Wero arrive sur le e-commerce français : Decathlon, Lidl, Leclerc et Veepee suivront cet automne

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Wero arrive sur le e-commerce français Decathlon, Lidl, Leclerc et Veepee suivront cet automne

Après deux ans consacrés principalement aux paiements entre particuliers, Wero prépare son arrivée dans les checkouts des e-commerçants français. Une vingtaine de marchands européens doivent intégrer la solution d’ici novembre ou décembre, avec plusieurs enseignes déjà annoncées : Decathlon, Lidl, Air France-KLM, E.Leclerc, Veepee, Kiabi ou encore HelloAsso.

Le premier usage commercial français est apparu début septembre chez Sosh, mais dans un cadre différent : certains abonnés peuvent régler leur facture mobile via Wero depuis leur application bancaire. Il ne s’agit donc pas encore d’un bouton « Payer avec Wero » dans un tunnel d’achat e-commerce.

Pour EPI, le consortium bancaire à l’origine de Wero, l’étape française consiste désormais à transformer une base déjà importante d’utilisateurs P2P en utilisateurs du paiement marchand.

Un bouton Wero directement dans le checkout

Pour les e-commerçants, la nouveauté la plus visible sera l’apparition d’un bouton « Payer avec Wero », dans une logique proche de PayPal ou Apple Pay.

bouton payer avec Wero site e-commerce

La différence se trouve dans l’infrastructure. Wero repose sur un paiement account-to-account (A2A) : l’argent est transféré directement du compte bancaire du client vers celui du marchand, sans passer par les réseaux Visa ou Mastercard.

EPI facturera bien une commission au commerçant, mais affirme pouvoir proposer un coût inférieur à celui d’un paiement par carte. En France, plusieurs grandes enseignes doivent rejoindre le dispositif cet automne. EPI promet par ailleurs aux marchands un coût de transaction inférieur à celui de la carte : Fabrice Le Gall, responsable France d’EPI, a évoqué auprès de LSA un écart pouvant aller de 20% à 60% selon le profil du commerçant. Il ne s’agit pas encore d’une grille tarifaire publique, mais l’ordre de grandeur est désormais posé.

Nous avions déjà analysé les premiers déploiements de Wero chez Decathlon, qui permettent aussi de mieux comprendre le fonctionnement de cette alternative européenne.

Le test allemand a déjà commencé

Le lancement français n’est pas un saut dans l’inconnu. Wero est disponible pour le paiement en ligne en Allemagne depuis novembre 2025, avec notamment Decathlon, Lidl et Veepee.

Autrement dit, plusieurs enseignes annoncées pour la France ont déjà expérimenté l’intégration sur un autre marché européen. La question n’est donc plus seulement de savoir si la technologie fonctionne, mais si son adoption peut se reproduire dans un marché français très habitué à la carte bancaire et aux wallets existants.

La base utilisateurs constitue également un avantage : Wero revendique aujourd’hui 57 millions d’utilisateurs P2P, après être passé d’environ 43 millions d’utilisateurs actifs en août 2025 à 56 millions en juillet 2026.

86% veulent une solution européenne mais le national reste préféré

Le nouveau baromètre EPI/Kantar apporte un signal favorable à Wero : 86% des Français considèrent important de disposer d’une solution de paiement développée en Europe, contre 82% en moyenne dans les cinq pays étudiés.

Mais ce chiffre mérite d’être nuancé. Lorsque plusieurs options existent, 61% des Français privilégient une solution nationale, contre seulement 20% qui donnent la priorité à une solution européenne.

La souveraineté compte donc, mais elle ne suffit pas à elle seule à créer une préférence automatique pour Wero.

La sécurité reste d’ailleurs le premier sujet : 73% des Français citent la fraude et la sécurité parmi leurs principales inquiétudes. Les banques bénéficient ici d’un capital confiance important, avec 77% des Français qui leur font confiance, contre 64% pour les réseaux de cartes et 44% pour les géants technologiques.

Nous avions détaillé cette bataille dans notre analyse de l’arrivée de Wero chez BoursoBank.

Wero prépare déjà l’après-checkout

EPI ne s’arrête pas au paiement en ligne. Le consortium prévoit également des paiements en magasin, des services de fidélité, des paiements récurrents et la gestion d’abonnements.

À plus long terme, Wero doit aussi absorber des infrastructures déjà très implantées : Payconiq au Luxembourg et iDEAL aux Pays-Bas, dont la migration est prévue d’ici 2027. Ce dernier représente environ 72% des e-commerçants néerlandais et près de 1,5 milliard de transactions annuelles.

L’ambition dépasse donc l’adoption organique d’un nouveau wallet : EPI cherche aussi à construire son échelle en réunissant des usages déjà existants sous une même infrastructure européenne.

Nous avions également consacré un épisode du Journal du E-Commerce à cette bataille du paiement, disponible sur YouTube :

L’analyse de Lilian : le vrai test français sera la conversion au checkout

À mes yeux, Wero ne doit plus démontrer qu’il peut fonctionner techniquement. Le paiement marchand tourne déjà en Allemagne et le service dispose de dizaines de millions d’utilisateurs P2P.

Le défi français sera plus commercial : transformer cette notoriété bancaire en réflexe d’achat.

Pour les marchands, trois indicateurs compteront réellement : le coût par transaction, le taux d’adoption au checkout et le taux de conversion. La souveraineté peut faciliter la confiance, mais elle ne remplacera jamais une expérience de paiement plus rapide ou plus économique.

Le sujet devient donc intéressant à partir de cet automne : Decathlon, Lidl, Leclerc ou Veepee permettront de mesurer si Wero peut devenir en France autre chose qu’un outil de virement entre particuliers et commencer à prendre une place durable face à la carte, PayPal et Apple Pay.

Sources : Frandroid, 4 septembre 2026 ; Numerama, 3 septembre 2026