Nous le savons, les boutiques physiques et celles entièrement digitalisées sont des canaux de ventes bien distincts. Pourtant, il n’est pas rare que des commerçants souhaitent créer leur e-commerce dans le but de venir transmettre leur ADN en ligne. 

À première vue, la digitalisation de son commerce peut paraître archaïque et complexe pour un commerçant qui a toujours eu sa place en physique. Malgré tout, de nombreux vendeurs ont sauté le pas. Cependant, comment mettre en place ce développement ? Comment complémentariser le physique et le digital ? Quels sont les points à ne pas négliger ?

Pour répondre à ces questions et connaître leurs motivations, les obstacles ou encore les avantages que leur donne une présence en ligne, nous avons rencontré Hugues Leproux, co-fondateur de l’entreprise La Garçonnière et Eric Nemo, fondateur de l’entreprise Noyoco.
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Du pop up store à l’e-commerce, le lifestyle au masculin par La Garçonnière

La gent féminine semble souvent avoir été la cible phare des magasins et concept store : des boutiques offrant un ensemble de différents services regroupés dans un seul magasin comme de l’esthétique, de la restauration, de l’habillement ou encore de la vente d’objets en tout genre. 

Un constat simple ressort donc : pourquoi ne pas imaginer la même chose pour les hommes ? C’est là où réside toute l’idée de La Garçonnière. Des gigantesques magasins de plusieurs centaines de mètres carrés proposant à la gent masculine de nombreux services et produits : en passant par le taillage ou le rasage de barbe à l’achat des nouvelles chaussures ou de prêt-à-porter dernier cri, tout est pensé pour que ces derniers soient comblés de A à Z. 

Hugues Leproux, co-fondateur de la boutique, a accepté d’effectuer ce podcast avec nous pour nous parler du développement physique et digital de La Garçonnière, mais également de ses perspectives d’avenir et des difficultés rencontrées. 

De la boutique éphémère au retailer confirmé 

Comment est née La Garçonnière ? 

La Garçonnière est née grâce à 6 personnes co-fondatrices, dont Hugues Leproux. Lors du lancement de La Garçonnière il y a plus de 4 ans, le concept n’était encore qu’un pop-up store censé durer 10 jours. 

Pourtant, grâce à son succès, La Garçonnière est revenue l’année suivante, ainsi que l’année d’après. Au début, quatre marques y étaient présentées, principalement de la maroquinerie, du prêt-à-porter et de l’accessoire pour homme.

Petit à petit, le concept a grandi et s’est converti en une boutique entièrement dédiée à l’art de vivre masculin, proposant de nombreux services et produits, pour une expérience unique. La Garçonnière est donc devenue un observatoire de nouvelles tendances, offrant un parcours d’achat complet aux consommateurs.

 Comment s’est développée La Garçonnière ? 

Le concept a donc fait ses premiers pas et s’est développé dans le retail. Comme évoqué précédemment, l’entreprise a commencé dans le sentier à Paris avec un pop-up store.

Aujourd’hui, elle détient désormais une boutique d’un espace de près de 400m2 rue des Archives à Paris, avec une expérience client toujours plus optimisée et homogène, avec notamment un bistrot-café à disposition, un barbier, un espace livres, du prêt-à-porter pour homme… 

Une deuxième boutique a également vu le jour en plein centre de Bordeaux sur plus de 200m2, l’objectif étant de se développer en province. La ville bordelaise étant en pleine transformation et ébullition, elle est apparue comme la localisation idéale.

En parallèle de ces boutiques, La Garçonnière se développe également par le biais de corners dans des magasins proposant plusieurs marques comme aux Galeries Lafayette de Nice et celles de Marseille, rayon homme. 

La création d’un site e-commerce, une évidence pour les fondateurs 

En plus d’être un retailer reconnu, La Garçonnière détient également un site e-commerce, qui a été créé à la suite du magasin physique, dans le but de tenter de reproduire la même expérience que dans leur concept store. “C’est très important d’allier les deux, le e-commerce ne vit pas tout seul dans son coin, on vient sur le site de la garçonnière pour connaître le concept”.

Le site représente un levier de croissance très intéressant pour le magasin, cependant, c’est également “un challenge de reproduire l’expérience boutique sur la partie online”, explique Hugues. En effet en France, les consommateurs utilisent autant le physique que le digital, les deux vont de pair dans leur manière de consommer. 

Homogénéiser l’expérience physique et digitale du client 

Créer un e-shop s’affiche comme un vecteur d’image très important dont la boutique spécialisée en produits pour hommes ne souhaitait pas se passer. Hugues Leproux est un connaisseur du domaine : “le e-commerce je connais bien, j’ai mon agence e-commerce à côté de La Garçonnière, donc cela faisait sens tout particulièrement pour moi”. Il était donc inimaginable de faire l’impasse dessus. 

Leur e-shop vient donc épouser différents rôles : premièrement, il vient communiquer davantage sur le concept en le présentant en ligne comme il se doit. Ensuite, il vient donner un coup de pouce au trafic du magasin physique, qui se retrouve alors avec beaucoup plus de notoriété et de visibilité que lorsque l’e-commerce n’existait pas.

L’homogénéisation de l’expérience client est donc un travail minutieux. Il faut essayer de “faire passer des émotions par le site : avec le contenu, la charte graphique, des photos, des vidéos…”.

Ce qui s’avère le plus compliqué selon Hugues, c’est de “dynamiser de la même façon une boutique en ligne qu’une boutique physique”. En effet, lorsqu’on ouvre son e-commerce, il faut savoir être rigoureux. Certains outils ou solutions sont d’ailleurs là pour faciliter la vie quotidienne du e-commerçant. 

Adopter Shopify pour se lancer dans le e-commerce 

Avant de lancer sa boutique en ligne, il est important de savoir si l’on veut travailler avec une solution en Saas ou en open-source. Hugues et son équipe ont opté pour une solution en Saas, et plus particulièrement Shopify qui offre certains avantages d’utilisations lorsqu’on débute dans le e-commerce. 

Chez La Garçonnière, l’un des points forts qui les a séduit est le fait que ce soit “une plateforme qui peut offrir une vraie solution de caisse. C’est un gros avantage”. En effet, l’outil Point of Sale permet de simplifier la mise en ligne du catalogue sur différents canaux, tout en sachant exactement quelle est la quantité de stock restante. 

Même si La Garçonnière a grandi, elle utilise toujours Shopify avec différents modules. “C’est une solution qui est simple d’utilisation et qui permet une prise en main interne facile, qui ne nécessite pas de formation en interne”.

Des tips à donner à des retailers qui cherchent à ouvrir leur e-commerce ? 

Ce qui est primordial selon Hugues, c’est de “prendre soin de la gestion des stocks ainsi que de la gestion de la caisse. Avec Shopify, le logiciel de caisse est intégré et c’est un très bon outil là-dessus.”

Il peut donc être judicieux d’utiliser une Solution en Saas au début pour tester, se familiariser avec l’outil et voir le processus. Ensuite, il faudra voir au quotidien ce qui leur conviendrait le mieux, selon le type de produits vendus et la croissance du e-commerce.

La digitalisation du prêt-à-porter : quand responsable rime avec moderne par Noyoco 

Dans un monde de plus en plus touché par le réchauffement climatique, certaines entreprises ont décidé de prendre un virage écologique et proposer des produits plus respectueux de l’environnement.

Le monde de l’habillement est l’un des plus pollueurs : “la mode est la deuxième industrie la plus polluante du monde” explique Eric, ce qui engendre de nombreuses pertes d’eau et dégâts liés aux pesticides, entre autres. 

L’entreprise Noyoco l’a bien compris et propose à ses clients une nouvelle approche plus éco-responsable du prêt-à-porter, grâce à l’utilisation de matières naturelles et beaucoup moins nocives pour la planète. 

Pour nous expliquer l’histoire, le développement de Noyoco et leur stratégie e-commerce, nous avons rencontré Eric Nemo, fondateur de l’entreprise et en charge de gérer le site e-commerce de la marque.

Découvrons ensemble l’entreprise Noyoco à travers ce dix-neuvième podcast de la série ! 

Une entreprise née d’un constat simple : un désir de créer de la mode durable 

Comment est née Noyoco ? 

Eric Nemo a effectué une licence économie-gestion puis a intégré une école de Commerce à Nantes. Avant de créer Noyoco, il avait déjà créé un premier projet d’entrepreneuriat dans le digital, une première base dans le monde de création d’entreprises.

C’est pourtant en 2015 qu’il décide, avec un ami à lui, de lancer Noyoco, un nouveau concept de prêt-à-porter entièrement unisexe et éco responsable, tout en intégrant l’aspect fashion qui manque parfois aux marques dédiées à l’écologie : Noyoco née donc dans un désir de créer une marque moderne et urbaine avec un respect tout particulier pour l’environnement. 

Retailer avant d’être e-commerçant 

Noyoco a tout d’abord vu sa marque se développer via un magasin physique, en retail, dans le quartier des Batignoles, à Paris. Au début, la marque était simplement présente dans un concept store.

Très vite, le commerce physique est venu se frayer une place sur la toile. Pour vendre en ligne, les dirigeants ont opté pour le CMS Shopify, pour obtenir un “logiciel de caisse” et également un site vitrine.

Avoir un e-commerce représente un avantage indéniable, puisqu’il permet d’étendre sa boutique géographiquement pour pouvoir vendre davantage. Ces derniers ont décidé de se concentrer sur la France, pour y aller “step by step”. 

Les inconvénients liés à la création d’un e-commerce sont en fait les mêmes que ceux liés à un business tout court, mais de manière digitalisée : la gestion du stock, de la logistique, des SAV, des retours…

Les problématiques e-commerce prêt-à-porter comportent néanmoins d’autres aspects : le sizing, les photos et les couleurs se doivent d’être particulièrement fidèles à la réalité pour éviter les retours ou les déceptions. 

Shopify, un allié dans la création e-commerce

Le CMS intégrateur de flux Shopify, qui propose des thèmes gratuits et payants a aidé Eric Nemo à développer son e-commerce. “C’est une solution cross-channel […] ou tout est fusionné. En payant un abonnement de formule en Saas, on mutualise parmi les meilleurs développeurs du monde, avec un back office hyper robuste, donc ce n’est pas à l’e-commerçant de s’occuper de ça, ce qui permet de libérer d’un temps fou.” 

Certains éléments du CMS ont été indispensables pour passer du retail au e-commerce, notamment l’écosystème d’application sur Shopify proposant différents plugins. Noyoco en utilise plusieurs, comme une application de traduction, une solution de retargeting, ou encore un mail automatisé permettant de prévenir les clients n’ayant pas réglé leur panier, etc. Des solutions très pratiques qui viennent complémentariser et homogénéiser l’expérience de vente en ligne des consommateurs.

Tous ces plugins sont présents sur le store de Shopify, ce qui permet à l’utilisateur de se trouver dans un environnement omnicanal. La solution devient donc de plus en plus robuste, très adaptée pour du multichannel et avec un backoffice permettant de déployer votre catalogue sur les différents réseaux sociaux, entre autres.

Quelle est la motivation et le fil conducteur de la marque ? 

Ce qui a alarmé les deux fondateurs de la marque, c’est la tournure récente des événements quant à la pollution de la planète qui croît de jour en jour. En effet, si on y regarde de plus près, on remarque que tout a un impact sur l’environnement, et l’habillement est l’un des domaines le plus désastreux écologiquement parlant. 

En créant Noyoco, les deux associés voulaient ajouter de la valeur dans le dressing des consommateurs, qui ont souvent beaucoup trop recours au fast fashion et qui ont davantage le réflexe de jeter plutôt que d’acheter et investir dans des matières responsables. 

En effet, les chiffres sont alarmants. “Aujourd’hui dans la mode, dans les fibres des textiles, 60% sont des fibres synthétiques, c’est-à-dire principalement du polyester, qui est donc un dérivé du pétrole. Les 40% restant sont de matières naturelles, dont 99% d’entre-elles sont du coton, qui est en fait un désastre écologique puisqu’il utilise énormément de ressources en eau et en pesticides.” Nous raconte Eric. 

La motivation et le fil conducteur de l’entreprise se sont donc clairement affichés : les fondateurs voulaient trouver une alternative à ce désastre pour la planète, proposer une marque écologique et naturel pour la mode. 

La promesse de Noyoco

La promesse de la marque est donc de commercialiser des vêtements unisexes, minimalistes, intemporelles, avec une valeur environnementale, comme évoquée précédemment. 

Mais cette dernière ne propose pas seulement cela. Au début du lancement, Noyoco avait peu de notoriété et avait du mal à proposer des prix abordables et compétitifs. Pourtant, leur objectif premier était de pouvoir vendre du prêt-à-porter durable “sans choisir entre la fin du mois et la fin du monde”, comme nous explique Eric .

Grâce à la vente e-commerce, avec les années et l’expérience, l’entreprise a mis en place de meilleurs outils de production, de récupération de tissu, etc. Grâce à cela, ils ont pu baisser les prix, en proposant la même qualité, mais avec des prix un peu moins chers.

Un conseil pour des retailers souhaitant lancer leur e-commerce ? 

Eric nous parle de sa propre expérience, et nous confie que “quand on se lance dans le e-commerce on s’obstine à tout vouloir maîtriser, de la charte graphique à la maquette et son développement… En fait, le vrai intérêt quand vous êtes encore petits, c’est d’aller au plus simple et se concentrer sur l’augmentation du trafic et faire des ventes”.

Son conseil est donc de ne pas mettre “la charrue avant les bœufs” et de prendre le temps de décomposer les étapes sans se précipiter.