E-commerce France T2 2026 : les Français commandent plus, mais dépensent moins à chaque achat
Le e-commerce français accélère, mais les 52,2 milliards d’euros dépensés au deuxième trimestre 2026 ne racontent qu’une partie de l’histoire. Selon les chiffres publiés par la FEVAD le 21 septembre, les ventes en ligne progressent de 8,5% sur un an, après +4,7% au premier trimestre.
Le changement le plus intéressant pour les marchands se trouve ailleurs : 874 millions de transactions ont été réalisées en trois mois, soit +13,5%, alors que le panier moyen recule de 4,3% à 59,70 euros. Les consommateurs continuent donc d’acheter davantage sur Internet, mais fractionnent plus leurs dépenses.
En bref : Les chiffres clés du T2 2026
- 52,2 milliards d’euros de ventes en ligne au T2 2026, soit +8,5% sur un an
- +6,6% de croissance du e-commerce sur l’ensemble du premier semestre 2026
- 874 millions de transactions, en progression de 13,5%
- Un panier moyen de 59,70 euros, en baisse de 4,3%
- Les ventes du panel iCE 100 ont progressé de 12,2% en juin, avant de ralentir à +4,8% en juillet
- Le sport affiche la plus forte progression sectorielle du trimestre avec +16,2%
Un deuxième trimestre porté par un mois de juin atypique
La hausse de 8,5% du marché doit être replacée dans son contexte. La Fevad souligne notamment l’effet d’un mois de juin particulièrement dynamique, porté à la fois par les promotions et plusieurs épisodes de fortes chaleurs.
Dans le panel iCE 100, composé de plus d’une centaine de grands sites marchands et qui n’intègre ni Shein ni Temu, les ventes de produits aux particuliers ont progressé de 12,2% en juin. Les consommateurs se sont notamment tournés vers les équipements de rafraîchissement et de climatisation.
Le rebond ne s’est toutefois pas poursuivi avec la même intensité. En juillet, la croissance des ventes de produits du panel est retombée à 4,8%. Sur les sept premiers mois de l’année, elle atteint 6,8 %, ce qui rapproche la trajectoire de 2026 de celle observée au second semestre 2025.
Pour retrouver une vision plus large du marché, nous avons également regroupé les principaux chiffres clés du e-commerce en France en 2026.
Sport, maison, électroménager : quels secteurs progressent le plus ?
La croissance ne repose pas uniquement sur les achats liés aux fortes chaleurs. La majorité des secteurs suivis par le panel iCE 100 progressent au deuxième trimestre.
| Secteur | Évolution au T2 2026 |
|---|---|
| Sport, vêtements et matériel | +16,2% |
| Textile de maison | +12,2% |
| Tech et électroménager | +8,5% |
| Beauté | +7,4% |
Ces chiffres montrent que le dynamisme du trimestre dépasse les seuls achats saisonniers. La Fevad souligne également les performances du canal digital chez les enseignes historiquement issues du commerce physique. En juin, dans les produits techniques et l’électroménager, la croissance des ventes en ligne des enseignes disposant de magasins a dépassé de plus de 50% le rythme moyen du secteur.
Le digital devient ainsi un relais de croissance pour des retailers qui combinent désormais recherche en ligne, disponibilité des stocks, magasin, Click & Collect et livraison dans un même parcours d’achat.
874 millions de commandes : la croissance change de nature
C’est probablement l’indicateur le plus important pour les e-commerçants. Les 874 millions de transactions enregistrées au deuxième trimestre représentent une hausse de 13,5%, nettement supérieure à celle du chiffre d’affaires.
Dans le même temps, le panier moyen passe sous les 60 euros, à 59,70 euros.
Pour un marchand, davantage de commandes ne signifie pas automatiquement davantage de rentabilité. Chaque transaction déclenche potentiellement des coûts de paiement, de préparation, d’emballage, de livraison, de service client et de retour. Lorsque la valeur du panier diminue, ces coûts fixes prennent mécaniquement davantage de poids.
Marc Lolivier, délégué général de la Fevad, rappelle ainsi que « la baisse du panier moyen rappelle que le pouvoir d’achat reste au cœur des arbitrages ».
Le travail sur les seuils de livraison gratuite, le cross-sell, les lots ou encore le nombre de produits par commande devient donc d’autant plus important.
Un marché en croissance, mais des audiences qui se recomposent
La hausse de 8,5 % du e-commerce au deuxième trimestre ne profite pas de la même façon à tous les acteurs. Le dernier baromètre d’audience e-commerce du T2 2026 montre qu’en parallèle de la progression globale du marché, plusieurs grandes plateformes voient leur audience évoluer fortement.
Le cas le plus marquant est Temu, qui passe de 24,4 à 21,3 millions de visiteurs uniques mensuels en trois mois, soit une baisse de 12,7%. Shein gagne trois places dans le classement mais son audience reste quasiment stable autour de 15,5 millions de visiteurs, tandis qu’AliExpress recule également. À l’inverse, Vinted entre dans le Top 5 avec 20,1 millions de visiteurs mensuels.
Ces chiffres ne mesurent pas les ventes mais l’audience des sites et applications. Ils complètent donc, sans les remplacer, les données de chiffre d’affaires de la Fevad. Ils montrent surtout qu’un marché en croissance peut connaître en parallèle une redistribution de la fréquentation entre plateformes.
Pour les e-commerçants, la lecture doit donc aller au-delà du seul +8,5%. Audience, fréquence de visite, conversion et panier moyen peuvent évoluer dans des directions différentes. C’est leur combinaison qui permet de comprendre quels acteurs captent réellement la croissance du marché.
Le e-commerce progresse, mais chaque commande pèse davantage sur la rentabilité
Le deuxième trimestre confirme que les Français n’abandonnent pas le e-commerce : ils réalisent au contraire beaucoup plus de transactions. Mais la baisse simultanée du panier moyen modifie l’équation économique pour les marchands.
L’enjeu des prochains mois sera moins de suivre uniquement la croissance du chiffre d’affaires que de savoir combien coûte réellement chaque commande supplémentaire et quelle marge elle génère. Le retour à +4,8% en juillet rappelle aussi que le pic de juin ne doit pas être considéré comme un nouveau rythme de croisière.
Lilian Grandrie-Kalinowski
COO chez E-Commerce Nation depuis plus de 7 ans. Passionné par l’écosystème e-commerce et retail, Lilian pilote l’acquisition chez E-Commerce Nation depuis 2019. Fort d’une vision 360° du secteur, il transforme les données complexes en insights actionnables pour les décideurs. Auteur de plus de 350 articles de référence sur le média, il est une voix reconnue du e-commerce en France.
