Chiffres e-commerce France 2026 : la Fevad dresse le bilan d’un marché à 196,4 milliards d’euros
Le e-commerce français approche désormais la barre symbolique des 200 milliards d’euros. Dans son édition 2026 des chiffres clés du secteur, la Fevad dresse le portrait d’un marché français qui a changé de dimension : plus fréquent, plus mobile, plus concentré, plus international, mais aussi davantage travaillé par l’IA, les marketplaces, le paiement fractionné et la seconde main.
En 2025, les ventes en ligne de produits et services ont atteint 196,4 milliards d’euros, en progression de 7% sur un an. Le marché a enregistré 3,2 milliards de transactions, soit une hausse de 11%, avec 42,2 millions de cyberacheteurs en France. En moyenne, chaque acheteur a réalisé 75 achats en ligne sur l’année, pour 4 657 euros dépensés, avec un panier moyen désormais établi à 62 euros.
Ces chiffres prolongent la dynamique observée dans notre analyse du e-commerce en France au T1 2026, où le marché montrait déjà une croissance portée par les services, la hausse du nombre de transactions et l’intensification des usages numériques. Ils complètent aussi notre précédent décryptage des chiffres clés du e-commerce en France en 2025, en montrant que la normalisation post-inflation ne signifie pas ralentissement du canal digital.
En bref : les chiffres clés du e-commerce en France en 2026
- 196,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires e-commerce en France en 2025, soit +7% sur un an.
- 3,2 milliards de transactions réalisées en ligne, en hausse de 11%.
- 42,2 millions de cyberacheteurs de plus de 15 ans, soit 72,9% des particuliers de cette tranche d’âge.
- 75 achats en ligne par acheteur en moyenne sur l’année, pour 4 657 euros dépensés.
- 158 200 sites marchands actifs recensés, avec une forte concentration du chiffre d’affaires autour des plus grands acteurs.

Un marché B2C porté par la fréquence d’achat, plus que par le panier moyen
La donnée la plus importante de cette édition n’est pas seulement le chiffre d’affaires. C’est la manière dont il est généré. La croissance du e-commerce français repose désormais moins sur l’envolée du panier moyen que sur l’augmentation de la fréquence d’achat. La Fevad souligne que les Français achètent plus souvent en ligne, alors même que la pression sur les prix pèse sur le panier moyen, désormais fixé à 62 euros.
Cette évolution est caractéristique d’un marché arrivé à maturité. Le e-commerce n’est plus seulement un canal d’achat ponctuel, utilisé pour des produits techniques ou des périodes promotionnelles. Il devient une habitude intégrée au quotidien, sur des montants parfois plus faibles, mais avec une fréquence plus élevée.
La Fevad indique d’ailleurs que 50% des transactions sont inférieures à 30 euros, ce qui confirme la banalisation des achats en ligne dans les usages courants.
Dans le détail, la croissance repose sur deux dynamiques complémentaires :
- Les services atteignent 120,3 milliards d’euros, en hausse de 9%.
- Les ventes de produits progressent de 4%, à 76,1 milliards d’euros.
- La reprise des commandes de produits non alimentaires, amorcée en 2024, se poursuit.
- Les services conservent une dynamique solide, notamment dans le voyage, le transport et les loisirs.

Ce redémarrage des produits est important : après la pression inflationniste des années précédentes, il confirme que le e-commerce retrouve de la vigueur sur les achats physiques, sans dépendre uniquement du voyage, du transport ou des services numériques.
Le e-commerce pèse 12% du commerce de détail, mais beaucoup plus dans certains secteurs
La part globale du e-commerce dans le commerce de détail est estimée à 12% en 2025, hors carburants, pharmacies, articles médicaux et orthopédiques. Mais cette moyenne cache des écarts très marqués selon les univers. Sur les principaux segments non alimentaires, le digital représente déjà près de 30% de l’activité.
Les catégories les plus digitalisées illustrent cette maturité :
- Équipement de la maison : 32% de part de marché en ligne.
- Habillement : 30%, notamment porté par la seconde main.
- Jouets : 30%.
- Meubles : 23,8%.
- Produits de grande consommation : 9,3%, soit 13,1 milliards d’euros.
- Hygiène-beauté : 14,9%.
Cette lecture sectorielle est essentielle pour les retailers. Le e-commerce n’avance plus comme un bloc homogène : certains marchés sont déjà très digitalisés, tandis que d’autres conservent une marge de progression importante. L’enjeu n’est donc pas seulement d’être présent en ligne, mais d’adapter son modèle à la maturité digitale de chaque catégorie : assortiment, pricing, disponibilité, expérience mobile, livraison, retours et capacité à exploiter les marketplaces.
Produits et services achetés en ligne en 2025 : les secteurs qui tirent le e-commerce français
Au-delà de la part du digital dans le commerce de détail, l’étude Fevad permet aussi de comprendre quels types d’achats structurent réellement le e-commerce français. Les produits physiques restent tirés par des univers désormais bien installés en ligne : mode, high-tech, maison, beauté, produits culturels ou seconde main. Leur point commun : ils répondent à des usages où la comparaison, le prix, la disponibilité et la largeur de choix jouent un rôle central dans la décision d’achat.

Les services restent, eux, un moteur majeur du marché. Voyage, transport, billetterie, abonnements, services numériques ou livraison à domicile participent à un e-commerce de plus en plus orienté vers l’usage, et non plus seulement vers l’achat de produits. Cette dynamique explique pourquoi les services représentent désormais une part majoritaire du chiffre d’affaires e-commerce en France.
Cette fragmentation confirme une tendance : la performance e-commerce dépend de moins en moins d’une recette unique. Chaque catégorie impose désormais sa propre équation entre prix, service, confiance, disponibilité et expérience d’achat.
Les marketplaces consolident leur rôle dans les ventes de produits
La Fevad confirme aussi la place prise par les places de marché dans le e-commerce français. En 2025, les marketplaces représentent 32% du volume d’affaires des ventes e-commerce de produits. Elles restent particulièrement fortes dans les univers où le choix, la comparaison et la profondeur d’offre sont déterminants.
Les cinq premières catégories de produits achetées sur les marketplaces sont :
- High-tech : 25% du volume d’affaires.
- Vêtements, chaussures et accessoires : 17%.
- Électroménager, meubles, décoration et linge de maison : 17%.
- Bricolage et jardin : 11%.
- Jeux, jouets, sports et loisirs : 8%.
Cette montée des marketplaces transforme la concurrence. Pour beaucoup de marques, elles sont devenues à la fois un canal d’acquisition, un outil d’écoulement et un environnement de visibilité. Dans un marché où le coût d’acquisition progresse, les marketplaces renforcent leur rôle d’intermédiaires puissants entre les marques et les consommateurs.
42,2 millions de cyberacheteurs et un usage mobile qui gagne du terrain
Le socle d’acheteurs continue de s’élargir. La France compte 42,2 millions de cyberacheteurs de plus de 15 ans, soit 72,9% des particuliers de plus de 15 ans. Sur la tranche des 16-74 ans, le taux atteint 80%. La progression reste modérée, avec 600 000 acheteurs supplémentaires sur un an, mais elle confirme que le e-commerce est déjà massivement installé dans la population française.
L’autre bascule concerne les écrans. L’ordinateur reste utilisé par 76% des e-acheteurs, mais le mobile atteint désormais 69%, en hausse de 7 points, tandis que 55% des e-acheteurs sont multi-écrans. La Fevad observe que le smartphone s’impose comme un canal transactionnel majeur, en particulier auprès des jeunes générations.
Pour les e-commerçants, cette donnée a des conséquences directes. Le mobile ne peut plus être traité comme une déclinaison du site desktop. Il devient un environnement d’achat à part entière, avec ses contraintes : vitesse de chargement, lisibilité des fiches produits, paiement simplifié, navigation courte, formats visuels adaptés et réassurance immédiate.
Dans un marché où le panier moyen baisse, la fluidité mobile devient un levier de conversion décisif.
Les acteurs se multiplient, mais le marché reste très concentré
La France compte plus de 158 000 sites marchands actifs, en hausse de 7% au quatrième trimestre 2025 par rapport au quatrième trimestre 2024. Ce chiffre illustre la vitalité du secteur, mais aussi son intensité concurrentielle. La Fevad souligne en parallèle une forte concentration des audiences et des volumes d’affaires autour de quelques grandes plateformes.
Le classement des sites e-commerce en nombre de clients montre le poids des grands acteurs :
- Amazon : 24 millions de clients, soit 57,5% de pénétration.
- Vinted : 10,8 millions de clients, soit 25,9%.
- E.Leclerc : 10,1 millions de clients, soit 24,2%.
- Fnac : 9,6 millions de clients, soit 23,2%.
- Cdiscount : 9,3 millions de clients, soit 22,3%.
Cette concentration crée un paradoxe. Le marché est ouvert, avec une multitude de sites actifs, mais la valeur reste fortement captée par les grands acteurs. La Fevad indique que près de 69% des sites réalisent moins de 100 000 euros de chiffre d’affaires annuel, tandis que les sites dépassant 10 millions d’euros ne représentent qu’un peu plus de 1% des acteurs, mais génèrent plus de 78% du chiffre d’affaires du secteur.
Pour les PME e-commerce, cette réalité impose une stratégie plus fine. Il ne suffit plus d’ouvrir un site et d’acquérir du trafic. Il faut trouver une position claire : niche, expertise produit, service, communauté, logistique différenciante, marque forte ou capacité à vendre sur plusieurs canaux.
Paiement, livraison : les standards de confiance se déplacent
Les comportements de paiement confirment la diversification des attentes. La carte bancaire reste dominante, utilisée par 92% des cyberacheteurs. Mais les moyens alternatifs sont désormais bien installés.
Les principaux moyens de paiement utilisés sur internet sont :
- Carte bancaire : 92%.
- Points de fidélité, bons d’achat ou cartes cadeaux : 76%.
- Portefeuille numérique : 57%.
- Prélèvement par carte : 48%.
- Virement bancaire : 43%.
- Paiement fractionné : 21%.
Le paiement fractionné mérite une attention particulière. Selon la Fevad, 51% des cyberacheteurs ont déjà eu recours au paiement en plusieurs fois en ligne. Le paiement fractionné en 3 ou 4 fois est le plus utilisé, avec 77% des utilisateurs du paiement fractionné, devant les crédits supérieurs à trois mois, utilisés par 21%.
Côté livraison, le domicile reste le mode le plus fréquent, avec :
- 54% des livraisons effectuées à domicile
- Les alternatives hors domicile représentent 46% des livraisons
- En termes d’usage, 77% des e-acheteurs ont déjà utilisé la livraison à domicile, contre 76% pour le retrait en point relais
International : les e-commerçants français restent tournés vers l’Europe
L’international reste un levier important pour les marchands français. En 2026, 65% des e-commerçants français sont présents à l’international, même si ce chiffre recule par rapport à 2025. Parmi eux, 39% vendent dans plus de dix pays et 77% anticipent une hausse de la part de leur chiffre d’affaires réalisée à l’étranger dans les deux prochaines années.
Les destinations restent très européennes :
- Belgique : 91%.
- Espagne : 78%.
- Allemagne : 69%.
- Italie : 60%.
Cette géographie confirme que l’internationalisation des marchands français se fait d’abord par proximité culturelle, logistique et réglementaire. Avant de chercher des marchés plus lointains, les e-commerçants français privilégient des pays où les coûts d’adaptation, les contraintes linguistiques et les schémas de livraison restent plus maîtrisables.
IA et commerce agentique : le nouveau chantier stratégique
L’édition 2026 de la Fevad consacre une place importante à l’intelligence artificielle et au commerce agentique. Côté marchands, 94% des dirigeants de sites e-commerce interrogés déclarent avoir déjà recours à une ou plusieurs solutions basées sur l’IA générative. L’IA est considérée comme l’innovation la plus prometteuse à trois ans, avec 98% d’avis favorables, devant le commerce agentique (69%) et le Buy Now Pay Later (65%).

Les domaines jugés les plus prometteurs pour l’IA sont :
- Relation client : 85%.
- Marketing : 84%.
- E-logistique : 32%.
- Sécurité et fraude : 31%.
- Paiement : 14%.
Cette hiérarchie montre que les e-commerçants utilisent d’abord l’IA là où elle peut produire rapidement des gains visibles : support client, personnalisation, création de contenus, campagnes marketing et automatisation opérationnelle.
Côté consommateurs, près d’un cyberacheteur sur trois utilise déjà l’IA lors de ses achats en ligne. Les usages se concentrent surtout avant l’achat : recherche d’informations, comparaison de produits, sélection adaptée aux besoins ou analyse des avis consommateurs. La Fevad note que les étapes transactionnelles restent encore plus limitées, ce qui confirme que le commerce agentique est en phase d’adoption, mais pas encore de bascule massive.
La seconde main s’installe comme un usage durable
La Fevad confirme également l’ancrage de la seconde main dans les usages e-commerce. En 2025, 41,4% des cyberacheteurs ont acheté au moins un produit d’occasion au cours des douze derniers mois. Le phénomène reste particulièrement visible dans les produits culturels, la mode, les jeux-jouets, les produits techniques et l’électroménager.
Cette dynamique explique en partie la place de Vinted dans le classement des sites les plus fréquentés. Mais elle traduit surtout une évolution plus large : le neuf et l’occasion ne s’opposent plus systématiquement. Dans plusieurs univers, une part importante d’acheteurs combine les deux.
Pour les retailers, cela ouvre des pistes en matière de reprise, reconditionné, offres circulaires, services de garantie et fidélisation.
Mon Analyse : le e-commerce français n’est plus un canal, c’est une infrastructure commerciale
Les chiffres 2026 de la Fevad montrent un marché français à la fois mature et encore dynamique. Le e-commerce pèse près de 200 milliards d’euros, il touche plus de 42 millions d’acheteurs, génère 3,2 milliards de transactions et soutient 234 000 emplois.
Mais la vraie lecture stratégique est ailleurs. Le e-commerce n’est plus seulement un canal de vente. Il devient une infrastructure commerciale complète, qui connecte acquisition, paiement, livraison, marketplaces, international, IA, seconde main et data produit. Le marché continue de croître, mais il se complexifie.
Pour les e-commerçants, l’enjeu 2026 ne sera donc pas simplement de “faire plus de digital”. Il faudra mieux arbitrer : vendre en direct ou via marketplace, automatiser sans perdre la relation client, proposer plus d’options de paiement sans fragiliser la marge, accélérer à l’international sans complexifier la logistique, intégrer l’IA sans rendre son modèle dépendant de plateformes externes.
La croissance reste là. Mais elle ne se captera plus avec les mêmes méthodes. Dans un marché plus fréquent, plus mobile, plus fragmenté dans les usages et plus concentré dans la valeur, les gagnants seront ceux qui sauront combiner trois actifs : une marque identifiable, une donnée produit fiable et une expérience d’achat sans friction.
Lilian Grandrie-Kalinowski
COO chez E-Commerce Nation depuis plus de 7 ans. Passionné par l’écosystème e-commerce et retail, Lilian pilote l’acquisition chez E-Commerce Nation depuis 2019. Fort d’une vision 360° du secteur, il transforme les données complexes en insights actionnables pour les décideurs. Auteur de plus de 350 articles de référence sur le média, il est une voix reconnue du e-commerce en France.
