la mode, nous avions constaté que les ventes en magasin avaient reculé de seulement 1,9 % en juillet et août, tandis que le e-commerce progressait de 3,7 %. Septembre ne prolonge donc pas simplement cette tendance : il marque une nette aggravation de la baisse.

La mode enfant chute de 27,4 % au pire moment

Le calendrier rend la contre-performance particulièrement sensible. La rentrée scolaire représente 14% des ventes annuelles des enseignes de vêtements pour enfants. Or ce segment chute de 27,4% en septembre.

La baisse touche également le positionnement grand public, en recul de 20,2%. L’Alliance du Commerce pointe parallèlement l’augmentation des prix de l’énergie, à +21,2% sur un an, qui réduit le pouvoir d’achat et peut aussi limiter certains déplacements vers les zones commerciales périphériques.

Retail parks, centres commerciaux, centre-ville : tous les formats reculent

Aucun type d’emplacement n’échappe à la baisse, mais son ampleur varie fortement.

EmplacementÉvolution du CA en septembre
Zones commerciales / retail parks-23,4%
Centres commerciaux de périphérie-16,9%
Centres commerciaux de centre-ville-13,8%
Outlets-12%
Commerces sur rue en centre-ville-11,1%
Paris-6,4%

Les zones commerciales et retail parks subissent ainsi la baisse la plus importante. Selon l’Alliance du Commerce, ces destinations pâtissent notamment de leur dépendance aux déplacements en voiture et d’une clientèle grand public davantage exposée aux arbitrages budgétaires.

Paris résiste mieux, avec un recul limité à 6,4%, notamment grâce à l’activité touristique.

Le e-commerce ne joue plus son rôle d’amortisseur

La différence avec juillet est particulièrement nette. Pendant les fortes chaleurs estivales, les ventes en ligne avaient progressé de 7,3%, laissant apparaître un report partiel du magasin vers Internet.

En septembre, ce mécanisme disparaît : le web chute de 15,9%, presque aussi fortement que le commerce physique.

Au cumul depuis janvier, les ventes digitales sont désormais en baisse de 1,8%, contre -4,7% pour les magasins. Lorsque les deux canaux reculent simultanément, le sujet dépasse donc l’arbitrage entre online et offline : il touche directement la demande, l’assortiment, le stock et la capacité des enseignes à préserver leur marge.

L’Alliance du Commerce alerte aussi sur le coût du travail

Face à cette dégradation, l’organisation professionnelle adresse un avertissement explicite au Gouvernement.

Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du Commerce, estime que septembre affiche sa « plus mauvaise performance depuis cinq ans » et prévient qu’un nouveau mois de cette ampleur pourrait placer certaines enseignes dans une situation très difficile.

L’Alliance demande notamment de ne pas alourdir davantage le coût du travail, en particulier via une éventuelle réduction des allègements de cotisations sociales sur les bas salaires.

Pour les enseignes de mode, déjà confrontées à la baisse des ventes, au coût des stocks et aux plans d’économies mentionnés par l’organisation, la question devient directement financière et RH à l’approche du quatrième trimestre.